Bugatti Veyron - Mercedes SLR
     
     
   
 

Années : 2050
Production :
un exemplaire pour moi
Moteur :
79 cylindres
Cylindrée :
beaucoup
Puissance :
des millions de chevaux
Couple :
pareil
Transmission :
automatique ?

Poids :
5 tonnes
V MAX :
3 fois la vitesse de la lumière
0 à 100 km/h:
1s
1000 m d.a. :
3s

merci au petit Kevin, 4ans, pour l'élaboration de cette fiche.

   
     

A force d’attendre on n’y croyait plus vraiment. Quatre ans après leur présentation sous les spotlights des salons, la Bugatti Veyron et la Mercedes SLR vont enfin pouvoir fouler de leurs roues les autoroutes désertes des emirats du Golfe Persique. Il est amusant de constater à quel point ces 2 symbole de la mégalomanie de l’industrie automobile teutonne sont semblables. Quatre ans ! Dur de parler de nouveautés tant leurs lignes nous sont connues. Vues, revues, bientôt démodées ?

D’un coté nous avons la SLR, voulue à une époque où les McLaren régnaient sans partage sur la Formule 1. En hommage la SLR s’affuble d’un « nez » de monoplace d’une disgrâce que seul Mercedes est capable de dessiner. Mais qui sait, ce subtil artifice esthétique aidera sans doute la SLR à se vendre à une clientèle réputée pour son bon goût, à un moment où les flèches d’argent font plutôt grise mine. Après tout il faut bien que la F1 serve à autre chose qu’à engraisser le sympathique Bernie Ecclestone…Est-il raisonnable de s’attarder sur l’esthétique de la SLR, vibrant hommage insultant aux gloires du passé ? Que dire de plus sinon qu’il s’agit d’une Mercedes au superlatif ? A l’heure des lignes tendues, nous avons à faire à un charmant mollusque surchargé d’artifices passéistes telles ces ouies grillagées et échappement latéraux. Les jantes ressemblent plus à des presse citrons géants, tandis que les rétroviseurs sont déjà un classique du tuning dit « de parking de supermarché ». Quant au moteur, Mercedes n’a pas eu le choix. Suivant la mode actuelle de l’excès, on a fait plus puissant, c’est d’ailleurs le seul point sur lequel la SLR a progressé…mais les 600 chevaux vont-ils suffire ?

Car en face Herr Doktor Piech, après sans doute une choucroute un peu trop arrosée, a décidé de passer la barre des 1000 chevaux. Joli coup marketing, on n’arrête pas d’en parler, mais attendons de voir les premiers essais… D’ailleurs, pour séduire des clients tout aussi mégalomaniaque que lui (à moins que le brave Ferdinand se soit lui-même désigné coeur de cible ?) nous avons droit à un joli indicateur de puissance à l’intérieur. Louable attention. Nous aurons donc une aiguille qui se déplacera au même rythme que le compte tours. Mais quelle désillusion le conducteur va-t-il ressentir alors que se croyant au volant d’un monstre de puissance, il va voir la plupart du temps l’aiguille osciller entre 300 et 500chevaux…et quel excès va-t-il se sentir obligé de faire pour flatter son ego et pousser l’aiguille jusqu’au chiffre fatidique de 1001 ch. ? Question design, Bugatti nous soigne là aussi… la ligne est d’une fadeur savamment dosée afin de nous rappeler que ce n’est qu’une Volkswagen (dieu merci, dans son infinie sagesse Herr Doktor a écarté Giugiaro de cette mascarade), rehaussée par les 2 seuls détails qui la rattachent au passé : une douteuse peinture bi ton et une vilaine verrue fort mal intégrée en guise de calandre, tout cela pour mettre en avant cet appendice nasal qui semble indispensable aux Supercars actuelles (même Ferrari y a cédé, c’est dire.. ).
Il y a tout de même une justice. La probabilité de croiser l’un de ces monstres sur les routes européennes est fort heureusement proche du néant, nous laisserons à nos amis du golf persiques, plus sensibles aux harmonies subtiles des belles carrosseries, cette joie.
Nous ne sommes que de jaloux.

www.mercedes-benz.fr
www.bugatti-motors.com

texte : Ian Alexander pour le blenheimgang.com, Photos : Daimler Chrysler et Automobiles Bugatti S.A.S.