AUDI RS2, LE DÉBUT DE LA LIGNÉE

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Chaque histoire à son commencement : celle des sportives Audi commence réellement avec la RS2.

Dans son irrésistible montée en gamme, de plus en plus proche de Mercedes-Benz et de BMW, la stratégie d’Audi fut d’appliquer sur ses modèles sportifs les technologies mise au point durant son programme de rallye. Après avoir lancé différentes versions de son coupé quattro, le constructeur a initié sa gamme de modèles « S » avec la S2 de 1990 – une version à hautes performances de la Coupé – et avec la berline 100 S4 de 1991.

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Les retours très positifs engendrés par la S2 et la S4 ont persuadé la direction d’Audi de créer une voiture encore plus extrême qui servirait de vitrine à la marque. Le constructeur ne souhaitait pas dépenser d’argent dans le développement d’une voiture de sport inédite, et choisi donc de se baser sur un modèle existant – une pratique tout ce qu’il y avait de plus courante dans l’industrie automobile. Ce qui l’était moins, était le partenariat retenu : impressionné peut-être par la Mercedes-Benz 500E, Audi fit appel à Porsche pour transformer la très banale 80 Avant dans l’une des voitures de sport les plus performantes au monde, la RS2 Avant, présentée le 19 mars 1994.

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Les designers de Porsche ajoutèrent un bouclier avant agressif avec de larges entrées d’air, une grille de calandre noire, et des rétroviseurs aérodynamiques provenant de la 911. À l’arrière, la plaque d’immatriculation fut déplacée du hayon au bouclier pour laisser place à un bandeau réunissant les deux feux arrières – une autre référence à la Porsche 911. Les autres modifications extérieures comprenaient des badges RS, des étriers de freins peints en rouge, et des jantes Porsche de 17 pouces montées avec des pneus taille basse. Onze couleurs différentes étaient disponibles, dont le Bleu Nogaro qui est aujourd’hui communément associé à la RS2 Avant.

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La RS2 Avant est motorisée par le 5 cylindres 2,2 l à 20 soupapes de la S2, amélioré par Porsche, et équipé d’un turbo hautes performances et d’un intercooler modifié. Il développe 315 ch et 410 Nm de couple, de quoi propulser le break de 0 à 100 km/h en 5,4 km/h et d’atteindre une vitesse de pointe de 262 km/h.

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Pour mettre ces chiffres en perspective, il faut rappeler qu’il faut 5,1 s à une Porsche 911 Carrera de 1994 pour accélérer de 0 à 100 km/h. Aujourd’hui, ces chiffres n’ont rien de spectaculaires, mais au milieu des années 90, ils étaient impressionnants. À son lancement, la RS2 était l’Audi la plus rapide et la plus puissante jusque-là.

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La puissance était transmise aux quatre roues via une transmission manuelle à 6 rapports, et une version préparée de la transmission intégrale quattro, équipée d’un différentiel à blocage manuel. Les étriers de freins à quatre pistons provenaient du catalogue de pièces Porsche ; le système recevait l’aide d’un ABS. La RS2 Avant disposait également de ressorts de suspensions plus courts et d’amortisseurs plus fermes.

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Le traitement sport se poursuit à bord avec des baquets à réglages électriques Recaro à l’avant, un bloc d’instruments spécifiques avec compteurs à fond blanc, et une série de compteurs plus petits montés à la base de la console centrale, indiquant la température et la pression d’huile, ainsi que le voltage de la batterie. Parmi les options, une climatisation automatique, un airbag passager, un toit ouvrant, et une finition carbone pour la planche de bord et les contre-portes étaient disponibles.

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En série, la RS2 Avant disposait du procon-ten (Programmed Contraction-Tension), un système complexe mais innovant, breveté par Audi au milieu des années 80. En cas d’accident, deux câbles attachés au moteur permettent à la colonne de direction de se rétracter loin du conducteur et aux ceintures de se tendre. Celui-ci était tellement efficace, qu’Audi n’a longtemps pas monté d’airbags sur ses voitures – bien qu’ici, ils soient disponibles gratuitement, sous la forme d’une option alternative.

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Malgré un prix de base de 98 900 DM, la RS2 eut un succès considérable dans toute l’Europe. La production initiale devait être limitée à 2 200 exemplaires, mais la demande était si forte que 2 909 RS2 Avant furent finalement assemblés sur les lignes de l’usine Porsche de Stuttgart, jusqu’en juillet 1995.

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Porsche avait annoncé son intention d’assembler des voitures pour d’autres constructeurs en 1989, et débuta avec la production de la Mercedes-Benz 500E l’année suivante – sous la forme d’un contrat de sous-traitance. Avec Audi, Porsche a choisi une approche différence, en créant une joint-venture appelée Arge, permettant à Audi et à Porsche de se partager les bénéfices engendrés par la RS2.

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Le succès de la RS2 persuada Audi de créer une véritable ligne de modèles destinés à concurrencer les Mercedes préparées par AMG et la division M de BMW. Sa descendante, la RS4, fit son apparition en 1999 avec un V6 bi-turbo de 375 ch.

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Ce tour d’horizon serait incomplet si nous ne mentionnions pas l’existence de deux RS2 berlines, assemblées dans le courant des années 90. Ces prototypes expérimentaux n’ont jamais été prévus pour une mise en production, et il faudra attendre la RS6 de 2002 pour que le label se décline autrement qu’en break.