Furtivité
   
     
   
 

Fiat Croma

Années : 2005 -
Production :
en cours
Moteur :
5L - 2 ACT 4 - injection (diesel)
Cylindrée :
2387 cc
Puissance :
200 ch à 4000 tr/min
Couple :
40,8 mkg à 2000 tr/min
Transmission :
BVM 6 - AV

Poids :
1610 kg
V MAX :
216 km/h
0 à 100 km/h:
-
1000 m d.a. :
-

   
     

Peut être l’avez-vous déjà vu passer. Vous n’en êtes pas certain, et c’est normal. Son effet de rémanence mettrait à genoux tous les écrans LCD de la planète. Elle imprime si difficilement la rétine qu’elle ne laisse qu’une trace furtive dans votre cortex qui ne peut alors identifier l’objet. La Fiat Croma, version 2005, est en ce sens la digne héritière de sa devancière : une auto à la ligne intemporellement oubliable !
Les pontes turinois sont en recherche assez urgente d’image et on ne peut leur reprocher d’avoir tapé à la porte des ateliers de Giorgetto Giugiaro pour inséminer un minimum d’attractivité à leurs productions. Reste que le maestro ne tient plus les crayons et que ses équipes de designers n’ont réussi qu’à inoculer le gène de la Progeria à une auto ridée avant sa sortie. Et ça n’est pas une paire de cuisses gonflées artificiellement qui va émoustiller le latin lambda. Même un lapon émancipé n’y trouverait rien de fondant !

Alors comment expliquer ce suicide de 1610 dm3 de capacité de rangement ?

Giugiaro a débuté chez Fiat en 1955 et fort marri de ne dessiner que des enjoliveurs, il s’en est allé chercher (et trouver) le succès chez Bertone. On ne peut tout de même pas lui prêter une quelconque idée de revanche 50 ans plus tard ! Quoique…

Les penseurs de chez Fiat ont sans doute estimé que l’incontestable magnificence de son physique se suffisait à elle-même. Le « top modèle » destiné à la presse et aux badauds des salons sera donc recouvert d’un gris métallisé d’un manque d’originalité confondante. Quand on s’appelle Croma, admettez qu’il y a matière à en sourire. Incompétence ou malignité ?

Elle est aussi l’enfant légitime du couple GM/Fiat qui s’est sabordé depuis. Cette enfant maudite a peut être été inconsciemment rejetée par son tuteur qui n’accepte pas de la savoir composée d’ADN germano-américain, en l’occurrence celui d’une Opel Vectra. Il y a effectivement de quoi attenter à ses jours pour tout italien que se respecte, non ?

Il paraîtrait que la finition intérieure laisserait coi l’habitué des Bravo/ Brava et autre Marea. Bien, très bien, mais je connais peu d’âme assez pure pour aller s’enquérir de la grandeur d’esprit d’un laideron dans une soirée de top models ! Il y a par conséquent intention de nuire de la part des décideurs qui n’ont plus que le recours à la psychiatrie pour tenter de justifier un choix aussi …. indescriptible.

Fin du fin, les ingénieurs chargés de l’aménagement intérieur n’ont pas été foutus de faire mieux qu’une Skoda Octavia Combi qui la surclasse en modularité et en contenance. Là c’est de la provocation.

Ca sent la cabale et avec des collaborateurs pareils, pas besoin d’ennemis. Il faut se rendre à l’évidence, cette morte vivante sort de son trou en boitant bas, et son salut ne viendra que des œuvres caritatives ou ne viendra pas. Laissons donc les italiens sauver la Croma raillable et admirons cette « hollow car » se fondre dans la masse pour une digestion rapide et sans flatulences. Mais ayons tout de même l’honnêteté de saluer ce tour de force qu’est l’invention de l’auto totalement soluble dans le trafic, qui devrait ravir les Mata-Hari et les Aldrich Ames en puissance.

Tiens, en voici une qui passe ! Vous ne l’avez pas vu ? Quoi donc ? Je ne sais plus….

 

www.fiat.fr

Texte: Mister "Pat" Panick pour le Blenheim Gang, photos: Fiat Auto

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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