Maserati Biturbo
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MASERATI 222E

Années : 1988-1990
Production :
Moteur :
v6 - 2x1ACT3 - injection - 2 turbos IHI
Cylindrée :
2790 cc
Puissance :
225 ch DIN à 5500 tr/min
Couple :
37 mkg à 3500 tr min
Transmission :
BVM5 - AR

Poids : 1210 kg
V MAX :
225 km/h
0 à 100 km/h: -
1000 m d.a. :
-

 
Biturbo S
228
422
Spyder
     

Le 14 Décembre 1981, Maserati fête ses 67 ans et se voit offrir par le bureau du style de deTomaso une nouvelle voiture : la Biturbo. Tout dans cette auto étonne les puristes de la marque. Tout d’abord sa ligne compacte et anguleuse, presque conventionnelle. Elégante, classique et discrète, elle perdurera 18 ans. L’intérieur, quant à lui, fait dans l’extrême inverse : baroque à souhaits avec son velours épais ou son cuir plissé et ses boiseries omniprésente, il deviendra au fil des ans carrément kitsch avec l’apparition de la fameuse horloge dorée.
Autre surprise : les traditionnels V8 de la marque laissent place à de petits V6 de 2.5 et même 2.0 litres de cylindrée. Ce dernier fut initialement développé pour le marché intérieur, où la fiscalité était très forte pour les voitures de plus de 2 litres, on se rappellera ainsi de la rarissime Ferrari 208, version 2.0 turbo de la célèbre 308. Les moteurs sont certes beaucoup moins puissant que ceux des précédentes GT de la marque, mais ils ont des rendements spectaculaire grâce à l’utilisation d’une technologie naissante qui sera le must-have des années 80 : le turbocompresseur. Et chez Maserati on ne fait pas les choses à moitié : ce sont 2 turbos IHI qui sont montés, faisant culminer le petit 1996 cc à 180 ch. !

Proposée à un prix canon, la Biturbo est un énorme succès qui fait exploser les ventes de la marque. La réussite est telle qu’une gamme complète va voir le jour. En 1983 apparaît la Biturbo SE développant 25ch de plus et la 425, berline à 4 portes équipée, comme son nom l’indique du moteur 2.5. L’année suivante apparaît la version décapotable à empattement raccourci, la Spyder, dessinée par Zagato et une version haut de gamme : la 228. Celle-ci, reconnaissable à son avant légèrement retouché, dispose d’une évolution du bloc porté à 2.8l, développant 250 ch.
En 1986, pour résoudre les problèmes chroniques de fiabilité on abandonne la carburation pour adopter l’injection sur toute la gamme. Apparaît ainsi la Biturbo Si, équipée du moteur de la 228 mais avec seulement 220ch. Et la gamme ne cesse alors de s’étoffer sans aucune logique apparente. L’exemple le plus flagrant de ce « casino » ( b….l en français) est la Karif. Il s’agit d’un coupé qui reprend le moteur de la 228, basé sur…la Spyder. Une décapotable recapotée ! En 1988 la Biturbo est restylée et devient 222. La nomenclature devient dès lors incompréhensible puisque celle-ci reprend les moteurs 2.0 et 2.8, tandis que la 228 reste au catalogue. Celle-ci ne se différenciera dès lors plus que par sa face avant…et son tarif plus élevé de 120.000 francs.
Il est inutile d’énumérer plus en détail les différentes versions de cette gamme aussi pléthorique qu’incompréhensible. En 1992 le coupé sera très profondément restylé en prenant l’appellation Ghibli et poursuivra une carrière chaotique sous cette forme jusqu'à l’apparition de la 3200 GT en 1999.

Il est bien dommage qu’aujourd’hui on ait oublié le succès fulgurant lors du lancement de cette voiture pour n’en retenir que l’image d’une bête à chagrins au châssis piègeux et à la fiabilité catastrophique. Véritable « vilain petit canard » pour les puriste de la marque, elle symbolise les aléas de la gestion de l’ère deTomaso. Nous préférons en garder l’image d’un coupé élégant et discret aux motorisations fantastiques et au comportement typé…


 


texte : Ian Alexander, photos : Maserati - droits réservés