Je crois que j’aime les séries 6 depuis toujours. Il y a quelques années, alors que je commençais juste à découvrir ma E30, je gardais quand même un œil envieux sur les 635 Csi E24, malheureusement plus chères, plus grandes et plus gourmandes pour mon modeste porte-monnaie de musicien. Probablement cette attirance était issue d’un souvenir de l’enfance, quand je jouais dans le couloir familial avec ma série 6 que je suivais à la trace, télécommandée par un fil peu pratique.

« 560 chevaux ce n’est pas fréquent, et la M6 pousse si fort que je n’arrive pas à m’arrêter d’appuyer si fort sur la pédale de droite, que j’en oublie parfois de freiner »

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Bref, je connais la série 6 depuis ma naissance, et comme elle a été produite jusqu’en 1989, on peut dire qu’elle a peuplé toute la genèse de mon goût automobile. Si ses proportions idéales paraissent aujourd’hui assez évidentes, sa silhouette dans les rues des années 80, tranchait radicalement avec le reste de ses congénères fluettes peuplant mes rues parisiennes. Il n’y a qu’à la mettre aux cotés d’une Renault 18 Coupé, oups… une Fuego, pour comprendre mon propos. Plus basse, plus large, avec cet avant inclinée qui dévore la route, elle a plutôt bien vieilli et reste assez peu fréquente sur les routes. Je crois également qu’il y a peu de véhicule aussi sexy avec autant de surface vitrée. La Pacer peut-être ?

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De plus le gabarit de la série 6 possède pour moi un atout indispensable à la construction de mon rêve sur roues ; il possède 2 places arrière. Nulle escapade motorisée sans mes enfants, c’est un principe. Les baquets pour les passagers à bord de l’E24 sont en plus assez incroyables en terme de design, quelque part perdus entre un désir de science fiction typique des 60’s, et un cocon Knoll des années 70. Mais au moins ce sont 2 vraies places.

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Quand la plupart des fidèles de BMW s’étranglaient en 2004 à l’arrivée de la E63 de Chris Bangle, je gardais en mémoire cette idée d’aventure au long court dans un coupé et défendais cette sympathique baleine. Je me souviens d’une balade avec mon ami Yorgo Tloupas qui démarrait alors l’aventure Intersection à Londres, dans un cabrilolet anglais (E64) avec mes filles à l’arrière, le son du V8 dans les oreilles, et les cheveux au vent. À vrai dire durant toutes ces années, depuis la M 635 CSi de 1983, je ne m’étais pas vraiment intéressé aux M – sauf celles portant le chiffre 3. En bon père de famille, j’avais bien noté tout de même une M5 Touring en 1992 avec le gros 6 en ligne de 3,8l. Même avec un V10 je trouvais les kits carrosserie des M, un peu trop voyants.

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Pour cette nouvelle génération, c’était différent. Le concept présenté à Paris faisait une synthèse du format américain de la série 6 de Bangle et renouait avec certains standards de l ‘élégance. Ligne simple, élancée et bien équilibrée en porte à faux. J’adore la F12, surtout avec son « petit » moteur essence, le 6 cylindres de 320 ch. qui rend l’auto plus agile. Du coup je n’attendais rien de spécial de cette M6, à l’exception du plaisir d’avoir sous les fesses une catapulte de 560 ch. D’autant plus que toute cette puissance est transmise aux roues arrière. Et qu’il pleut légèrement…

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La mise en route ne diffère guère des autres versions, les intérieurs sont les mêmes à peu de choses près. J’aime beaucoup le volant épais et totalement rond. La boîte de vitesse automatique possède ce petit levier rondouillard un peu quelconque, moins soigné que dans les CLS AMG par exemple, mais très simple d’utilisation. Autour de celui-ci on trouve tous les boutons qui permettent de régler le dynamisme de notre voiture. Suspension, volant et accélérateur ont chacun trois réglages de réactivité que l’on peut mémoriser et rappeler au volant.

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Les quelques premiers mètres, peuplés d’embouteillages et de petites routes péri-urbaines me laissent penser qu’aujourd’hui, il n’y a plus vraiment de voitures de production qui créent de l’appréhension. Elles sont toutes accessibles, dociles en ville et simples à prendre en main. Même le son du moteur, finalement assez feutré n’attire pas toute l’attention des passants, et il fallait bien que j’eusse oublié de baisser ma compilation de hip-hop de 1996, pour que l’on me remarque dans St Jean de Luz. J’aurais dû prendre le cabriolet orange.

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L’ascension au col d’Iraty se révèlera beaucoup plus prolifique en sensations. Évidemment, 560 chevaux ce n’est pas fréquent, et la M6 pousse si fort que je n’arrive pas à m’arrêter d’appuyer si fort sur la pédale de droite, que j’en oublie parfois de freiner. Ça tombe bien, car c’est bien la seule chose que ne fait pas très bien cette M. Après quelques minutes dans la montagne espagnole, à courser avec un authentique livreur UPS suicidaire, et avoir démontré aux collègues de la profession que je suis bien le plus rapide, les freins étaient vraiment fatigués.

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L’ensemble des qualités dynamique est vraiment irréprochable. Les passages en courbes sont parfaitement digérés par un châssis efficace, capable de cruiser sur les grands boulevards américains qui lui seront destiné, et d’encaisser les chronos hallucinants que les pilotes de la vieille Europe savent prodiguer à ce genre de monture. C’est probablement la sportive la plus imparable pour mes prochaines vacances en famille.

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VISUAL ATTRACTION 8 TWIGGS

Une ligne élancée et élégante. Sportive mais pas vulgaire. Classique, mais pas tant que ça. Plutôt bien réussie.

MECHANICAL THRILLS 9 TWIGGS

Passé 2500 tr/min, ça pousse, ça pousse. Rupteur à 7800 tr/min. Une réussite pour un moteur turbo, juste un peu trop discret.

HANDLING 8 TWIGGS

On peut passer très fort avec la M6. Sauf s’il pleut. Chaque ruade est maitrisée par l’informatique, et l’on s’imagine à bord d’une AC Cobra sous la pluie qui en serait dépourvue. Le progrès ça a du bon ! On attend la même chose du freinage, qui doit progresser (option céramique disponible).

CLASSIC APPEAL 7 TWIGGS

La simplicité de ses lignes devrait lui assurer une place dans l’histoire. Les performances resteront d’actualité un bon moment.

BLENHEIM GIRL PULLING ABILITY 2 TWIGG

La déception du moment. Un beau succès auprès de la gente masculine qui reconnaît immédiatement le pédigrée, mais pas une attention de la part des demoiselles. Cabriolet obligatoire

BLENHEIM FACTOR 7 TWIGGS

Une belle place dans le garage, mais obligatoirement aux cotés d’une M635 CSi de 1983 et d’une 3.0 CSi de 1973.

BMW M6 (F13)
Une belle place dans le garage, mais obligatoirement aux cotés d’une M 635 CSi de 1983 et d’une 3.0 CSi de 1973.
VISUAL ATTRACTION8
MECHANICAL THRILLS9
HANDLING8
CLASSIC APPEAL7
BLENHEIM GIRL PULLING ABILITY2
BLENHEIM FACTOR7
6.8Note Finale
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Une réponse

  1. Syllabe59

    Bonjour,
    On aurait apprécié une – au moins une – photo de notre chère E24 !!
    Bien à vous, béhèmement.

    Répondre

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