Les critères qui déterminent le passage à la postérité d’un modèle sont nombreux, souvent sévères et parfois injustes. A ce petit jeu, malgré une bouille attachante et non sans qualités, la Fiat Ritmo a de toute évidence perdue la bataille face à l’oubli. Enfin, c’était sans compter sur la mémoire éléphantesque du Blenheim Gang, qui pour l’occasion fait preuve d’une bonne dose d’empathie

.Fiat Ritmo

Salon de Turin 1978: Fiat a préféré jouer à domicile pour présenter la Ritmo. Un choix qui s’explique par l’enjeu, puisqu’il s’agit de celle qui devra succéder à la 128, son best-seller de l’époque. De l’innovation ? Bien sûr, mais la principale ne concerne pas la voiture à proprement parler, mais la manière de la produire : la ligne d’assemblage est entièrement automatisée (ou presque). Cette particularité fournira d’ailleurs l’accroche de la campagne télévisée diffusée outre-manche « Fiat Strada : Handbuilt by robots ».
Fiat Ritmo

Dans l’absolu, l’allure de la Ritmo est assez conforme à celle de la plupart des compactes alors disponibles. Ainsi, de profil, ses lignes générales ne sont pas si différentes de celles d’une Golf ou d’une Fiesta. Le dessin proposé par Bertone trouve son intelligence dans la juste utilisation des matières plastiques. Une fois n’est pas coutume, c’est cette touche qui donne une personnalité à l’auto. Au delà de l’amusante intégration des phares et des feux aux pare-chocs, il faut aussi s’intéresser au traitement des poignées de portes ou des rétroviseurs, pour se convaincre que le plastique c’est fantastique. On regrettera que le lifting opéré en 1982 ne soit venu gâcher la plupart de ces sympathiques détails (y compris les adorables jantes en tôle).

Fiat Ritmo

Conçue dès l’origine comme une voiture économique, la Ritmo sera même proposée dans une configuration que l’on qualifierait aujourd’hui d’écologique. Et cet argument, pour une fois, ne repose pas sur une mauvaise blague au sujet du caractère biodégradable des tôles italiennes. Jugez plutôt : la version E.S. pour « Energy Saving » dispose – outre un 1100cc anémique et une boite longue, tous deux très prévisibles – d’un système dénommé « Citymatic ». Cette appellation désigne un ingénieux dispositif qui coupe le moteur lors d’un arrêt… Ca vous rappelle quelque chose ? Normal, le Citymatic se trouve être identique, sur le plan fonctionnel, à l’actuel Stop-Start. Le futur, c’est déjà du passé.

Fiat Ritmo

Pour autant, toutes les déclinaisons ne furent pas aussi moroses que l’ES, et le catalogue comptera dès 1981 des versions nettement plus sexy (comme en atteste le visuel ci-dessus). Première Ritmo sportive, la 105 TC (1585cc pour 105ch), se fera rapidement voler la vedette par l’inévitable version Abarth. Esthétiquement peu différente de la 105 TC, mais bénéficiant d’une cylindrée accrue (1995cc), l’Abarth prendra successivement les dénominations 125 TC et 130 TC, dont vous devriez pouvoir deviner les puissances respectives sans trop de difficultés. Il est à noter qu’en pleine période de prolifération des GTI, les Ritmo Abarth n’adopteront jamais l’injection. Un cabriolet, un peu trop pataud pour séduire, fera également une apparition furtive.

A présent, il nous faut toutefois dissiper un doute : nous ne saurions, notamment afin de préserver notre crédibilité, vous inciter à vous porter acquéreur d’une Ritmo. Dans l’éventualité peu probable d’un contact, un regard amusé sur l’objet suffira amplement.

A propos de l'auteur

Alasdair
Rédacteur-en-chef Adjoint

Jusqu'à l'adolescence, Alasdair a privilégié sa passion pour les trains, un peu au détriment de l'automobile. Réalisant qu'être derrière un volant lui apportait d'avantage que ne le pouvait sa carte orange, il a depuis recentré ses intérêts. De ses premiers amours, il a gardé un goût pour les machines capables de traverser un continent à allure soutenue. Les émoluments octroyés par le Blenheim HQ ne couvrant pas encore ses dépenses en carburant, Alasdair continue à rendre visite quotidiennement à son employeur. Vu qu'il adore porter des costumes, ça suffit à faire la blague.

8 Réponses

  1. tryphon

    Oh ça c’est pas gentil. Moi je recommande l’achat d’une Ritmo Abarth pour son moteur fabuleux, sa gueule très agressive et ses freins nettement meilleurs que ceux d’une Golf GTI. Une vraie compacte de caractère, dotée de l’indispensable appétit pour la rouille sans lequel aucune italienne ne saurait prétendre au statut d’icône.

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  2. Alasdair

    Si la présentation de l’Abarth en question est conforme à celle présentée dans l’article, nous serions disposés à revoir notre position. Il faut avoir les bons arguments :)

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  3. Geoffroy

    J’adorai la gueule de cette caisse ! La Ritmo avait vraiment une bouille à part. Je ne connaissais pas le Citymatic, assez drole de voir qu’il existait déjà à l’époque avant que l’on pense au stop & start actuel. Est-ce le premier système du genre a avoir été utilisé sur une voiture en série ?

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