Tiens, il y a du nouveau dans la rubrique Sounds. Regalœb ayant décidé de passer à autre choses après plus de deux ans de passionnantes chroniques, il fallait bien que quelqu’un prenne la relève. Tache à laquelle je vais tenter – de temps en temps – de me consacrer. Pas de chance, je n’ai pas la culture encyclopédique du Monsieur, et pire, je ne suis même pas musicien. Pire encore, il m’arrive d’écouter du Wham en y trouvant du plaisir. Vous l’avez compris, les choses vont ici un peu changer.

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Alors plutôt que de vous raconter les grandes et petites histoires du rock, je préfère, bien plus modestement, vous partager les disques que j’emporte avec moi quand je décide de tailler la route. Ceux que j’aime à écouter du début à la fin, sans toucher une seule fois à la touche « avance rapide » de mon autoradio. Avec pour seule prétention de vous les faire (peut-être) découvrir, et vous donner envie de les écouter… Dans ce premier volet, nous écouterons un premier disque, celui du meilleur groupe de Power Pop au monde, j’ai nommé Big Star.

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L’histoire de Big Star est peu commune. Le groupe est né de la rencontre d’Alex Chilton et Chris Bell en 1971, deux musiciens de Memphis qui passaient des heures au studio Ardent, et qui ont été marqué à jamais à l’age de 13 ans par la visite des Beatles dans leur ville. Chilton voulait créer avec Bell un groupe à la Simon & Garfunkel, Bell refusera et intégrera Chilton à son propre groupe, Icewater, qui comprenait en plus de lui les musiciens Jody Stephens et Andy Hummel. Le quatuor se renomme alors Big Star, du nom de la chaine de supermarché dont l’une des boutiques était adjacentes au studio…

#1 Record est enregistré en 1972, et la pochette signée Carole Manning reprend en photo le logo du supermarché, dont le mot « Star » a été enlevé, pour éviter tout problème de droits d’auteur. C’est un disque un peu étrange, qui semble complètement manquer de cohérence, bien que chaque morceau est excellent ; comme le notait le Billboard à sa sortie « chacun pourrait être un single ».

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On peut y retrouver toutes les influences que l’on veut, moi j’y entends du Led Zeppelin dès le premier morceau, suivi de titres semblant tout droit sortis d’un album des Crosby, Stills & Nash. Influencés par la paire Lennon/Mc Cartney, Chilton et Bell ont signé sur la pochette chaque morceau de leur deux noms, mais la réalité est tout autre : 7 des 12 titres ont été composés avant la formation du groupe, 3 par Bell et 4 par Chilton – dont « Thirteen » qui raconte ses premiers émois musicaux de jeune adolescent (encore les Beatles, quoi), un titre massivement repris depuis les années 1990 (Deus, Garbage, Elliott Smith, Wilco…)

#1 Record offre 37 minutes d’un entremêlement de blues rock, folk, et même de hard rock, jamais très sérieux, et fortement inspiré par la musique de la fin des années 1960. Une légèreté joyeuse et entraînante que l’on appellera Power Pop. Ça s’écoute d’une traite, sans se poser trop de questions, et généralement ça plait à tout le monde. Parfait pour un road-trip avec un passager rabat-joie.

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L’histoire de Big Star est moins drôle. Stax puis Columbia ne se décarcasseront pas pour vendre le disque qui fera un flop. Bell et Hummel se prendront la tête jusqu’à se bastonner et irons jusqu’à bousiller leurs instruments respectifs jusqu’à ce que Bell quitte le groupe excédé avant l’enregistrement du second album, Radio City. Hummel qui préférera finir ses études quitte ensuite le navire. Il ne restera plus que deux membres initiaux pour enregistrer Third en 1974, un disque qui sortira en…1978 – juste avant que Bell ne se tue dans un accident de voiture. Deux disques très différent du premier, plus aboutis, mais aussi moins spontanés. Au final plus exigeants pour leurs auditeurs. Pas forcément plus chiants, mais qui ont plus leur place sur votre platine de salon que sur votre Becker Mexico…

A propos de l'auteur

Yan Alexandre Damasiewicz
Rédacteur en Chef

Après avoir crée le Blenheim Gang en 2003 avec Paul Reynolds, Yan Alexandre est tout naturellement devenu journaliste, spécialisé dans la culture automobile. Enfin, pas si naturellement que ça, puisqu'il a passé quelques années de sa vie à s'occuper de sites internet en agence, avant de changer d'orientation. Aujourd'hui il collabore régulièrement aux magazines GQ, Intersection, Evo & Octane. Ses passe-temps préférés ? Traverser l'Europe au volant de sa BMW 1600ti de 1967 et rêver aux voitures les plus improbables qu'il pourrait acheter...

Une réponse

  1. Guillaume

    Merci de me rafraîchir la mémoire! Du coup j’ai ressorti ce double CD que j’ai beaucoup écouté et … beaucoup oublié. Pour un accord parfait il me faudrait l’écouter au volant d’une El Camino. Je me contenterai d’une 3008 puisque j’ai fait fumer l’embrayage de ma Scimitar. Le monde est mal fait. Encore bravo pour vos articles.

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