THE CAR

Halloween approche à grands pas. Il est donc temps pour nous de plonger dans le côté sombre du grand écran. Eteignez les lumières, sortez les pop-corns et accrochez votre ceinture : “The Car” (l’Enfer Mécanique) donne un nouveau sens au mot “terreur”. Ou presque.
Hey, you! Why don’t you get outta your big ugly car, huh ?
Deux cyclistes renversés par un chauffard sur une route déserte. Un auto-stoppeur qui se fait sauvagement écraser par une voiture de couleur sombre. Tout cela le même jour. Coïncidence ? Certainement pas, la petite ville de Santa Ynes est bien trop paisible pour autant de violence routière en si peu de temps. Le sheriff et ses assistants le sentent : il y a quelque chose de louche dans cette histoire.

Leurs soupçons se confirment lorsque cette tranquille bourgade de l’Utah se voit harcelée par une mystérieuse voiture noire qui pourchasse et tue sans relâche avant de prendre la fuite. Le Capitaine Wade Parent (James Brolin) n’a pas le choix : il faut arrêter ce chauffard. Mais comment stopper deux tonnes de métal lancées à toute allure? Qui se cache derrière ces vitres opaques? Y-a-t-il seulement quelqu’un aux commandes de ce monstre d’acier?
Soyons francs : The Car ne brille ni par son scénario, ni par son jeu d’acteur. La bande originale est tout sauf originale et même les cascades n’ont rien de transcendant . On relèvera tout au plus quelques angles de caméra bien choisis et l’utilisation judicieuse de lentilles à courte focale pour accentuer l’apparence menaçante de la voiture dans certains plans serrés. Nous sommes bel et bien en présence d’un film de série B comme il s’en est fabriqué à la chaine dans les années 70. Moustaches et pantalons pattes d’eph’ compris.

Mais alors ? Si ce film est tellement mauvais comment se fait-il que plus de trente ans après sa sortie on s’en souvienne encore ? Pourquoi le trouve-t-on dans autant de listes de films cultes ?
Peut-être est-ce dû à la voiture en elle-même, à cette gueule incroyable, fruit du coup de crayon de l’immense George Barris, l’un des derniers grands maîtres du Kustom outre-Atlantique, père de la première Batmobile. Ou peut-être est-ce à cause de ce klaxon tonitruant qui accompagne chacune de ses apparitions dans un staccato qui n’est pas sans rappeler les cuivres de Philip Glass. Ou plus simplement, à force de répliques qui tombent à plat et d’effet spéciaux hasardeux le film n’en devient-il pas tout simplement drôle ? Mystère.

Une chose est sûre : vous ne vous rappellerez pas de The Car pour les frissons de terreur que ce film vous infligera. Car malgré tout le mal qu’il se donne, il peine à vous faire sursauter. Dommage pour un film d’épouvante.
Mais où se cache donc cet “Enfer Mécanique” que le titre francophone nous promet ? Peut-être faut-il le chercher ailleurs, dans les détails. Et en effet à y regarder de plus près l’horreur, la vraie, n’est pas visible à l’écran : la voiture qui se cache sous le travail de George Barris n’est autre qu’une Lincoln Continental Mark III.

Une Continental Mark III… Je sais pas vous mais moi ça me terrifie.






Texte : Maciej











Je ne peux pas m’empêcher de faire un parallèle avec Duel de Spieldberg, sorti quelques années plus tôt. Un monstre de ferraille qui fait sa loi sur la route.
Ou à “Christine” de John Carpenter, quand une voiture devient l’instrument de vengeance d’un teenager mal dans sa peau…
C’est vrai qu’il y a un air de famille entre le faciès de The Car et celui du Peterbilt de Duel. Ouh les vilains.
Je ne suis pas spécialiste, mais sur la photo ce n’est pas une Continental Mark III, mais bien une Lincoln Continental Mark V si je ne m’abuse.
Effectivement, vous n’êtes pas spécialiste. (hé hé).
Yan. S’il y a erreur sur la Lincoln je vous prierai de virer le documentaliste.
Le nommage des Lincoln Continental est parfois aussi compliqué que celui des Biturbo, il y a eu donc deux voitures différentes à porter le nom de Lincoln Continental Mark III.
La première, celle dont parle Casval, est la troisième génération de Continental (1958-1960).
Sauf qu’en 61, les gens de Ford décidèrent de remettre les compteurs à zéro, et de virer le “Mark” pour accentuer le fait que la nouvelle Continental (celle de la mort de JFK) était une toute nouvelle voiture. Puis il ressortirent l’appellation du placard, et on se retrouva avec une nouvelle Mark III (celle de notre photo) en 1969.