Le Jeep Wrangler nous intrigue depuis longtemps. Moderne ou rustique ? Objet de mode ou véritable héritier de la Jeep originelle ? 100 % américain ou aseptisé ? Blenheim ou pas ? Pour avoir la réponse, ne restait plus qu’à l’essayer.

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Qu’est ce que c’est ?

La troisième génération du Wrangler (depuis 2007, nom de code JK), le 4×4 rustique de la gamme Jeep. La série des Wrangler a remplacé en 1986 les CJ (Civil Jeep), nées en 1944. Elles ont transformé ce rustique engin de loisir en un véhicule (presque) utilisable au quotidien qui deviendra à l’époque la coqueluche des frimeurs. Plus versatile, l’actuel est le premier à offrir un empattement long à 5 portes.

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Quelle histoire raconte t-il ?

C’est le descendant direct de la Willys de l’armée américaine, et des touts premiers 4×4 civils inventés par Jeep. Ce n’est pas une formule de marketing mais la réalité de son arbre généalogique, même si ses évolutions successives et le virage hédoniste pris dans les années 1980 peuvent nous le faire percevoir comme moins authentique que le Land Rover Defender. Si les 200 ch de son moteur 4 cylindres diesel VM de 2,8 l (!)) le rendent plus utilisable sur route que son concurrent anglais, il n’en demeure par moins l’un des engins les plus efficaces en tout-terrain qu’il soit. Le tout dans un luxe on ne peut plus américain, un peu clinquant mais si dépaysant.

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À quoi ressemble t-il ?

En escaladant les marche-pieds pour monter à bord, la première chose que l’on remarque est l’imposant arceau tubulaire garni de protections moussées. Voila qui rend dubitatif. Que vient faire là cet accessoire issu de la compétition ? La réponse se trouve sur le message d’avertissement autocollé sur le pare-soleil, qui indique en anglais : « le toit et les portes de ce véhicule sont uniquement conçus pour vous protéger des éléments. Ne comptez pas sur le toit et les portières pour maintenir les occupants à bord du véhicule ou pour les protéger des blessures en cas d’accident. » On vous demande pardon ?

C’est que le Wrangler peut se transformer, à condition d’aimer le mécano, en un véhicule rappelant plus ceux qui ont débarqué sur les plages de Normandie en 1944 que n’importe quel autre 4×4. Cela commence par les deux demi-toits placés au dessus des passagers avant (niveau facile), et se poursuit par le pavillon et les vitres de coffre (difficile) qui forment en fait un immense hard-top en résine boulonné. Si l’envie vous en dit, ne reste plus qu’à enlever les portières et à démonter le pare-brise. Le tout est très bien pensé : le moindre boulon possède son emplacement de rangement dédié dans le coffre (impossible d’en perdre un seul), et chaque câble électrique est muni d’une prise étanche qu’il suffit de déconnecter. C’est tout simplement génial.

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Comment se conduit t-il ?

À l’ancienne. Les commandes sont rugueuses, et l’immense levier de boite de vitesses, à l’interminable débattement, danse en permanence la gigue au rythme des vibrations du gros diesel. Sur l’autoroute, il suffit de se laisser porter par le couple pour cruiser bruyamment à 150 km/h, avec l’impression de déplacer plusieurs tonnes d’air. Sur route, il faut se méfier de ses suspensions rustiques, et de son poids conséquent bien haut placé. Une fois sorti de l’asphalte, il passe partout, pas besoin de réfléchir – laissez ça aux pleutres. Dans tous les cas, et contre toute attente, on s’amuse beaucoup à son volant : cela fait très longtemps que l’on n’a pas conduit d’engin aussi typé.

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Est-il Blenheim ?

C’est vrai que l’image du 4×4 de vendeur de cuirs et fourrures qui a réussi lui colle à la peau. Et alors ? La conception de sa carrosserie justifie à elle seul l’achat de ce gros jouet – même si on n’a jamais vu personne oser le décapoter intégralement. Sa conduite demande de la poigne et est riche en sensations mécaniques, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Et surtout, il véhicule une image d’authenticité 100% Made In USA tellement rafraîchissante en ces temps de mondialisation automobile. Verdict : Blenheim, sans aucun doute – à condition de ne pas posséder de peau lainée dans son vestiaire.

JEEP WRANGLER UNLIMITED 2.8 CRD
VISUAL ATTRACTION7
MECHANICAL THRILLS4
HANDLING6
CLASSIC APPEAL4
BLENHEIM GIRL PULLING ABILITY8
BLENHEIM FACTOR7
6Note Finale
Note des lecteurs: (14 Votes)
6.9

A propos de l'auteur

Yan Alexandre Damasiewicz
Rédacteur en Chef

Après avoir crée le Blenheim Gang en 2003 avec Paul Reynolds, Yan Alexandre est tout naturellement devenu journaliste, spécialisé dans la culture automobile. Enfin, pas si naturellement que ça, puisqu'il a passé quelques années de sa vie à s'occuper de sites internet en agence, avant de changer d'orientation. Aujourd'hui il collabore régulièrement aux magazines GQ, Intersection, Evo & Octane. Ses passe-temps préférés ? Traverser l'Europe au volant de sa BMW 1600ti de 1967 et rêver aux voitures les plus improbables qu'il pourrait acheter...

3 Réponses

  1. Alan Each

    Ca reste quand même complètement hors-sujet dans les beaux quartiers des grandes villes, peau lainée ou pas… Par contre en montagne, dans les îles ou pour votre résidence secondaire sans accès bitumé, donc très exclusive, c’est cohérent. ;)

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  2. Casval

    Première prise en main, et pendant près d’un an, de ce jouet au Qatar. Il trouve toute sa place.
    Bon forcement vu le prix de l’essence, notre Wrangler sport (sic) avait en son sein, le V6 3.6.
    Tempérament sympa, dans le désert, à part une frayeur, un vrai plaisir de prendre les Dune, ou sortir des embouteillages pour rouler sur le bas coté.
    Une qualité rare, les plastiques tiennent très bien la chaleur et le soleil, par contre le toit laisse aussi bien passer la chaleur, avec clim à fond on ne sent pas trop la différence. Mieux vaut investir pour le modèle Sahara.
    C’est un 4X4, un vrai un dur, un tatoué. Mais comme dit François, le Rubicon , c’est encore autre chose.

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