L’employeur de François l’envoie en 1959, au meeting aéronautique de Farnborough où il découvre une étrange machine évoluant alors pour la première fois en public. Informations prises, François apprend qu’elle est construite par Saunders Roe d’après les conceptions de l’ingénieur anglais Cockerell. Celui-ci traversera la Manche pour la première fois avec l’hovercraft SRN1 cette même année.

La vive curiosité que suscite alors l’engin dans l’esprit de François se retrouve alors chez d’autres constructeurs qui développèrent de leur côté le principe du cushion air vehicle, plus communément appelé hovercraft. Au nombre de ceux ci on peut compter Vickers, la SEDAM filiale du groupe Bertin et plus tard BHC qui développeront tous des hovercafts de grande taille. Les américains et les russes ne manqueront pas de lui trouver des applications militaires, mais nous avons décidé d’être pacifiste dans ces lignes et de nous contenter de survoler les applications commerciales.

Saunders Roe SRN 2

Tout d’abord, posons le principe de base de l’hovercraft, à savoir l’effet de sol : un coussin d’air formé sous le véhicule permet sa sustentation, sachant que plus l’engin évolue près du sol, plus l’échappement d’air est faible. Ce sont les jupes que vous voyez sur les photos. Quant au système propulsif, il peut être assurée par une hélice, un turboréacteur ou en défléchissant vers l’arrière une certaine quantité d’air prélevé dans la veine assurant la sustentation ; vu de cette manière, cela paraît presque simple. Comme il n’existe aucun contact de l’appareil avec le sol, le freinage et la direction sont assurés par une inversion du pas de l’hélice ou un défléchissement du jet d’air dans le sens opposé à la marche, en plus du recours aux dérives et gouvernes que l’on retrouve sur les avions.

François, pris dans les vicissitude de la vie quotidienne, oublie quelque peu l’hovercraft mais apprend avec bonheur en 1962 qu’un premier service régulier a lieu entre l’ile de Wight et Southsea avec un hovercraft pesant en charge 27 tonnes et capable d’emporter 66 passagers à 130 km/h. C’est bien mais pas assez. Les soutiens de l’hovercaft voient plus gros, plus loin.

SRN4 Princess margaret

Ainsi, le SR-N4 fabriqué par British Hovercraft Corporation fait son apparition en 1968 et est mis en service sur la ligne Douvre-Boulogne par la compagnie Seaspeed. François ne manquera jamais de l’emprunter quand il traverse le chanel pour se rendre à Londres.

Parallèlement, François suit de loin le projet d’hovercraft Français porté par le groupe Bertin via la société SEDAM qui met à l’étude les terraplanes puis les naviplanes.

Naviplane n300 baie des anges

Ainsi, en vacance sur la côte d’azur en 1969, François décide d’utiliser le naviplane N300 « Baie des Anges », une fois descendu de la caravelle à Nice pour rallier Canne. L’année suivante, à l’occasion d’un séjour sur les côtes languedociennes, il pourra à nouveau utiliser un engin construit par la société Bertin pour relier les stations balnéaires qui viennent de sortir de terre. On parle alors même d’une liaison entre la Corse et le continent.

Naviplane N500 Manche

Le N500 de la société Bertin traverse la Manche pour la première fois en 1978. Il peut emporter 400 passagers et une cinquantaine de voiture. Portant les couleurs de la compagnie Seaspeed et de la SNCF, cet hovercraft détient le record de la traversée entre Boulogne et Douvre à 74 nœuds de moyenne (soit 137km/h). Pourtant sa carrière sera de courte durée : il fut retiré du service en 1983 et ferraillé en 1985. La construction du tunnel sous la manche sera entreprise deux ans plus tard…

C’est d’ailleurs la concurrence du tunnel qui entraina le retrait des hovercrafts entre la France et le Royaume Uni. Ceux-ci sont devenus trop vieux et pas assez rentables face aux rames Eurostar. François aussi n’est plus assez rentable, il partira à la retraite peu après.

Sedam N500 Naviplan Hovercraft c/n N500-02 SNCF Calais Hoverport

D’inévitables imperfections ont été reprochées à l’hovercraft : bruyant, sensible au vent et aux vagues… Pourtant sa capacité à être à l’aise aussi bien sur la terre ferme que sur l’eau lui a valu une forte popularité dans une époque nourrie à la science fiction.

L’hovercraft réunit plusieurs caractéristiques empruntées à l’avion, au bateau et à l’automobile. Ressemblant souvent à des véhicules extra-terrestres, les hovercrafts ne quittent pourtant pas les limites de la stratosphère et même de la troposphère puisqu’ils glissent à quelques centimètres de la surface du sol ou de l’eau sur un mince coussin d’air. C’est surement pour cette raison, qu’à l’instar de François, nous les apprécions et les regrettons.

Hoverport

Hoverport

BHC SRN 4

BHC SRN 4

BHC SRN 4

BHC SRN 4

BHC SRN 6

BHC SRN 6

Naviplane N500

Naviplane N500

Naviplane N500

Naviplane N500

A propos de l'auteur

Arnaud
Rédacteur Architecture & Design

Dès son plus jeune âge, Arnaud commence à compter le nombre de pots d’échappement des autos qui parcourent la côte d’Azur pour mesurer leur intérêt (nous vous rassurons, il a changé d’unité de valeur depuis). Comme tout petit garçon, il joue avec des trains et des voitures, ce qui contribuera définitivement à son intérêt pour tout ce qui vole et roule. Quelques années plus tard il développe une appétence supplémentaire pour l’architecture. Aujourd’hui, c’est dans un domaine bien différent qu’Arnaud se prépare à trouver un employeur. Il se mettra à porter des costumes, en même temps qu’il abandonnera sa carte Imagin’R et se mettra en quête de quatre roues et un toit.

3 Réponses

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.