Dans les années 60, les constructeurs japonaise décident de prendre un peu de galon et tentent – fort timidement – de réaliser quelques autos sportives. La première de Toyota, la voici : il s’agit de la Sports 800.

Basée sur la citadine Publica, et introduite par le concept Publica Sports, la Sport 800 ne pouvait pas prétendre à impressionner par sa motorisation. Comme son nom l’indique, et comme c’est alors la mode au Japon, la cylindrée frôle le ridicule : le boxer bi-cylindre, refroidi par air, qui l’équipe affiche une cylindrée de 790 centimètres-cubes et une puissance phénoménale de 45 ch. Soit ce n’est pas beaucoup, mais c’est toujours plus que les 28 ch de la Publica. Et c’est sans compter sur le poids-plume de l’auto : 580 kg. De quoi atteindre une vitesse de pointe de 160 km/h. Ah, intéressant ?

La Sport 800 profite en effet d’une carrosserie qui fait largement appel à l’aluminium (jusqu’au pare-chocs). Agréablement profilée elle est l’œuvre de Shozo Sato, auteur des lignes des premières Datsun, prêté par Nissan pour l’occasion. Si sa face avant évoque furieusement la 2000GT à venir, bien connue pour son rôle de James Bond Car dans « On ne vit que deux fois »; c’est surtout son toit qui est à remarquer : la Sports 800 utilise un système Targa, bien avant la Porsche 911 du même nom, souvent citée comme son origine. Pour l’époque, qu’une auto japonaise ne soit pas une simple copie-carbone d’une européenne ou d’une américaine est à signaler, alors quand il s’agit du contraire…

À noter que le tout premier prototype hybride Toyota a été basé sur la Sports 800 : la Prius lui doit donc… beaucoup. Quant à son bi-cylindre, il finira sa vie comme moteur de compresseur… pour climatiseur d’autobus. Chic.

A propos de l'auteur

Yan Alexandre Damasiewicz
Rédacteur en Chef

Après avoir crée le Blenheim Gang en 2003 avec Paul Reynolds, Yan Alexandre est tout naturellement devenu journaliste, spécialisé dans la culture automobile. Enfin, pas si naturellement que ça, puisqu'il a passé quelques années de sa vie à s'occuper de sites internet en agence, avant de changer d'orientation. Aujourd'hui il collabore régulièrement aux magazines GQ, Intersection, Evo & Octane. Ses passe-temps préférés ? Traverser l'Europe au volant de sa BMW 1600ti de 1967 et rêver aux voitures les plus improbables qu'il pourrait acheter...

4 Réponses

  1. Rudge

    Tout m’a toujours plu dans cette auto sauf ce que je suppose du bruit du bicylindres…

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  2. corsaire

    Jamais vu ni entendu parler de cette voiture au demeurant fort interessante. A noter que la puissance spécifique de 60 cv/litre est respectable pour un moteur atmosphérique de l’époque.

    Répondre

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