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Blenheim Test : Mercedes SLK Kompressor R170

Publié par le 23/10/2010 – 17:316 Commentaires

Bien plus largement diffusé qu’il n’y parait, la première génération de R170 –c’est son nom de code- à connu une substantielle carrière, dans une niche de marché encore inoccupé jusqu’alors : celui du coupé-cabriolet. Bref flashback : nous sommes en 1996, et le constructeur, dans une optique quelque peu anticonformiste, décide de lancer en grande série une voiture à toit rigide escamotable, concept enfoui depuis de nombreuses décennies, dont les prémices remontent dans les années 30 avec la Lancia Belna ou autres 402 Eclipse. L’accueil du public est sans appel, les délais de livraison dépassent l’année calendaire, entrainant –une fois n’est pas coutume- une folie spéculative sur les modèles déjà livrés.

Retour de nos jours. Phénomène (Français) de mode actuel ou que sais-je d’autre, le R170 est très vite tombé dans l’ombre de ses remplaçants ou de ses concurrents, chaque constructeur y allant généreusement de son coupé cabriolet. Pourtant, vous allez pouvoir constater que le SLK 1ere génération regorge de qualité et de détails intéressants. Essai.

D’un dessin atypique mais néanmoins discret, la ligne de ce SLK s’est très vite démodée au fil des années, à l’instar du reste de la gamme Mercedes des mid-ninenties. L’exemplaire que nous entre les mains, un millésime 1997 dans un état de conservation étonnant, affiche un peu moins de 100.000 Kms au compteur. Premier constat : son coté rétro-démodé lui donne un coté attachant, et donne envie d’aller plus loin. A l’intérieur, en revanche, une question se pose rapidement d’elle même: mais quand diable cette voiture a-t-elle été conçue ? Impossible en effet de dater avec exactitude l’habitacle tant la différence avec la génération est importante. Pour faire simple: on est installé dans un roadster early2000 avec un Dashboard dont on croirait sorti tout droit sorti d’une 250E (W124) de 1985. Déroutant, quand on sait ce qu’à fait Audi avec la TT à la même période…
Vu de près, il s’avère que les matériaux ont toutefois très bien vieilli, si l’on fait abstraction de l’aspect très plasto-K du tableau de bord, des poignées de porte ou la boite à gants. Dans le détail, les experts reconnaitrons même des accessoires communs aux autres modèles de la marque. Boutons de vitres, comodos, et interrupteurs sont en effet issus de la première Classe A (W168), tandis que les commandes de toit et 2/3 autres babioles sont issues des SL des 90’s (W129). Pour le reste c’est du « original made », avec des petits cerclages chromés pour la climatisation ou les compteurs. Paradoxe de la marque : on se surprend à trouver du charme à cet intérieur mélangé, original et un peu kitchoune au bout de quelques instants. Allez comprendre.

Opération toujours très attendue dans une voiture de ce type : le maniement du toit. Une fois actionné le bouton sur la console centrale (il faut laisser le doigt dessus), il fait à peine plus de 20 secondes pour passer du mode coupé au mode cheveux aux vents, soit tout juste le temps d’un feu rouge. Cool ; mais je vous assure que l’opération, plutôt banale vue de l’intérieur, s’avère beaucoup plus sympa à regarder de l’extérieur. Effet garanti sur les passants.

Sur la route, les sensations que distille le SLK sont, encore une fois, assez inhabituelles. Assis très bas, on sent que le moteur (un peu plus de 190cv) monte très vite et de façon linéaire, mais sans que l’on puisse se rendre compte de rien, ou presque. Du moins jusqu’au moment où l’on pose ses yeux sur le compteur, qui vous indique vite fait bien fait un 150 au début du 4e rapport. En réalité, à part le paysage qui se met à défiler rapidement et les voitures qui disparaissent très vite dans les rétroviseurs, rien dans la voiture n’est indicateur de haute vitesse, et encore moins les bruits aérodynamiques ou les remous cheveux aux vents. Bluffant. De toute évidence, on sent un gros travail d’ingénieur derrière…

Philosophie oblige, les pilotes les plus férus se rendront vite compte que le SLK n’est pas une voiture de sport : son amortissement -ferme mais pas trop- accouplé à un antipatinage omniprésent et un tempérament légèrement sous-vireur font tout au plus de ce roadster un objet de cruising rapide. Compris ? Pour du brutal, il faudra aller voir du coté du 32 d’AMG. Mais est-ce vraiment le but d’une telle auto ?

