Le Mans, jour 2 : ambiance

Le jeudi, au Mans, il ne se passe pas grand chose. Raison de plus pour aller se promener un peu et prendre ses marques autour du circuit. Ambiance de bord de piste, des paddocks aux campings en passant par la grande roue.

Le premier contact avec le circuit c’est bien souvent l’un des innombrables tunnels qui traversent la piste et permettent d’aller de l’extérieur à l’intérieur de l’énorme tracé, et vice-versa. On y apprend plein de choses palpitantes. Comme que les gars de Blacy baisent comme des dieux. On a aussi rempli notre répertoire de numéros de téléphone de jeunes filles vantées comme étant prêtes à faire plein de choses avec leur bouche. Entre autres. Le Mans, c’est chaud.

Dans les paddocks, il ne se passe pas grand chose. Ça déambule mollement, la course n’est que dans deux jours et la tension n’est pas encore montée. Pas de gigantisme dans les motorhomes, comme en F1. Ici ce ne sont de toute façon pas les pilotes qui s’y abritent mais les mécaniciens et les pièces des voitures, extensions d’ateliers pour compenser l’exiguïté des stands. Accès interdit, inutile d’essayer d’en passer la porte.

Le parking des pace-cars et autres voitures médicales est à l’image de la suprématie d’Audi au Mans au cours de la dernière décennie. À se demander si les deux R8 rouges qui sont sensées neutraliser la course sont impartiales… Il va falloir s’imposer ici aussi Peugeot.

Dans les stands non plus, il ne se passe pas grand chose. Les voitures sont méthodiquement déshabillées de leur carrosserie et planquées au fond des garages. Aux visiteur sil ne reste que la vue des capots, ailes, flancs, alignés plus ou moins soigneusement.





La BMW décorée par Jeff Koons expose son capot comme une œuvre d’art. On n’en verra pas plus pour le moment. D’ailleurs on le la verra pas beaucoup du week-end non plus.

Personne ne pouvant me renseigner sur l’emplacement du paddock des autos du groupe C, je pars à l’accueil du circuit, où se trouve également la direction de course. Ici les discussions sont parfois surprenantes. Un team manager d’une écurie de LMP2 vient pour demander des nouveaux numéros éclairés pour sa voiture, les siens ayant rendus l’âme. Un homme de Peugeot vient pour se plaindre de drapeaux qui arrachent les antennes de transmission de l’équipe… Le premier revient à la charge, il a un autre problème. Si deux mécanos seulement peuvent intervenir lors d’un ravitaillement, comment faire pour en travailler quatre pour changer les plaquettes ? Le règlement ne semble pas clair pour lui, pas de chance le représentant de l’ACO ne parle pas un mot d’anglais. Résultat l’émissaire de Peugeot se retrouve à faire la traduction. Ne devrais-je pas ravitailler, partir pour un tour, et revenir aux stands où 4 hommes pourront alors changer les freins ? L’ACO acquiesce, c’est une possibilité. Bon prince, Peugeot conseille, en off. Vous feriez mieux de ravitailler, puis rentrer la voiture dans le box. Ça prend un peu de temps, mais beaucoup moins qu’un tour ! Et vous aurez toute la place pour travailler… Tout le monde n’a visiblement pas la même expérience du Mans. Pendant ce temps, on fini par m’aiguiller sur le mystérieux paddock de ces autos que personne ici ne semble connaître.

La Sauber-Mercedes qui trône dans la première tente annonce la couleur : le plateau de la course historique est plus que sérieux. Dans un parking grand comme deux courts de tennis, c’est toutes les années 80 qui revivent. Il y a ici pas moins de quatre Jaguar aux couleurs mythique de Silk Cut, des Nissan, des Porsche 962… Les discussions sont tout aussi ubuesques, et dénottent d’un tout autre esprit que celui qui règne au bord de la piste. Ah tiens ou avez vous donc acheté votre auto ? En Angleterre… En Angleterre ? Je pensais qu’elle était cachée aux Etats-Unis celle là !








Juste le temps de remonter dans les loges que la séance de qualification pour la course des Gr.C – justement – démarre. C’est évidement le moment que la pluie choisit pour tomber, en trombes.

Résultat, mis à part la Sauber, une Nissan et deux Jaguar qui ont bien décidé d’en découdre, l’ensemble du plateau roule au ralenti. On aurait vite fait de casser son beau joujou. Prudent, car même à cette allure qui frise le ridicule, les autos soulèvent des gerbes d’eau sur plusieurs centaines de mètres. Une Porche disparaît à l’instant de ma vue dans la montée vers le Dunlop : un brouillard de gouttelettes recouvre toute la ligne droite des stands.

L’averse ne dure pas plus longtemps que la séance de qualification, c’est le bon moment pour quitter la piste et aller visiter les parkings. Pas encore très remplis, mais de beaux specimens sont déjà arrivés.


Dans les campings, la fête a déjà commencé, en douceur. Ici le DJ enchaîne déjà quelques disques de techno depuis sa tour, face à un parterre pas encore assez éméché.

Là les merguez fumantes sont prête à être dégustées. V8 Vantage (version 80′s), E-type et XJ, voici ce qui entoure ce joyeux barbecue.

Malchanceuses victimes de l’averse, qui viennent visiblement d’arriver. Pas de chance, vraiment.

Il y a le concours de celui qui aura le plus beau autocollant “Le Mans”…


… et de celui qui sera le plus potache.



Melting-pot de tout ce que la passion pour l’automobile peut engendrer.


En route vers la tribune principale, car la deuxième séance de qualification des 24h du Mans débute, enfin. Il est 19h00.



La piste est humide, pas de changements par rapport aux positions de la veille.


La nuit tombe sur le village et la fête foraine. À 22h la deuxième séance qualificative commence. L’asphalte s’asséchant, on croit jusqu’au bout que la pôle pourrait changer, mais il n’en sera rien. Les Tambours du Bronx sont en concert. Peine perdue, leur bruit est moins fort que celui des voitures. On ne les voit plus, d’ailleurs : aveuglé par les phares on ne distingue plus rien. Que le rouge des freins, les flammes de l’échappement, et furtivement un numéro éclairé… Alors, il ne reste plus qu’a s’installer à une table déguster un sandwich ou s’adonner au jeu. Demain sera un autre jour.



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Texte et photos : Yan Alexandre









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