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Blenheim Forms – Raleigh Chopper

Publié par le 25/08/2010 – 12:00Pas de commentaires

Oublié en France, le Raleigh Chopper a été le vélo indispensable à tout gamin britannique et américain dans les années 70 à 80. À tel point que dans son pays d’origine, il est considéré comme un icône du design.S’il est très inspiré par les premiers vélos choppers – qui imitent les motos du même nom – de la maison américaine Schwinn, le Raleigh Chopper est définitivement plus moderne, plus ancré dans son époque. Peut-être parce-que sa ligne et le fruit du génie du design anglais, Tom Karen – oui, l’homme à la tête du studio Ogle, qui a “inventé” la Reliant Scimitar GTE et la Bond Bug.*

Le Raleigh Chopper apparaît en 1968, et tout dans son look évoque les magnifiques bécanes d’easy-rider. Sauf que pour avancer, il va falloir pédaler ! Rien ne ressemble au classique vélo de papa : alors que la roue arrière est super-large (et utilise pour la toute première fois une valve type “auto”), celle de devant est minuscule et commandée par un guidon surélevé. La selle a une forme de banane, très longue, avec un dossier, surmonté d’une poignée chromée. Même le cadre à une forme en V, atypique, surmonté du gadget qui fait toute la différence : un gros levier pour changer les vitesse (3, 5 ou 10 selon les modèles), comme sur une bagnole !

Le Chopper freine mal, est terriblement difficile à conduire, peu importe : tous les gamins en veulent un ! Même de l’avis de Tom Karen, ce n’est pas un bon vélo : victoire totale du style sur la fonction !

Néanmoins le Chopper a quelques gros défauts. Le principal étant que si l’on s’assoit trop en arrière… la roue avant se soulève instantanément ! Un problème d’autant plus fréquent que la longue selle permet à deux enfants d’y prendre places. Sous le pression d’associations, Raleigh est contrainte de présenter un nouveau Chopper II en 1971, plus sur. Au programme : selle plus courte et guidon fixe. On les reconnaît surtout à leur porte-bagage et à leur poignée de maintien recourbée.

À noter que le service marketing de Raleigh, visiblement très inspiré par la British Leyland, a tout fait pour plomber le Chopper, contre son gré. On peut citer le “Sprint”, à guidon recourbé, comme sur les très populaires vélos de course : flop total, il se révélait encore plus casse-gueule que l’original, ou encore la série limité “5 vitesses”, proposée uniquement… en rose. Evidemment aucun garçon au monde ne voulait être vu là dessus, alors que le filles n’avaient que faire des vitesses supplémentaires… Bien joué !

Enfin, depuis 2004 il existe une ré-edition, le Chopper III, de bien piètre facture. Il est tellement laid, qu’on préfère ne pas vous le montrer.

* À noter que la paternité du Chopper est soumise à de nombreuses contreverses, certains prétendent que Tom Karen n’aurait dessiné que quelques détails du vélo, voir uniquement de propositions refusées, Alan Oakley étant son véritable designer; d’autre lui donnent crédit de l’ensemble du projet. Nous aimons bien l’idée que le père de la Bond Bug ait aussi dessiné ce vélo, et perpétuons donc cette version des faits.

Texte : Yan Alexandre

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