Chroniques 90’s d’un jeune parisien : ma nuit

22h, vendredi soir, nous nous retrouvons chez l’un avant d’entamer la nuit, quelques amuses bouches et de la vodka en guise de dîner. Sortir en semaine est statutaire, c’est exhiber son choix de refuser les contraintes de la vie diurne, en ce moment notre vraie vie est sur le fil, les concours approchent, il faut retrouver une once de raison. La fin de semaine nous offre donc un insouciant et bienvenu répit. La nuit débutera 102 avenue des Champs Elysées pour s’achever à l’heure de la messe rue du Faubourg Montmartre. Préoccupés, on affirme que l’on rentrera se coucher tôt, mais on sait que l’on finira par capituler.
1h, le taxi nous dépose sur les trottoirs des Champs, ils sont larges, la faune errante cherche quelques provocations à assener. Nous arrivons à la porte, Sandrine est là, pas d’effusion, juste un regard. Il n’est pas si loin le temps où se présenter à sa porte était un concours qui nous paraissait bien incertain tant la gardienne du temple semblait ne suivre aucune règle pour rendre sa porte hermétique. Ce doute ajoutait de l’adrénaline, on ne l’a plus aujourd’hui.
Nous entrons, les bpm nous assaillent, il fait chaud, nous descendons les marches, c’est Cannes à l’envers, la descente vers le stupre. Le Queen est presque plein, une marée de tee-shirt moulants et de cheveux ras danse, quelques filles de latex vêtues se déchainent, contraintes d’être ainsi pour être là. On danse, on s’abandonne, cela se frotte, on se débat pour accéder au bar. Les heures filent dans une transe jubilatoire, la foule est gaie. La nuit s’achève, il est impossible d’aller se coucher, la troupe palabre pour savoir que faire, quel intérêt puisqu’on sait que l’on ira au Kit-Kat.

La foule est dense, du Pulp, du Scorpion, des Folie’s, les avides ont convergé vers la Cité Bergère. Melting-pot improbable d’individus qui ne se croisent nulle part ailleurs qu’ici bas. Cuir, latex, rimmel, tatouages, perruques, rien ne manque. Il fait jour dehors mais nuit à l’intérieur, l’air est acide, des ombres automates sont en mouvement. Un acteur hagard achève son trip sur la banquette. On ne s’amuse plus, on finit juste la nuit. L’expérience Kit-Kat scelle une forme d’appartenance à un monde de la nuit, divisant les gens en deux clans, ceux qui y vont et ceux qui, raisonnables, ont peur.
Midi approche, on franchit sa porte pour se jeter dans son lit. 17h sonnent, il faut penser à demain, aux cours et aux colles qui vont s’enchainer inlassablement, on devrait réviser. Mais on se sent vide, les oreilles bourdonnent, la journée est foutue.
A suivre…
texte : J.Oscar









Hum… souvenir souvenir…
sandrine a la porte.. sur les champs…
Aymé en grande pretresse… dans l’impasse du quartier Drouot…!
que de souvenirs…
C’est quoi BPM ? Et comment ça des concours, vous n’êtes plus en âge de passer des concours ?
BPM = beat par minute… l’unité de rythme de la musique électronique.
Amélie, J.Oscar n’est plus en age, effectivement
…aujourd”hui plus en âge certes…mais même il y a 10 ans, (pardon 15…), concilier bpm et concours n’a pas toujours été aisé