Ici, point de débat sur les qualités respectives des mois d’aout et juillet pour voyager, les membres d’un gang se déplacent en toute saison. Certaines destinations nous entrainent à délaisser l’automobile au profit de l’avion ; voici le ganger au sein d’une aérogare, étape agréable ou détestable, tout dépend de l’endroit où l’on se trouve.

Si l’envie vous prenait d’aller vérifier les mérites comparés de Greenwich Village et du Meatpacking District, vous pouvez être amené à passer par le John F. Kennedy International Airport, où se trouve l’ancien terminal de la TWA, conçu et dessiné par l’architecte Eero Saarinen et inauguré le 28 mai 1962. C’est aussi à cette époque que les Super Constellation à hélices laissent la place au Boeing 707 à réacteur qui ouvre la voie d’une aviation commerciale de masse.

Ce terminal est l’exemple d’une expérience formelle remarquable : au dessus d’un bâtiment de plein pied arqué, on voit s’élever le toit du secteur des passagers, manière de rappeler les ailes d’un oiseau et le décollage à venir.

Le bâtiment exprime l’optimisme qui régnait alors avec ses formes objectives et froides, manière d’asseoir la légitimité de la compagnie alors que la concurrence entre sociétés aériennes privés faisait rage. Des passerelles desservent les satellites qui donnent accès aux avions.

Eero Saarinen légua à la postérité quelques magnifiques pièces du design de l’après guerre, l’aménagement du bâtiment se devait donc d’être à l’unisson de l’aspect du bâtiment, comme exprimé par l’architecte: « Toutes les courbes, les pièces et les éléments, jusqu’à la forme des panneaux et des tableaux d’information, des balustrades et des guichets d’enregistrement devaient être en harmonie. Nous voulions que le passager, tandis qu’il traverse le bâtiment fasse l’expérience d’un environnement parfaitement agencé dans lequel chaque élément résulte d’un autre et que tout appartient au même monde des formes. »

Le TWA Flight Center relève ainsi d’une forme de poésie allégorique rarement atteinte en matière d’architecture depuis et mérite à nos yeux de figurer parmi les aérogares les plus intéressantes qui soient.

A propos de l'auteur

Arnaud
Rédacteur Architecture & Design

Dès son plus jeune âge, Arnaud commence à compter le nombre de pots d’échappement des autos qui parcourent la côte d’Azur pour mesurer leur intérêt (nous vous rassurons, il a changé d’unité de valeur depuis). Comme tout petit garçon, il joue avec des trains et des voitures, ce qui contribuera définitivement à son intérêt pour tout ce qui vole et roule. Quelques années plus tard il développe une appétence supplémentaire pour l’architecture. Aujourd’hui, c’est dans un domaine bien différent qu’Arnaud se prépare à trouver un employeur. Il se mettra à porter des costumes, en même temps qu’il abandonnera sa carte Imagin’R et se mettra en quête de quatre roues et un toit.

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