Nissan 370Z Roadster – Blenheim Test

Comme il fait beau, nous avons décidé de prendre le volant de quelques cabriolets, histoire de parfaire notre bronzage. Après l’excellente Porsche Boxster S, nous nous sommes dit : et pourquoi pas la Nissan 370Z ? Si ces gens sont capables de faire mieux qu’une 911 Turbo pour deux fois moins cher, avec la GT-R, qu’en est-il sur le segment des roadsters ?
Avant de commencer, un peu de syntaxe s’impose. Au moment de prendre les clés de cette 370Z, on m’interrompt. Non, on ne doit pas dire une 370Z, mais un 370Z, et inutile d’insister, c’est nous Nissan qui décidons le sexe de nos enfants – voilà en résumé ce que l’on me dit. Bien, il n’en reste pas moins qu’une voiture, ou une automobile sont des noms féminins. Si l’on peut dire « un coupé »,« un roadster », ou encore « un 4×4 »; dire « un Z », ou « un SLK », voir « un Range » vous fera rentrer dans la catégorie dite « des blaireaux ». C’est comme ça, c’est scientifiquement prouvé.
Au vu de la très agressive campagne de communication Sports-Car battle, il semble que Nissan ait malheureusement choisi son camp, en opposant de façon définitivement sectaire les propriétaires de ses véhicules aux amateurs de Porsche, Ferrari et consorts, présentés comme des fins de race à l’intellect limité. FUCK SPORTSCARS est ainsi écrit sur de nombreuses GTR bardées de stickers promotionnels. Un message pour le moins douteux : doit on vraiment choisir son camp entre les deux ? À voir, au volant de la 370 Z, donc.

Ce qui étonne à première vue ce sont les proportions de la voiture. Extrêmement large, par rapport à une longueur contenue, et surtout assez haute. Pataude serait-on tenté de dire. Manque de chance, au moment de monter à bord, une 350Z est présente sur le parking, ce qui permet de mesurer l’évolution entre les deux génération. Manque de chance, donc, car la première pouvait se targuer de lignes assez pures, rendant un hommage appuyé à la mythique 240Z, sans pour autant singer son ancêtre en tombant dans les travers du retro-design. La nouvelle venue, elle, rappelle la 350Z, tout en ayant son vocabulaire stylistique à elle, fait d’angles acérés, de retours de courbes en boomerang (phares et feux) et de muscle plus proéminents. En bref, elle suit le mouvement actuel qui est d’abandonner les surfaces monolithiques, pour des volumes plus structurés, sans que cela ne l’arrange vraiment.

L’avant étonne, avec cette face qui semble singer la tête d’un crotale, avec ses yeux fins, ses crocs pleins de venins et sa large tête plate. Pourquoi pas, mais on ne suit plus trop le message stylistique, et le rapport avec la Z originelle qu’elle est sensée évoqué. Le cas de la partie arrière est plus délicat. Démesurément haut, il remonte après les portières, semblant écraser ses occupants d’un épais plis de graisse. Comme si le serpent avait avalé un bœuf. C’est l’heure de la digestion…

À bord, cela ne s’arrange malheureusement pas. On nous promettait une finition en progrès, on n’ose pas imaginer comment c’était avant… Ici tout semble issu d’un gros jouet. Des blocs compteurs en plastoc en passant par la console centrale au revêtement quelconque qui évoque au toucher un tapis de gymnastique. Tout est mou, jusqu’au sièges dont l’appuie-tête me rebondit dans la nuque à chaque fois que j’essaye de changer de position. Au secours, avec cette teinte blanche j’ai la soudaine impression d’être à bord d’un chamallow géant !

Démarrage au bouton pressoir, c’est la mode, ça fait sport. Bruit sourd mais quelconque de l’échappement. Les premiers kilomètres sont absolument insipides, d’autant plus que je suis assis trop bas par rapport aux renflements de la carrosserie et que je n’ai aucune idée de la largeur de la voiture : stressant en ville, direction la campagne, et vite !
Après quelques kilomètres d’autoroute pluvieuse où la 370Z démontre des qualité certaines pour le cruising, et… une excellent écoulement d’eau. C’est une véritable tempête que je traverse décapoté, sans me prendre la moindre goutte !

Enfin, les virolos de la Vallée de la Chevreuse, visiblement épargnés par les precipitations. De quoi attaquer sans arrières pensées. Pas de violence : l’accélération est linéaire, sans émotion. Par contre, les performances sont réelles, et on se surprend à rouler très vite, et ce finalement de façon bien plus sereine qu’avec la Boxster S. C’est l’avantage de son confort : moins trépidante, elle est beaucoup plus facile à mener à vive allure. Pas aussi vite, sans doute, mais le plaisir de conduire est réel. Gadget amusant, l’auto simule le talon pointe au rétrogradage de la boite (manuelle, à commande traditionnelle), ce qui ajoute du fun à un pilotage très « jeu vidéo » : rapide, facile, mais terriblement aseptisé.

Est-ce que ça sauve la 370Z ? À nos yeux, non. Cette voiture n’est pas une sportive, juste une auto performante destinée clairement aux Etats-Unis. On la leur laisse volontiers. Beaucoup moins chère que la Boxster, certes, mais beaucoup moins bien aussi !
Verdict définitif et trop sévère? Peut-être, mais c’est ce qui arrive quand on joue trop d’arrogance… Ceci étant dit, Nissan fait aussi d’excellentes voitures, la GT-R en est un exemple, la Cube en est un autre, comme nous vous le montrerons bientôt…






La précédente version du Z était un peu pataud, mais jouissait d’un trait épuré. Maintenant c’est encore plus lourd et inutilement chargé.
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Très puissante, la 370Z est un petit dragster qu’il est possible de mener fort vite en toute facilité. C’est son point fort.
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Efficace, oui, mais terriblement molle et avares en sensations. De quoi en sortir assez mitigé.
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Dans la longue lignée des Z, seule la 240 originelle possède véritablement le statut de voiture de collection, les suivantes soulevant à peine l’intérêt de quelques nostalgiques, outre-atlantique. Il est fort probable que dans quelques années cette voiture soit éclipsée par la 350Z. À raison ?
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C’est un roadster, qui plus est assez confortable, de quoi plaire à bien des girls. À moins que le côté Goldorak de la ligne ne les fasse fuir. Une chance sur deux…
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L’auto-chamallow, ce n’est vraiment pas notre truc. Reste sa grande facilité à être menée rapidement : de quoi tout de même esquisser un sourire au volant.
texte et photos : Yan Alexandre








