GANG LIFE

Blenheim Run : le Vexin

Publié par le 30/03/2011 – 09:002 Commentaires

Run_Vexin

L’hiver est fini, il est temps pour le Blenheim Gang de reprendre les routes. C’est ce que nous avons fait le 20 février dernier, en nous élançant sur les pittoresques routes du Vexin, à quelques encablures de Paris.

Pour ma part, ça ne commençait pas très bien. Passons le traditionnel réveil impossible du dimanche matin, et l’éloignement de mon parking – ceci est une habitude. Pire que mon retard « naturel », est la situation de la voiture : non seulement la BMW 1600 ti n’a pas roulé plus de 50 m (soit la distance entre ledit parking et la station de lavage) depuis le mois de juin, lorsqu’un carburateur a décidé de cracher son essence dans la baie du moteur plutôt que dans ce dernier ; mais en plus mes pneus sont passablement dégonflés. Il manque facilement 1 bar, au vu de la fort précise mesure dite « au pied ».

BMW_1600ti_Run_Vexin

L’avantage d’avoir un parking situé dans la banlieue nord de Paris est que, si les stations services ne manquent pas, aucune ne dispose d’un gonfleur de pneus en état de marche. De la borne absente ou incendié, au tuyau disparu ou sectionné, c’est toute la panoplie des désagréments qui défile devant moi durant une demi-heure, soit autant de retard qui s’accumule. Tant pis, cela suffit, prenons l’autoroute et roulons trop vite : advienne ce qui pourra.

Pour arranger le tout mon téléphone ne fonctionne pas bien, et je fini tant bien que mal à joindre Alasdair à l’heure du départ – 30 min après le rendez-vous initial – alors qu’il me reste une bonne vingtaine de minutes de route. « Ne m’attendez pas, donnons nous rendez-vous au point de départ du roadbook, ça sera plus simple ». Tu parles.

Ferrari_400-2_Run_Vexin

Arrivé devant la mairie d’Ableiges, après avoir enfin trouvé une station-service digne de ce nom, la situation s’est retournée à mon avantage : c’est tout le convoi qui est en retard, cette fois. La faute à une capricieuse Ferrari 400 qui n’aura connu de ce Run dans le Vexin que les merveilles architecturales de Cergy. La chanceuse. À moins que cet abandon n’ait été qu’un pretexte de la part de l’auto, pour ne pas avoir à endurer ce qui allait suivre, car, parait-il, elle s’est portée comme un charme dès que la dépanneuse l’eut déposée… J’ai donc le temps de regarder la pluie tomber et d’apprécier le froid glacial de cette journée bien grise en attendant le convoi. Ils finissent par arriver. Quinté dans le désordre : Alasdair et sa fidèle Z3 Coupé ; Giovanni et la MX-5 de sa compagne – un achat forcé, dit-on, l’homme aurait été durablement traumatisé par la Blenheim Coupe des Alpes ; Ascari et son Alfa Romeo Spider S4, préférée au dernier moment à une Giulia Sprint, la flemme du dimanche matin, encore elle ; l’Escogriffe toujours au volant de la seule Maserati 430 daily driver (au monde) et celui que l’on nomme Lee Harvey Oswald Smith et sa Porsche 928 dont c’est peut-être la dernière sortie. Pier, lui, passe d’une auto à l’autre ; c’est la liberté octroyée au photographe, il n’a pas tort d’en profiter.

Si les routes sont belles, la météo l’est moins. L’asphalte est recouvert d’une mélasse aussi humide que grasse qui va rapidement refroidir les plus téméraires. Alasdair parti devant – après tout il est le seul à connaître la route – je suis le rythme. Agacé au début par ce qui me semble être une déambulation tranquille je me calme dès le premier freinage qui m’avertit des conditions d’adhérence pour le moins précaires. Derrière ça suit, tout le monde est discipliné. Ouf. Tant qu’Alasdair reconnaît la route, tout va bien, j’ai depuis longtemps jeté le roadbook sur la banquette arrière. Me concentrer sur ma conduite et essayer de comprendre quoi que ce soit aux indications kilométriques visiblement farfelues était au dessus de mes forces. Ça glisse toujours autant dans les carrefours : même plus besoin de faire exprès pour faire cirer le train arrière. Drôle ?

