Victime
de la gestion catastrophique du groupe British Leyland, l’usine
MG « historique » d’ Abindgon ferme ses
portes définitivement en 1980. L’avis mortuaire
porte également la mention du dernier modèle
alors au catalogue, la MG B lancée 18 ans plus tôt.
L’écusson octogonal va désormais survivre
sur le capot des versions à connotation sportives des
mornes conduites intérieures Austin Metro, Maestro
et Montego.
10 ans plus tard, le groupe britannique, désormais
appelé Rover, se sent des velléités de
surfer sur la vague des roadsters modernes qui s’annonce
des plus profitables. MG dispose toujours d’une certaine
légitimité dans l’imaginaire des amateurs
de voitures de sport, il semble logique d’en profiter.
Les ingénieurs commencent donc à travailler
à la conception d’une rivale moderne à
la Mazda Miata, mais un budget symbolique de 5 millions de
livres est également alloué à une remise
à jour de l’antédiluvienne MG B. Sa tache
sera de raviver l’image de roadster « par excellence
» que possédait la marque et, par conséquent,
de préparer le marché à l’introduction
de la MGF. Ce « teaser » sera donc la RV8, construite
sur la base d’une coque de MG B restylée, aux
suspension et au freinage optimisé avec les moyens
du bord pour accueillir les 190cv du V8 Rover 3.9l. Elle s’arrachera
littéralement au Japon qui en absorbera 75% des 2000
exemplaires produits entre 1993 et 1995. Le marché
domestique sera plus réticent à céder
aux charmes de ce cocktail certes touchant mais objectivement
peu convaincant dont le prix était similaire à
celui d’une TVR Chimaera autrement plus moderne et performante.
Si la RV8 symbolise, en quelque sorte l’incarnation
ultime et la plus aboutie de la lignée MG B, les circonstances
de sa naissance laisseront un arrière goût doux
amer chez les plus romantiques d’entre nous. |