ALFA ROMEO 164

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Lancée en septembre 1987, la 164 fut fraîchement accueillie en raison de son architecture traction avant, jugée indigne d’une Alfa Romeo. Les essais n’améliorèrent pas franchement les choses : l’amortissement typé confort, le sous virage plus ou moins chronique ainsi que les retours de couple dans le volant achevèrent de la faire passer pour le vilain petit canard. 30 ans plus tard les questions se posent différemment, il est donc grand temps de réhabiliter le vaisseau amiral qui ne gagna aucune bataille. Voici 7 bonnes raisons de s’intéresser à elle.

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Une Alfa Romeo haut-de-gamme

Lancée pour occuper de nouveau le terrain des berlines haut de gamme auquel la plus menue 75 ne pouvait prétendre, la 164 se veut le fleuron de la marque. Elle est la première auto réellement nouvelle en près de 10 ans, la 33 étant une resucée de l’Alfasud et la 75 de la Giulietta. Alfa communiquera d’ailleurs intensivement sur sa mise au point et mettra les petits plats dans les grands pour son lancement.

Commercialisée fin 1987, soit l’année suivant la prise de contrôle par FIAT elle n’en est pas moins la dernière Alfa développée en interne. Elle partage néanmoins son châssis avec la FIAT Croma, la Lancia Thema et la Saab 9000, suite à un accord passé entre les 4 marques pour mettre en commun un châssis « plateforme type 4 » afin de réduire les coûts.

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Le dessin de Pininfarina

La 164 est dessinée chez Pininfarina (par Enrico Fumia), qui lui donnera les moyens de ses ambitions : sa carrosserie est entièrement spécifique, contrairement à ses 3 cousines dont les portières sont par exemple interchangeables, de même que son intérieur (et son train avant). Basée sur les concept-cars Vivace et sur sa propre étude de style, elle introduit au passage un langage bien à elle.

Ci-dessus : les concept-cars Alfa Romeo Vivace de Pininfarina.

Les boucliers sont anthracite quel que soit la couleur de la carrosserie, prolongés par une ceinture tout autour de l’auto. Une nervure latérale fait elle aussi le tour de l’auto en intégrant le bandeau de feux arrières, autre nouveauté chez Alfa. Pininfarina soigne également l’aero qui atteint un Cx de 0,3 – une valeur qui, au passage, est meilleure que celle de ses trois cousines.

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Un jalon du design Alfa Romeo

En se basant sur la 164, Pininfarina présente le concept Proteo, reprenant notamment le principe de la rainure latérale. A son tour le GTV « type 916 » reprendra la rainure latérale et les feux arrières en bandeau.

Ci-dessus : le concept-cars Alfa Romeo Proteo de Pininfarina.

À noter que la dernière série des Alfa 33, bien que dessinée par le Centro Stile Alfa reprendra également les codes stylistiques de la 164, notamment au niveau du bandeau arrière. Pininfarina n’intervient pas officiellement sur ce modèle, bien qu’ayant la paternité des différentes versions break.

Ci-dessus : en fin de carrière, l’Alfa Romeo 33 se grime en 164, alors que la GTV type 916 s’inspire de sa rainure latérale et de ses feux arrière en bandeau.

À noter également que la Peugeot 605, elle aussi dessinée par Pininfarina et présentée un an et demi après la 164, présente un profil extrêmement ressemblant à celui de la 164…

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(Presque) la dernière Alfa assemblée à Arese

La 164 est le dernier modèle d’envergure assemblé dans l’usine d’Arese, fermée depuis 2009. Seule la GTV « type 916 » lui succédera, uniquement pour les premières années de sa production avant que celle-ci ne soit transférée chez Pininfarina.

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Elle existe en version Procar, comme la BMW M1

Afin de légitimer un modèle dont la traction avant est mal perçue pour une Alfa Romeo, Alfa présente en 1988 une version Procar de la 164, en vue d’un hypothétique championnat opposant des Formule 1 déguisées en voitures de série. Le châssis est développé par Brabham, qu’Alfa vient d’acheter à Ecclestone. Ce dernier se proposait justement de mettre en place le championnat, qui n’aura finalement jamais lieu. Alfa revendra rapidement Brabham mais la voiture, elle, existe bel et bien, forte de son V10 arrière de 3,5 litres et 600 chevaux.

https://www.youtube.com/watch?v=cQigN057dMw

C’est une voiture de chef

Elle était une des voitures de prédilection des juges anti-mafia des années 90 tels que le juge Falcone. A ce titre elle leur a (parfois) permis d’échapper à des attentats et figure donc en bonne place dans les films policiers italiens. Ainsi que dans Alerte Cobra, dans ce cas généralement sur le toit, en train de brûler…

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Elle a aussi servi dans la police Hong-kongaise, où elle était d’ailleurs rebaptisée 168 comme dans toute l’Asie, le chiffre 4 y étant porte-malheur. Ici dans Crime Story avec Jackie Chan.

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Gérard Depardieu en a conduit pendant des années et elle aurait aussi été la dernière voiture personnelle d’Enzo Ferrari. Une voiture de chef vous dit-on.

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Un tableau de bord véritable machine à remonter dans le temps (avec plus de boutons) 

Son tableau de bord est un condensé des années 80 : autoradio derrière un panneau escamotable, bloc compteurs reprenant le design par strates de l’extérieur de la voiture, profusion de compteurs, voyants et autres boutons.

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Des moteurs pour tous les goûts !

Initialement lancée avec le 2.0 twin spark ou le 3.0 V6 « Busso » elle récupérera les années suivantes le 2.0 turbo de la Lancia Thema, lui-même remplacé ensuite par le V6 2.0 turbo réputé pour totalement déborder le train avant, pourtant déjà très sujet au surmenage. Sur les derniers millésimes, les versions Q4 verront apparaître les 4 roues motrices en plus d’un V6 3.0 plus vigoureux, dans un nombre d’exemplaires cependant sporadique. Pour les plus économes une version Diesel est disponible avec le VM 2.5, moteur commun aux Range Rover Classic, Chrysler Voyager et autres Jeep Cherokee.