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Parfum
de séduction |
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Il
y a des jours comme ça, on a soif d’expérimentation.
Pourquoi dans la publicité toutes les filles se jettent
sur ces bellâtres qui n’ont rien demandé
à personne, mais qui utilisent juste un déodorant
ou un gel douche d’une marque que, pour ne pas la citer,
nous appellerons Akse.
Pourtant moi aussi je sens bon, je me ruine d’ailleurs
en produits de soin Helmut Lang pour ça, et je n’ai
pas cette chance. Une corrélation d’événements
tout à fait inattendus, la fin de mon dernier flacon
d’eau de Cologne et l’achat d’une trousse
de toilette d’un volume conséquent (inutile d’espérer
l’enregistrer en bagage cabine), m’ont fait sauter
le pas et acheter la collection quasi complète Akse.
Jugez du peu : 2 déodorants, 2 gels douche, et un after
shave. J’ai le goût du risque. Premier constat,
le gel douche rend propre. C’est déjà ça.
Je dois avouer que le susnommé « lendemains difficiles
» justifie sans doute son nom par une odeur répugnante
de concentré de citron, tandis que celui qu’il
faut, dixit l’étiquette, « shaker »
avant usage, promet quelques bon tennis elbows matinaux assez
délicats à justifier. Deuxième constat,
les déodorants sentent. Ils sentent fort d’ailleurs.
Même constat pour l’after shave. Ce n’est
pas forcement un compliment.
Passons à la phase pratique. Direction le centre ville,
en passant par le bord de mer. Je dois avouer à mon plus
grand regret qu’aucune fille ne s’est jetée
dans mes bras, qu’aucune fille ne m’a massé
suggestivement les abdominaux, qu' aucune fille n’a laissé
sous mon aisselle de petit papier avec son numéro de
téléphone. Je me demande si je ne vais pas porter
plainte pour publicité mensongère. Ne dramatisons
pas, la marchande de fruits (celle dont le regard me fait oublier
d’acheter mon melon et dont la poitrine me le rappelle
de suite) m' a souri, c’est déjà ça.
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Texte
et photo : Ian Alexander pour le blenheim gamg |
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