Comme Kurt Cobain avant lui, Joshua Homme a réussi l’exploit de créer un nouveau style musical intéressant et novateur, appelé le Stoner, en partant d’une base pourtant viciée : le hard-rock.
En ajoutant une forte dose de psychédélisme, avec des guitares wha-wha, des basses fuzz et de longues parties instrumentales déjantées mais aussi avec des ruptures brusques et des mélodies éthérées, en ajoutant une pointe de surf, avec des riffs imparables et énergiques, en saupoudrant le tout de pop avec sa voix d’ange vicieux et surtout, grâce à son talent de mélodiste et de compositeur, le vilain petit canard hard-rock de son premier groupe Kyuss s’est transformé en beau cygne Stoner avec les Queens Of The Stone Age.

Attention, certains morceaux de la discographie des QOTSA (comme les appellent leurs fans adeptes des SMS ou les journalistes dont le nombre de signes est limité) restent insupportables aux fragiles oreilles anti-hardos comme les miennes. Mais quand la sauce prend, c’est un vrai régal !
Monsters In The Parasol, The Lost Art Of Keeping A Secret, You Can’t Quit Me Baby, I Never Came, No One Knows, How To Handle A Rope, Another Love Song ou Mosquito Song sont juste d’excellentes chansons. Et Joshua Homme est bien placé dans le peloton de tête du rock moderne.

Joshua est un boulimique de la musique et il s’arrête rarement. Depuis 1997, il organise des Desert Sessions dans le studio Rancho De La Luna en Californie. Il invite des amis musiciens, ils se droguent et ils enregistrent des chansons. Certains morceaux composés lors de ces sessions comme Hanging Tree ou In My Head… Or Something seront repris par les Queens Of The Stone Age (souvent en moins bien). Dans les deux volumes (sur dix !) que j’ai écouté, il y a encore pas mal d’autres pépites comme Crawl Home (vous aurez reconnu la voix de PJ Harvey si vous avez eu la bonne idée de cliquer sur le bouton « PLAY IT ! »), Making A Cross, Cold Sore Superstars, Dead In Love ou Bring It Back Gentle.

Entre autres projets musicaux comme le groupe Eagles Of Death Metal ou la production du dernier Arctic Monkeys pour ne citer que ces deux-là, Joshua Homme participe plus qu’activement depuis 2009 au super-groupe (comme on dit) Them Crooked Vulture avec son vieux pote Dave Grohl (Nirvana et Foo Fighter) à la batterie et sa vieille idole John Paul John (Led Zeppelin) à la basse. Ils sont aidés sur scène par le laid mais talentueux Alain Johannes (membre des Queens Of The Stone Age depuis 2005). Là encore, tout n’est pas à mon goût mais par exemple Bandoliers est un morceau fantastique que j’ai écouté en boucle pendant deux journées entières lorsque je l’ai découvert ! Un riff imparable, une batterie lourde et fine comme sait si bien les faire Dave Grohl et une composition magistrale avec un refrain qui tombe comme le costard de James Bond sur les épaules de Sean Connery ! Bon mais parfois, je m’emporte, je m’emporte et c’est vrai qu’en le ré-écoutant aujourd’hui, certaines parties de guitares sont un peu énervantes. Mais quand même, c’est du bel ouvrage bien représentatif du talent indéniable de Josh.

Bref, en faisant un tri sélectif (j’ose l’analogie avec les déchets), on peut se faire une compilation du tonnerre avec les morceaux de Joshua Homme et, croyez-moi, on n’a pas fini d’entendre parler du bon Homme (huhu) sauf s’il meurt d’une overdose lors d’une prochaine Desert Session… !

Desert Session, I Wanna Make It Wit Tchu, Live TV Show avec PJ Harvey :

QOTSA, The Lost Art Of Keeping A Secret, TV Live :

QOTSA, No One Knows, Live acoustique :

Them Crooked Vulture, Bandoliers Live:

A propos de l'auteur

Enfant, Regaloeb écoute Georges Brassens, Guy Béart et, surtout Charles Trenet. A 9-10 ans, il découvre les Beatles, les Beach Boys, les Kinks et les Who et il adore ! De mauvais choix esthétiques l'amènent ensuite à écouter Kiss mais heureusement pour lui, à l'été 1978, son grand frère va en vacances en Angleterre et il revient avec les Jam et les Buzzcocks ! Alors, c'est la folie punk/new wave/mods anglaise avec les Stranglers, les Undertones, Joe Jackson, Elvis Costello, XTC, les Lambrettas, Generation X, le grand retour du ska avec Madness, les Specials, les Selecters. Il y a aussi les Dogs, Edith Nylon, Marie et les Garçons, Ultraviolet, Oberkampf ou Métal Urbain pour le rock français. Mais trop rapidement, les années 80 naissantes laissent un goût amer avec toute cette daube-variétoche-électronique-danse-TOP50 comme Wham ou Dépeche Mode et le retour en force des horribles hard rockers avec AC/DC, Iron Maiden ou Europe. Regaloeb se tourne alors vers le 60's punk grâce aux premières compilations EVA. Depuis, à part quelques retours au monde moderne pour Blur, Nirvana, QOTSA ou les Libertines, il reste globalement bloqué entre 1964 et 1968 !

Une réponse

  1. LHO Smith

    Merci Regaloeb.

    Non seulement je confirme tout ce qui est écrit ci-dessus, mais je vais en rajouter une couche : si vous aimez le rock et que vous ne connaissez pas encore, ou peu, Josh Homme et les Queens of the Stone Age, il est possible que vous ayez passé la dernière decennie dans un trou sur une colline.

    Ce type a dynamité d’un coup vingt années de hard rock miteux, au point de rendre caduque 99% de la production antérieure. Et s’il n’a sans doute pas inventé la recette du Stoner, il l’a suffisamment raffinée pour porter une bonne part de la paternité.

    Ils passent à Paris en mai, les 2000 places de l’olympia sont parties en 16 minutes… et J’EN AI UNE !
    Joie.

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