À l’hypothétique acheteur d’une Citroën C6 3.0 V6

Très cher toi.
Il existe des manières plus ou moins glorieuses de jeter l’argent par les fenêtres. L’on peut claquer ses plus-values au baccarat, entretenir moult maîtresses ou parier sa fortune sur un coup d’éclat. Toi, tu as choisi d’acheter une Citroën C6. Non pas d’occasion, ni même très récente, mais… neuve ! J’en ai d’autant plus le vertige que tu ne l’as pas non plus choisie en Diesel comme le font les épisodiques acquéreurs de ce modèle délaissé, mais en V6 essence. Gloups.
A défaut de complète idiotie, je trouve, mon ami, qu’il y a du panache dans ton acte. Alors que le centre de gravité du marché automobile français s’abaisse au rythme effréné des mauvaises nouvelles, l’idée même d’essayer une Citroën C6 roulant au sans-plomb a de quoi déclencher de sérieux fou-rires chez les vendeurs de HDI bonusés. Pourtant, en dépit de l’écolo-hystérie sévissant actuellement, Citroën propose toujours un V6 essence au sommet de sa gamme, telle une branche morte que l’on aurait omis d’élaguer. Tout le monde avait oublié son existence. Sauf toi.
Un choix téméraire. D’autant que le V6 en question, dont les 215 canassons-vapeur sont accablés par les 1800 kilos de ton obèse C6, réussit l’exploit d’être moins performant que son homologue à mazout déjà peu aidé. La politique du tout-Diesel a prodigieusement bien fait son œuvre comme l’illustre l’absence quasi totale d’évolution d’un V6 conçu il y a plus d’une décennie pour animer la Xantia et les ultimes XM. J’apprécie ton goût pour la décadence.
Pour parachever ton acte de foi, car à ce stade, il en faut, tu as choisi de mettre plus de 50.000 de tes euros sur un modèle surtaxé de toutes part, sans prestige en dehors des amateurs, donc invendable, et surtout soumis à une dépréciation telle qu’il te serait plus économique d’allumer ta cuisinière avec des billets de banque. Aurais-tu touché-là le comble du snobisme ?
Pour toutes ces raisons, mon ami, je suggère que l’on t’attribue au plus vite la légion d’honneur et que l’on t’élève aux plus hauts rangs du prestige national. A supposer bien sûr que tu existes, ce dont je doute.
texte : Laurent Berreterot, dit la Jamais Contente, photo : D.R.









Cherchait une belle DS cabriolet, s’est rabattu sur une C6 v6 à cause de madame, on dirait un conte de sorcières..
N’oubliez pas qu’il existe encore des civilisations étrangères qui persistent à acheter des nobles motorisations (fussent t’elles décadentes) n’ayant pas à subir le dictat socio-écolo dont les HDi et autres Tdi ne sont, en ces contrées, que les tristes conséquences.
Non, vous n’attribuez pas la légion d’honneur aux bonnes personnes, la défense de votre prestige automobile national n’est pas l’œuvre de ce fortuné Mr Dupond dont vous doutez, à juste titre, de l’existence.
J’adore mon C8 V6 …
3L et 210 cv. Certes le poids diminue le plaisir, mais rien à voir du tout avec un mazout.
les reprises, le calme, et … je l’avoue, il est au GPL.
M**de alors, pour une fois qu’une Française n’était pas une vague repompe d’Allemande, et arrivait même à faire preuve de style, ce que Renault n’a plus réussi en combien de générations d’automobiles…
Il serait sage d’éviter de taper sur le dernier vestige d’histoire récente (oui elle est mort-née, c’est un fait, mais les meilleures ventes sont-elles les meilleures voitures que vous regrettez aujourd’hui ?) qui montre que les Français ne sont pas tous des nains médiocres allergiques une conduite automobile synonyme de plaisir…
Donc oui, cet article s’adressera peut-être à moi bientôt !
Je pense aussi que c’est une des dernière grande dame française , mais peut être as tu changé d’avis entre temps.