On pourrait également croire que l’autoroute n’est pas, comme sur beaucoup de cabriolets, le terrain de prédilection du SLK : il n’en est rien. Vitre fermées, filet en place et léger chauffage, vous pourriez presque vous croire dans une berline avec toit ouvrant. Vous pouvez donc envisager sans problème une escapade de quelques centaines de kilomètres avec votre copine en lui disant : ne craint rien pour ton brushing, j’ai un cabrio d’enfer. Yeah.

Mais un Blenheim Test efficace n’aurait pu être objectif sans un passable au Carwash. Nous voulions en effet savoir si cette étanchéité constatée en mode coupé, l’était aussi soumises aux lois de la nature : la tempête. Direction donc la hauite pression pour reproduire à l’identique les conditions d’une bonne intempérie et verdict : rien, zéro, nada. Pas un goutte d’eau dans l’habitacle. Alors là, bravo Mercedes. Etanche à l’eau et à l’air comme au premier jour. Good Job.

Au final, le bilan concernant le SLK est assez difficile à délivrer. Très (trop) discret pour être une star à la façon d’une Miata ou d’un Spider Alfa ; attachant de par une multitude de petits détails (le coté rétro-démodé de son intérieur, le superbe double bosselage de son capot et j’en passe) ; très pratique à l’usage, parfaitement étudié, bien conçu, hyperfiable… Mais alors que lui manque-t-il me direz vous ? Et bien, de deux choses l’une : soit de vrais défauts qui le caractériseraient de façon plus évidente, soit un peu plus da maturité… à l’image d’une vieille vigne qui offrirait le meilleur d’elle même après de nombreuses années. Une chose est sûre, le SLK R170 n’en demeure pas moins une excellente voiture.

A mi chemin entre actualité et mode passée, le SLK première génération à un look discret. Trop peut-être, mais indéniablement attachant. Regardez attentivement : vous trouverez une multitudes de petits détails sympathiques qui ne sautent pas au yeux au pima bord.

Linéaire, performant et efficace, le 4 cylindres à compresseur bénéficie d’un fonctionnement très équilibré. Il manque toutefois à ce bloc un peu de caractère pour affirmer son coté mâle.

Confortable et hyperpratique, le SLK bénéficie d’une étanchéité à toute epreuve. Acceptant aussi les hautes vitesse cheveux aux vents, il sera difficile de le prendre en défauts.

Souffrant d’une image quelque peu ternie lors de son passage en seconde main et d’un ligne marquée Benz des années 90, il va falloir un peu de temps avant que le SLK première génération devienne un véritable collector. L’on constate toutefois que ce dernier bénéficie d’un récent regain d’interêt, en témoignent ses cotes, qui semblent se stabiliser, voire augmenter pour certaines versions.

Il est un fait avéré que les girls apprécient le cabriolet, toutes marques confondues. De surcroit, l’étoile estampillée sur la carrosserie et le volant enfoncera le clou, et donnera l’illusion à votre passagère d’être installée dans un roadster très très cher.

Très amusant et polyvalent, le SLK ne vous fera jamais faux bond. Reste son image générale, qui mérite encore quelques années pour être appréciée a sa juste valeur.

Texte et photos : Giovanni

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6 Commentaires »

  • Humphrey says:

    étrange coincidence, cherchant un daily je me suis penché sur ce MB,
    Trop fade comme semble l’indiquer vos impressions,
    rabattu sur un Z3 coupé 2.8, à quand le blenheim test sur cet attachante camionette?

