Histoire : Audi V8, la possibilité d’un luxe

À l’occasion du lancement d’une toute nouvelle génération d’Audi A8, le Blenheim Gang a décidé de se pencher sur celle qui a initié cette lignée de voitures haut-de-gamme : l’Audi V8. Une lignée pas si vieille, puisque cette dernière vit le jour en 1988, alors que la marque ne fabriquait alors que des berlines familiales au style angulaire bien fade cachant des solutions techniques innovantes : moteurs 5 cylindres et surtout la fameuse transmission quatre roues motrices Quattro.
Présentée au Salon de Paris 1988, la V8 – qui faillit s’appeler Audi 300 – entend bien s’attaquer directement aux fleurons du luxe allemand que sont les BMW série 7 et surtout les Mercedes Classe S, avec de sérieux arguments. Le premier, bien sur, la traction intégrale permanente, alors que se concurrentes sont toutes des propulsions, et son moteur, un V8 3,6 de 250 ch et 34 mkg de couple. Pour avoir autant chez les autres, il faudra alors voir bien plus gros, et dépenser bien plus !

Le choix du moteur a été dicté par la plate-forme : il s’agit tout simplement d’une Audi 200 allongée, on ne peut donc pas faire de miracles : la place est limitée sous le capot, d’autant plus que le bloc propulseur devra être placé en position transversale. Il faut un oeil entrainé pour voir la différence entre les deux voitures : la face avant est très proche, avec des phares, calandre et pare-choc très légèrement retravaillées, et à l’arrière les feux, tout rouges, forment un bandeau. C’est tout ? Oui, c’est tout. Un peu maigre… À l’intérieur, par contre, c’est du grand luxe, avec une débauche de cuirs et d’équipements électriques, avec tout ce qui se fait de mieux à l’époque.

En 1991, une version 4,2 de 280 ch, équipée d’une boîte manuelle à 6 rapports viendra épauler sa petite soeur, en lui offrant des performances un poil plus respectables, puisque le 250 km/h est enfin accroché et que le 0 à 100 passe sous la barre des 7s, 6,8s pour être précis. Pour les amateurs du modèle souhaitant quelque chose de plus exclusif, une version longue est également proposée, avec 30 cm de plus, à un prix totalement délirant : plus de 800.00 Francs alors que la version normale en coutait 520.000 !

Pour promouvoir la voiture, Audi l’engage au championnat DTM, remportant les titres 1990 et 1991 aux mains de pilotes comme Hans-Joachim Stuck, Walter Röhrl ou Franck Biela. Des titres gagnés les doigts dans le nez puisque les autres voitures engagées dans la série se contentaient de 4 cylindres et 2 roues motrices. À vouloir tout faire en double, Audi fut poliment priée d’aller voir ailleurs durant la saison 1992…

Avec 16.000 exemplaires produits de 1988 à 1994, soit à peine plus que ce que Ferdinand Piech espérait écouler par an, on peut penser que la V8 fut un fiasco. Ce fut d’ailleurs le cas : il se vendra dix fois plus de Lexus LS400 durant la même période, les deux voitures étant nées la même année. Pourtant, la V8 fut une pierre angulaire dans l’histoire de la marque Audi : à partir de ce modèle un tournant vers le luxe et le haut de gamme sera abordé, qui se concrétisera durant les années 90 avec les A4, 6 et 8 qui chacune viendront concurrencer, avec le succès que l’on sait les BMW et Mercedes.

Blenheim pour autant la V8 ? La question est ouverte, mais nous avons bien peur que non… Son manque total de panache, lié à la froideur d’une démarche jouant le tout sur la carte technique nous laisse de marbre, et nous ne sommes pas le seuls : qui aujourd’hui se souvient de cette voiture ?



texte : Yan Alexandre









[...] This post was mentioned on Twitter by Owen Ready, The Blenheim Gang. The Blenheim Gang said: @antonyingram I think @OwenReady meant this sort of Audi V8 http://www.blenheimgang.com/histoire-audi-v8-la-possibilite-dun-luxe/ Right? [...]
Petit rectificatif. Le V8 était en position longitudinale et non transversale.