TimberSport, le 09 December 2009 - 11:37 PM, a dit:
Magnifiques objets! Mais photographiez-vous vraiment avec ces merveilles?
Bien entendu ! Je vois ces beaux objets comme étant un témoignage du passé, certains de mes appareils ont une histoire sinon des histoires.
Tout comme nos anciennes autos c'est lorsque l'on ne s'en sert pas qu'ils s'usent, dans une moindre mesure mais tout de même. Des argentiques en vitrine c'est aussi triste que des autos derrière une corde dans un musée.
Après, de là à faire des photos du 15 aout à la Baule avec un appareil centenaire...
La seule raison valable pour qu'un appareil ne sorte pas : pas de film au bon format ou adaptable de façon réversible. Sinon tous les autres me servent régulièrement à tour de rôle, pour des résultats allant du déchet honteux au cliché improbablement réussi et dont je puis être fier.
J'avais prit mes appareils en photo il y a quelques temps, voici toujours les appareils à soufflet :
Honneur au presque centenaire, un
Kodak Brownie n°3 de 1910.

Bobines en bois introuvables, film très grand, système d'ouverture de la partie avant et verrouillage de cette dernière fragiles, autant de raisons de laisser cet appareil en vitrine, c'est d'ailleurs le seul.
Mise au point au pifomètre suivant la petite échelle graduée, viseur qui donne un aperçu de l'image, vignettage comprit mais sans la parallaxe sinon ce n'est pas rigolo.
Kodak Brownie n°2 autographic de 1918.

Exactement le même principe que celui du dessus mais la visée dans l'œilleton est meilleure - ce qui ne veut pas dire qu'elle est correcte - le film est au format 120 et l'encombrement bien moindre.
L'appareil est assez robuste, beaucoup de clichés durant la première guerre mondiale ont été prit par des soldats avec ce type d'appareils qui possède une spécificité : une petite trappe rectangulaire au dos de l'appareil permet l'accès au film et d'y annoter quelque chose avec un stylet métallique. Le texte se retrouve en légende de la photo après le tirage de celle-ci !
Kodak Brownie pliant Six 20 du début des années 30

Une version simplifiée, en effet le diaphragme est remplacé par un disque percé de 4 trous correspondant à 4 diaph' différents et surtout aucun choix des vitesses c'est pose ou instantané.
Kodak brownie Six 20 improved de 1934

Celui-ci est un bel objet, assez lourd d'ailleurs (
le poids est synonyme de fiabilité comme dixit boris) et surtout très bien réalisé, les éléments laqués de noir et chromé lui donnent belle allure. L'ensemble est typée Art Déco.
Il est sympa à utiliser car il possède déjà plus de réglages : 6 focales différentes, 3 vitesses + pose & instantané.
L'inconvénient c'est comme beaucoup de Kodak de cette époque c'est du 620, il faut dérouler du film 120 pour le passer sur des rouleaux en 620.
Kodak Six 20 Dakon shutter de 1948

Celui-ci résume 40 ans de progrès : il n'est pas fragile, les ciseaux sont solides et l'ouverture automatique, le choix des réglages est correct. Par contre c'est aussi du format 620.
Autre spécificité, il était fabriqué en Angleterre.
Kodak Bantam special de 1939

Celui-là c'est mon préféré, il est aussi beau à regarder qu'agréable à utiliser.
La coque en alliage d'aluminium est recouverte d'une laque noire profonde et fragile, le tout réhaussé par des filets chromés du plus bel effet. Les petits poussoirs et la molette pour faire avancer le film rapellent les bouchons des vieilles bouteilles de parfum...
La laque noire est si profonde qu'elle en devient blanche lorsque l'appareil est idéalement éclairé.
Mais le plus beau reste sans doute l'obturateur Compur rapid de grande qualité que l'on retrouve sur des Leica, l'ensemble est d'une finesse incroyable et ça fait de très belles photographies.
Pour les réglages il est extraordinaire, le diaph' ouvre de f2 à F16, les vitesses vont du 1/500ème à 1 seconde.
Les premiers 35mm chez Kodak coutaient 15 $ en 1939, celui-ci était affiché à 87,5 $, c'était un appareil très cher, ce qui explique sa faible diffusion (18 000 ex. environs pour cette version)
Par contre deux inconvénients : le format 828 (film de 400mm) extrêmement couteux & la laque noire très fragile. Trouver un Bantam special en très bon état tient de la gageuse. Il m'a fallu 3 ans et demi pour trouver celui-ci en très bon état.

Cet appareil est incroyablement petit, il mesure à peine plus qu'un paquet de cigarettes en longueur.
Et enfin, des Kodak sans box, ce ne serait pas complet !
Kodak Beau brownie noir du début des années 30

La simplification à l'extrême par Kodak à l'état pur.
Objectif ménisque, trois diaph', pose ou instantané et circulez il n'y a plus rien à voir !
Ce type de boites à démocratisé la photographie. C'est assez amusant à utiliser mais le résultat est très souvent aléatoire au possible, entre un défaut de parallaxe, un voilage de film (l'armature de celui-ci est en métal mais j'en ai en bois et en... carton) n'est jamais à exclure, quand au cadrage parfait... il n'existe pas avec ces boites.
L'avantage : ça ne craint rien, c'est simple au possible et ça tourne au 120 !
Ce box "beau brownie" est une sorte de série spéciale de l'époque, très typé Art Déco avec sa façade laquée, il était proposé en 5 coloris : noir, bleu, marron/"tan", vert & rose. Il me manque ces deux dernières couleurs ainsi que le petit coffret en bois recouvert du même revêtement que l'appareil et garni de fine feutrine à l'intérieur.
dès que je remet la main dessus, je scannerai quelques photos produites par ces appareils, si la qualité est assez mauvaise avec un box, elle devient très correcte avec les foldings courant voir très bonne pour le bantam special.
Dans le même ordre d'idée, des macros sur les façades des vieux appareil c'est très joli, la finesse de la caligraphie pour l'époque ça m'impressionne toujours autant ! A l'occasion quelques photos pour illustrer..