  • GaiUan says:

    Je suis un peu déçu… me trompe-je ou les essais sont de plus en plus banals (ch*ants)? Les critères Blenheim me surprenaient et me ravissaient de plus en plus, là pour parler clair, un moteur linéaire et une aseptisation record en font une “bonne” voiture ? à quand les comparatifs de porte-gobelets et la “moussabilité” des plastiques ?

    Le pire: le test Blenheim final, un passage au car-wash ? jetez toutes vos anglaises et anciennes avec ce genre de critères…

    M*rde, vous avez recruté des journalistes de turbo ou quoi ? cette SLK, je l’aime bien mais j’aurais eu honte de la présenter au Blenheim forum… ben en fait, une 206 cc HDi doit faire 25 twiggs…

    Signé: un lecteur…

  • Pascal320 says:

    Bonjour,

    Heureux de constater que votre regard se dessille enfin… j’ai souvenir que vous étiez moins clément naguère dans vos colonnes avec le SLK R-170 que vous calculiez à peine (aparté méprisante faite lors de votre essai de l’insipide R-171) ! Mais les années aidant, le pourcentage de nostalgie entrant dans le Bleinheim jugement vous rends sans doute moins acerbe à l’égard de ce qui fut et restera un jalon dans l’évolution des roadsters modernes.
    Inutile de revenir sur le génial couvre-chef que démocratisa cet élégant coupé roadster, faisant de lui* -mais on s’en apercevra dans une quinzaine d’années- le digne héritier des Mercedes Pagode, la versatilité de son toit en plus !

    Il est exacte de noter qu’une image bourgeoise à laquelle s’ajoutaient de désagréables 4 cylindres ne permirent pas au SLK dans sa première définition (celle que vous présentez**) de lutter à armes égales (prestige, performances et acoustique) avec les vedettes du plateau telles que Z3 2L8 et premiers Boxster…

    Mais la deuxième série du SLK R-170 (2000-2003) produisit aussi le 320 doté du V6 3L2 qui corrigea brillamment cette erreur de casting (inutile d’aller chercher le SLK 32 AMG sur-motorisé) et le SLK devint ainsi une véritable pompe à morphine, tant la puissance (suffisante), l’onctuosité et les vocalises du V6 3L2 vous transportent à chaque accélération…

    Fait rare, le lifting de la Série 2 fut des plus réussis, sublimant ce dessin classique en gommant les quelques maladresses du dessin initial (pare-chocs et bas de caisse). En revanche et en ce qui concerne l’intérieur, la qualité du revêtement de la console est insuffisante et d’un aspect peu qualitatif… dommage pour cet intérieur si délicieusement rétro avec ses trois futs de cadran ivoire cerclés de métal et sa console façon aluminium guilloché (ou définition bois en option) ! Sur la Série 1 en revanche, l’unique proposition en faux carbone brouillait les cartes en mélangeant vraie nostalgie et faux high tech.

    L’impression floue laissée par la première série en matière d’image et de performances a beaucoup nui à la Série 2 et au final, seulement 10% de la production totale de SLK est sortie avec le V6 3L2 qui le transfigure pourtant totalement.

    A toutes fins utiles, je tiens à votre disposition à Lyon pour essai, un SLK 320 millésime 2000, 100% d’origine pour lequel l’adjectif “fade” me paraît particulièrement inadapté.

    (Pour aller plus loin sur le SLK R-170, je vous invite à consulter mon site)

    Cordialement

    * Avec son V6 3L2

    ** Ces jantes hideuses dénaturent totalement le véhicule et n’aide pas cette Série 1 (à laquelle on pouvait déjà reprocher ses boucliers et bas de caisse noirs, la rendant un peu haute sur pattes)

  • Colin CHAPMAN says:

    Yan,
    l’ancien article sur le SLK new look est-il encore disponible dans les sous-sol du gang?
    J’ai souvenir d’analogie phallique assez amusante, et ce serait un bon remède pour calmer les ardeurs d’un ami qui, sortant d’une MG F, est prêt à vendre son âme au diable…

  • Colin CHAPMAN says:

    Merci Yan!

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