Mercedes SLK 200K
     
     
   
  Années : 2004-...
Production :
-
Moteur :
4L - 2ACT4 - injection - compresseur
Cylindrée :
1796 cc
Puissance :
163 ch à 5500 tr/min
Couple :
24,5 mkg à 3000tr/min
Transmission :
BVM 6- AR

Poids :
1315 kg
V MAX :
230 km/h
0 à 100 km/h:
7,7 s
1000 m d.a. :
28,5 s
   
     

Classe n.f (lat. classis). Distinction, valeur, qualité exceptionnelle. Avoir de la classe, beaucoup de classe.

Par définition, le Blenheim Ganger est un observateur avisé des codes urbains. La popularité de la nouvelle mouture de l’improbable Mercedes SLK sur les boulevards des mégapoles ne pouvait manquer, dès lors, de susciter notre inquisitrice curiosité.

Il est de bon ton, dans certaines mailles du tissu social, d’associer la notion de voiture de sport à celle de substitut pénien pour représentants de la gent masculine en mal de testostérone. La protubérance génitalo-nasale qui parcourt le capot de la SLK ne pourra que conforter les partisans de cette doctrine. On se félicitera de cette manifestation d’humour potache de la part de l’austère bureau de design Mercedes, qui dissimule son forfait en nous affirmant que l’appendice est « largement inspiré des modèles de course » (sic). Pour le conducteur et son passager, ll est certes assez déroutant d’être installé à l’extrémité de cette excroissance phallique, telle une paire de gonades difformes, mais les possesseurs de SLK sont réputés pour leur sens de l’auto-dérision et de la pignolade, c’est bien connu.
Les gimmicks stylistiques plus ou moins fantaisistes n’ont pas trouvé leur place dans un habitacle qui ne troublera aucunement ceux qui privilégient les taxis frappés de l’étoile aux portiques d’arrivée des aéroports. L’application libérale de plastique évoquant l’aluminium dépoli ne manquera toutefois pas de séduire les individus qui abordent les devantures de « The Phone House » comme autant de sanctuaires du design moderne.
Si l’apparence de la SLK se compose de touches stylistiques racoleuses et génériques, sa substance s’avère tout aussi hétérogène. Pour qui a gardé en mémoire la crasse médiocrité de la SLK originelle, les réactions de cette nouvelle version seront initialement assez surprenantes. La direction démontre des velléités de précision tout en étant assez directe. Les mouvements de caisse et le roulis sont maîtrisés avec une certaine cohésion et cela sans que les gardes fou électroniques ne se montrent trop intrusifs.

Si son châssis est certes cohérent, le sentiment général s’assimile à celui exhalé par une berline moderne. L’expérience de conduite est dénuée du brio et du panache que l’on est en droit d’attendre dans une machine dont la prose officielle met l’accent sur des termes et notions telles que « résolument sportif » « Formule 1 » ou « dynamisme absolu ». La puissance développée par le 1.8l compressé n’est pas cause. Les 163 cv s’avèrent adéquats pour mouvoir les 1315 kgs de l’ensemble avec une certaine vigueur mais le « throttle response » est mou comme la libido d’un octogénaire privé de Viagra. Les messages distillés par les commandes ont une certaine tenue, mais la communication est délibérément et maladroitement filtrée pour ne pas déstabiliser les clients potentiels en provenance du segment des berlines compactes. A contrario, les suspensions payent le prix de leur homogénéité comportementale par une fermeté certaine qui semble hors de propos vu la personnalité mal définie de l’engin. La tiédeur de sa nature ne stimule en rien l’apparition d’ardeurs viriles et son semblant de rigueur compromet paradoxalement ses aptitudes de « boulevard cruiser ».

En conclusion la new SLK semble dépourvues de ces qualités exceptionnelles qui définissent la notion de « classe » selon Larousse et ses confrères. La SLK est simplement un produit de consommation de qualité moyenne, qui ne possède ni l’intérêt stylistique d’une Audi TT, ni le tempérament d’une Porsche Boxster ni même celui d’une BMW Z4. Elle a pour elle sa jeunesse, les facultés rassurantes de son badge un peu surfait et son toit rétractable, dont l’activation suscite toujours l’attention des cagoles de tous poils aux terrasses des glaciers. Peut-être est-ce là le plus important pour qui se procure une SLK somme toute…

 

www.mercedes-benz.com

texte: Paul Reynolds pour le blenheimgang.com, photos: Paul Reynolds & Realdriver, studio numérique: Ian Alexander