MAZDA MX-5 NC FL 1.8 / BLENHEIM TEST
La MX-5 NA (première génération) avait été notre coup de cœur de la première Coupe des Alpes, en 2010. Rendez-vous a été pris avec la version actuelle, pour voir comment, 23 ans après ses débuts, la voiture a évolué.
MX-5 NC FL, voici comment il faut l’appeler dans la terminologie Mazda. NC pour troisième génération. La première, la NA, avait révolutionné le genre du roadster en s’inspirant grandement de la Lotus Elan originelle côté style, et lancé une mode dans laquelle un nombre incalculable de constructeurs se sont lancés dans les années 1990. La seconde, la NB, est à voir comme une simple évolution de la première : toujours aussi convaincante à conduire, mais son faciès est marqué par de fades optiques fixes en remplacement des si mignons phares pop-ups de la NA. Enfin, troisième génération avec une NC dont le dessin dû à Morray Callum s’inspire grandement du style épuré de la NA. FL pour facelift, ce restylage date de 2009 et est des plus légers : une nouvelle calandre qui remplace l’ovale interloqué de l’originelle par le sourire jovial (qui a dit débile ?) commun à toute la gamme. Un petit air de voiture du dessin animé Cars, ou d’Austin-Healey Sprite « Frogeye » – joli compliment.
Comme la Sprite, notre MX-5 joue la carte de la simplicité. Nous aurions pu choisir le 2.0 beaucoup plus puissant (160 ch contre seulement 126 ch pour le 1.8), mais il impose – du moins sur les modèles commercialisés en France – d’opter obligatoirement pour un toit rigide articulé du style coupé-cabriolet. Dieu sait que nous détestons cet accessoires de compromis : le 1.8 permet lui le choix. CC pour les victimes du marketing (nous ne maudirons jamais assez la Peugeot 206 CC), capote souple pour ceux qui sont encore animés d’un tant soit peu de bon sens. Parce-que la toile permet aussi une économie de 37 kg bien mal placés. Au vu de la puissance disponible, ce n’est pas rien…
Pour faire encore plus simple prenons la en blanc. Pas de chichis, cela permettra de mieux voir les trainées de boue en cette journée pluvieuse. La ré-interprétation des lignes de la MX-5 originelle est flagrante, surtout de ¾ arrière avec notamment des feux arrières au design très proche (ceux de la NA font partie de la collection du MOMA de New-York) et les ferrures de coffre identiques, permettant l’installation d’une « véronique » à bagages, comme sur la MG-A de votre grand-père. Inspirée par la frêle NA, donc, mais virilisée, avec des élargisseurs d’ailes ultra-musclés (on les voit depuis le volant), et un imposant bossage de capot (idem). Fini le 36 taille fillette, la MX-5 a fait de la muscu, et c’est plutôt agréable à l’œil. Pas de panique, elle est toujours aussi mignonne, et les girls en sont toujours aussi fan.
À bord les réjouissances continuent : position parfaite au ras du sol, et ascétisme de l’équipement, comme on ne voit plus. Premier absent de marque, le GPS. Tant mieux, on sait lire une carte, merci bien. Et ce que l’on remarque tout de suite, c’est surtout la présence d’une climatisation qu’ignorait totalement notre NA. Son efficacité est sidérante, et couplée aux surpuissants sièges chauffants (5 positions, comme une bonne table de cuisson), elle devrait permettre de rouler décapoté en Laponie, pendant l’hiver, sans problèmes. Même en caleçon.
C’est au niveau des aides à la conduite que les addendas sont légion, par contre. À commencer par une direction assistée et un ABS (c’est dire que la NA était simple), mais aussi tout l’attirail électronique, dont un ESP – fort heureusement déconnectable en une fraction de secondes. Passons. Le petit 4 cylindres double-arbre émet un grognement sympathique au démarrage, se faisant passer pour plus gros qu’il ne l’est vraiment. Nous sommes prêt à rouler, à un détail près : il nous reste à décapoter. Contrairement à nos congénères coincés quelques dizaines de secondes à presser un interrupteur pour ranger leur lourd toit dans leur gros coffre, nous nous contentons de déverrouiller une poignée… Et de tendre le bras vers l’arrière, sans quitter notre siège. 5 secondes maxi, et on est les cheveux aux vents. Échauffement obligatoire, ce n’est pas le moment de se froisser l’épaule.
Coupleuse à bas régime, la MX-5 bondit joyeusement, laissant augurer de quelques bons moments de conduite. Du moins, tant que l’on ne va pas trop vite : passé les 100 km/h (en 9s), le moteur s’étouffe et les performances s’effondrent. Oubliez les runs sauvages à la sortie du péage, elle n’est pas faite pour ça, sans parler du volume sonore incompatible avec la causette au delà des 120 km/h. Son domaine ce sont clairement les petites départementales sinueuses, où l’on se donne à cœur joie. On loue la position de conduite parfaite, la direction ferme (mais sans excès) et le génial levier de vitesse au débattement ultra-court. Tout en elle rappelle, encore une fois, sa glorieuse ancêtre.
