CARS

Blenheim Dashboards : Citroën GS & GSA

Publié par le 07/08/2010 – 09:003 Commentaires

Nouvelle rubrique, Blenheim Dashboards s’intéresse aux tableaux de bord et habitacles les plus innovants, décalés, ou tout simplement les plus beaux de la production automobile. L’épisode d’aujourd’hui évoque un vilain petit canard de la production française, qui retrouvera sans doute bien vite ses lettres de noblesse : la fantastique Citroën GS, et sa version restylée, la GSA.

Lancée en 1970, la Citroën GS était innovante à plus d’un titre. Mais ce qui retient surtout notre attention c’est sa planche de bord. Certains nous arrêterons tout de suite, en signalant sa finition déplorable. Peu importe. Observez bien toutes ces photos, et vous remarquerez à quel point sa forme est novatrice. Sculpturale en fait, avec ses variations concaves et convexes, son bloc compteur asymétrique, et sa platine horizontale englobant la colonne de direction.

Les instruments valent le détour : le compte tour est un compteur classique, mais il ne décrit qu’un arc de cercle, dans une forme de losange, typiquement 70′s. Le compteur de vitesse est plus innovant : derrière sa loupe défilent les chiffres sur un tambour, comme sur un pèse-personne. L’ergonomie est curieuse, avec les boutons placés autour du volant et le frein à main, sous forme d’une poignée horizontal, qui échange sa place avec l’autoradio, vertical, entre les sièges.

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Cette curieuse planche de bord est l’œuvre de Michel Harmand, l’homme qui sera en charge de tous les intérieurs Citroën jusqu’à celui, plutôt classique, de la XM. Deux décennies durant lesquelles il aura tenté de définir une nouvelle ergonomie automobile, plus pratique, plus moderne, plus en phase avec l’époque. Après tout, si l’automobile avait tant changé depuis le début du siècle, pourquoi devait on conserver des commandes antédiluviennes pour les conduire ?

Ceci est la planche, presque classique, des GS Birotor, qui fut aussi celle des GS anglaises. Le soucis de donner une apparence sportive à ce modèle dicta le choix de cet alignement de compteurs cerclés de noir sur une platine métallique. Heureusement la physionomie générale de l’habitacle est conservée.

Lors de son premier re-stylage, la GS abandonna temporairement ses compteurs futuristes. Notez le graphisme très intéressant des compteurs, qui sont traversés chacun d’une croix. Cette vue permet aussi de voir l’aérateur conducteur rond, commun à toutes les GS.

La GS va laisser place en 1979 à la GSA, un version profondément remaniée avec de très nombreux éléments en plastique, notamment de très gros pare-chocs. L’esthétique en prend un sérieux coup, mais cela permettra à la voiture de subsister jusqu’en 1986, en complément à sa remplaçante la BX, apparue en 1982. Il se vendra en tout 2,47 millions de GS et GSA.

Si les GSA ont une carrosserie hideuse, leur tableau de bord verse dans la science-fiction la plus totale, ce qui est plutôt rejouissant.

La première chose que l’on remarque c’est le – faux – ordinateur de bord. Sous cet air de computer tout droit sorti du film Tron, se cachent juste les voyants lumineux traditionnels, qui prennent une dimension futuriste en étant associés à une coupe schématique de la voiture, sur-dimensionnée. En dessous deux tambours, en plus de celui indiquant la vitesse, on trouve maintenant le compte-tour.

Mais la vraie innovation se trouve autour du volant : les deux “satellites”, géniale invention ergonomique de Michel Harmand, permettant de réunir l’ensemble des commandes de conduite à portée de main. En théorie, on peut les activer sans lâcher le volant !

En pratique on y perd tout de même le rappel automatique de clignotant. Embêtant.

À noter que la première voiture équipée de ces satellites fut la Citroën CX, et que ce principe fut amplement pompé par les constructeurs japonais durant les années 80 – ils furent les seuls à chercher comme Citroën, de nouvelles alternatives au commandes traditionnelles de conduite. Enfin, le satellite de droite (phares, essuie-glaces, clignotants) sera réutilisé sur la Visa, qui utilisera bizarrement des commandes classiques à la place du satellite de gauche.

L’ergonomie n’est pas parfaite : autre étrangeté, les commandes de chauffage sont reléguées très loin du conducteur, au niveau du passager.

C’est à notre connaissance le seul exemple de planche de bord carrée, et non pas horizontal. Utile ? On n’en sait trop rien.

Les CX et BX seront d’autres Citroën dont les instruments sont très innovants… Mais ce ne sont pas les seules voitures qui méritent le détour, comme nous allons vous le démontrer dans les semaines qui suivent…

Texte : Yan Alexandre

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3 Commentaires »

  • GTEd Man says:

    Ou est le temperature gauge?

  • GTEd Man says:

    Zut alors! Je suis un schoolboy – le GS est air-cooled!

  • ellole says:

    Grand souvenir, le frein à main à la place de l’autoradio (et lycée de Versailles) … L’ado que j’étais croyait qu’il activait les roues arrières. Un jour que j’étais tout seul à la maison, j’ai emprunté l’auto , et je me suis imaginé pouvoir faire des 180°. Accélération, prise de vitesse, jeter la voiture (à gauche c’est plus facile) et frein à main … Et il ne se passe quasiment rien ! Frustrant …

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