Porsche_928_Run_Vexin

Première pause-village. On a beau n’être qu’à quelques dizaines de kilomètres de Paris, notre attroupement hétéroclite suscite la curiosité des riverains, massés aux vitres d’un improbable café-tabac-pmu-boulangerie-pizza-etc. Premier constat : il était inutile de laver les voitures, elles sont déjà recouvertes de boue. Notamment la Maserati, victime d’un 4×4 justicier refusant toute tentative de dépassement. Il fait un froid de gueux, les croissants sont vites avalés, on repart tout aussi gaillardement.

Entre temps Alasdair à oublié la route. Rappelons que c’est lui qui a décidé de l’itinéraire et réalisé le roadbook. C’est rassurant. Il décide de nous envoyer sur une route defoncée qui se transforme rapidement en vaste étendue de boue. N’écoutant que mon courage je décide de le suivre en éclaireur, laissant aux autres le soin de débattre sur nos compétences d’organisateurs. On apprendra plus tard qu’ils n’étaient pas pleutres : non, l’Escogriffe a décidé de notre hésitation pour soulager une énième fois sa vessie, obligeant les autres à attendre derrière.

Run_Vexin-2

Deuxième pause au pied de ce qu’il reste d’une usine à nourriture pour bétail, dans un de ces villages où le taux de consanguinité explose dont nous avons le secret. Pas une âme qui vive, tant mieux, nous n’aurons pas à deviner cette fois les liens familiaux pluri-conjugaux qui unissent les autochtones (Giovanni travaille toujours sur sa modélisation d’arbre généalogique en 3 dimensions à cet égard). La pluie n’aidant pas à rendre l’endroit joyeux, pas plus que la tenace odeur de rongeurs décédés, nous décidons de repartir. Pas bête. Pier n’écoutant que son courage décide de monter avec moi, alors que d’un commun accord nous décidons que trop c’est trop : il est l’heure de déjeuner. Et donc de prendre la route la plus courte. Et que c’est à nous de la trouver. Bah voyons.

Je vais être honnête avec vous : nous nous sommes très bien débrouillés. N’en déplaise à Giovanni qui remarquera que l’on est passé – soit disant – devant le même hyper-marché, à un quart d’heure d’intervalle. Sans doute n’avait il pas perçu la haute qualité architecturale de l’ensemble, digne de figurer dans une chronique des Blenheim Forms, et l’aspect judicieux de l’aborder sous différents angles. Passons.

Maserati_430_Run_Vexin

La suite de la matinée nous a emmené dans un des repaires top secret du Blenheim Gang, un lieu qui mélange habillements plusieurs siècles d’histoire française et les intérieurs de l’Overlook Hôtel ; notre hôte aura tout de même la décence de ne pas essayer de nous poignarder à travers la porte des toilettes. Non, au lieu de cela il essayera de nous assomer à coups de bouteilles de champagne et de quelques grand crus. De quoi parfaitement nous préparer au délicieux repas qui nous attendait au PMU local. Comme quoi il avait parfaitement compris la thématique de ce run : merci à lui !

Le retour sera tout aussi désorganisé que l’aller. L’un restera sur place avec les fantômes qui peuplent les lieux, d’autres partiront (s’enfuiront ?) sans demander leur reste. Pour ma part je décidais de m’offrir une frayeur en me mettant sens dessus dessous à un échangeur. Choisissant tout de même de m’arrêter juste avant de verser dans le fossé. La 928 et la 430 s’arrêteront, aussi hébétés que moi, avant d’aller jouer aux chiffres et aux lettres sur l’A1, avec aucune jumelle pour vérifier si le compte était bon.

Une bonne journée, quoi.

Ferrari_400_Run_Vexin

BMW_1600ti-2_Run_Vexin

Porsche_928-2_Run_Vexin

Alfa_Romeo_Spider_Run_Vexin

Mazda_MX5_Run_Vexin

BMW_Z3_Run_Vexin

Texte : Yan Alexandre, photos : Pier Sautelet @ Gong Club

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2 Commentaires »

  • Visual Poetry! Fantastic!

  • Fabien says:

    Bonjour,

    Je suis l’heureux possesseur d’une BMW 1600 TI (2eme main derrière mon grand père), ce modèle n’étant pas forcément courant je souhaitais simplement entré en contact avec la personne qui décrit cette magnifique balade dans le Vexin.

    Je ne sais pas comment ça marche, espérant peut-être avoir une réponse de cette personne.

    Cordialement,

    Fabien

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