C’est un véritable plaisir de bondir de virage en virage à son volant, même si elle souffre d’un roulis un poil trop prononcé. C’est sa façon de nous rappeler qu’elle n’est qu’un agréable roadster de ballade rapide, et non pas une « super » sportive. Qu’importe, on n’en demandait de toute façon pas tant. Et s’il n’est pas dans nos habitudes de parler de prix, sachez juste que vous ne trouverez pas moins cher, à prestations et plaisir égaux. Rien que pour cela elle mérite qu’on s’y attarde, au moment de signer un chèque pour n’importe quelle bétaillère décapsulable.
Verdict : de NA à NC, rien n’a bougé – ou presque. Les temps ont changé, et ce qui était superflu en 1989 est simplement devenu obligatoire en 2012. Ce qui ne l’empêche pas d’offrir le minimum supportable pour une voiture qui se veut aussi une confortable routière. Cerise sur le gâteau, elle est la preuve vivante de l’inutilité de la course à la puissance que se livrent les constructeurs ; impossible de nous rappeler depuis quand une voiture neuve de moins de 150 ch nous a donné autant de plaisir…
Mignonne, et intelligemment dessinée, la MX NC évoque une NA qui s’est mise doucement à la muscu. De quoi oublier son côté roadster de garçon coiffeur ?
Pas de miracles a espérer du modeste 1.8. Heureusement, la voiture est suffisamment légère pour se laisser vivement mener.
Equilibre parfait, et commandes délicieuses. Si on ne vit pas le grand frisson à son volant, on s’amuse tout de même bien.
La NA, surfant sur la vague des youngtimers, entre doucement dans le monde de la collection. Pas vraiment iconique, la NC risque d’avoir du mal à l’y suivre un jour.
Une chose ne changera jamais avec la MX-5 : sa côte d’amour auprès des Blenheim Girls. Qu’elles choisissent le siège de gauche, ou de droite, elles l’adorent.
Rappelant les roadsters économiques anglais des années 1960, la MX-5 1.8 d’entrée de gamme suffit amplement pour se balader en se faisant plaisir. Il y a des MX-5 plus chères, plus puissantes, et mieux équipées au catalogue, mais nous ne sommes pas sûrs qu’elles soient mieux. La « version lite », suffit amplement !
Texte : Yan Alexandre, photos : Pierre Sautelet





















Rigolo ces photos d’off-road/tractor-pulling, mais où sont les photos de Laponie en caleçon ?
Impubliables !
J’ignorais totalement le fait que les feux arrière de la NA étaient au MOMA. Anecdote de premier choix,
Honnêtement, je me suis toujours demandé ce qu’ils faisaient là bas…
MOMA: la même chose que la Cisitalia et la DS19 , belle reconnaissance!
“Contrairement à nos congénères coincés quelques dizaines de secondes à presser un interrupteur pour ranger leur lourd toit dans leur gros coffre”
Le toit ne va pas dans le coffre
Ouais, superbe voiture ! Où l’on retrouve l’esprit Lotus. Peu de chevaux, mais un poid plume. Equipement simple et bonne bouille !
La mienne -une Mazda Mighty Blue 1.8 toit rétractable motorisé ne vous en déplaise
- acquisition neuve de décembre 2012, m’a fait une grande frayeur il y a deux semaines, sur la RN4 mal déneigée et verglaçante: au moment où j’ai voulu doubler un poids lourd, elle s’est soudain transformée en aiguille de boussole affolée, sans doute à cause d’une plaque de verglas.
(
Heureusement j’ai pu la maîtriser au terme de secondes qui m’ont parues interminables.
Une vitesse inférieure à 90, des années de conduite et beaucoup de sang-froid ont permis d’éviter l’accident.
Mais j’ai eu très peur d’autant plus que j’étais accompagnée de ma fille.
Il me semble que les pneus d’origine, de marque yokohama et pourtant neufs, sont de piètre qualité et n’ont pas grande adhérence sur route glissante (eau ou verglas).
Quelqu’un a-t-il eu semblable mésaventure avec des pneus yokohama ?
J’envisage de changer les 2 trains de pneus pour des Michelin 205/90 R16 v Pilot Sport 3. Qu’en pensez-vous?
D’autant qu’avec mes véhicules précédents équipés de Michelin, j’ai voyagé sans problème et par tous les temps.