Peut
être l’avez-vous déjà vu passer.
Vous n’en êtes pas certain, et c’est normal.
Son effet de rémanence mettrait à genoux tous
les écrans LCD de la planète. Elle imprime si
difficilement la rétine qu’elle ne laisse qu’une
trace furtive dans votre cortex qui ne peut alors identifier
l’objet. La Fiat Croma, version 2005, est en ce sens
la digne héritière de sa devancière :
une auto à la ligne intemporellement oubliable !
Les pontes turinois sont en recherche assez urgente d’image
et on ne peut leur reprocher d’avoir tapé à
la porte des ateliers de Giorgetto Giugiaro pour inséminer
un minimum d’attractivité à leurs productions.
Reste que le maestro ne tient plus les crayons et que ses
équipes de designers n’ont réussi qu’à
inoculer le gène de la Progeria à une auto ridée
avant sa sortie. Et ça n’est pas une paire de
cuisses gonflées artificiellement qui va émoustiller
le latin lambda. Même un lapon émancipé
n’y trouverait rien de fondant !
Alors comment expliquer
ce suicide de 1610 dm3 de capacité de rangement ?
Giugiaro a débuté chez Fiat en 1955 et fort
marri de ne dessiner que des enjoliveurs, il s’en est
allé chercher (et trouver) le succès chez Bertone.
On ne peut tout de même pas lui prêter une quelconque
idée de revanche 50 ans plus tard ! Quoique…
Les penseurs de
chez Fiat ont sans doute estimé que l’incontestable
magnificence de son physique se suffisait à elle-même.
Le « top modèle » destiné à
la presse et aux badauds des salons sera donc recouvert d’un
gris métallisé d’un manque d’originalité
confondante. Quand on s’appelle Croma, admettez qu’il
y a matière à en sourire. Incompétence
ou malignité ?
Elle est aussi l’enfant légitime du couple GM/Fiat
qui s’est sabordé depuis. Cette enfant maudite
a peut être été inconsciemment rejetée
par son tuteur qui n’accepte pas de la savoir composée
d’ADN germano-américain, en l’occurrence
celui d’une Opel Vectra. Il y a effectivement de quoi
attenter à ses jours pour tout italien que se respecte,
non ?
Il paraîtrait
que la finition intérieure laisserait coi l’habitué
des Bravo/ Brava et autre Marea. Bien, très bien, mais
je connais peu d’âme assez pure pour aller s’enquérir
de la grandeur d’esprit d’un laideron dans une
soirée de top models ! Il y a par conséquent
intention de nuire de la part des décideurs qui n’ont
plus que le recours à la psychiatrie pour tenter de
justifier un choix aussi …. indescriptible.
Fin du fin, les
ingénieurs chargés de l’aménagement
intérieur n’ont pas été foutus
de faire mieux qu’une Skoda Octavia Combi qui la surclasse
en modularité et en contenance. Là c’est
de la provocation.
Ca sent
la cabale et avec des collaborateurs pareils, pas besoin d’ennemis.
Il faut se rendre à l’évidence, cette
morte vivante sort de son trou en boitant bas, et son salut
ne viendra que des œuvres caritatives ou ne viendra pas.
Laissons donc les italiens sauver la Croma raillable et admirons
cette « hollow car » se fondre dans la masse pour
une digestion rapide et sans flatulences. Mais ayons tout
de même l’honnêteté de saluer ce
tour de force qu’est l’invention de l’auto
totalement soluble dans le trafic, qui devrait ravir les Mata-Hari
et les Aldrich Ames en puissance.
Tiens,
en voici une qui passe ! Vous ne l’avez pas vu ? Quoi
donc ? Je ne sais plus….
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