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Rompant la monoculture Elise, l’Evora fut celle que les amateurs de Lotus attendaient avec impatience comme héritière de l’Esprit, avant d’être déçus par une motorisation bien trop modeste. Maggy soit louée, voici enfin la version S à compresseur, destinées à remettre les pendules à l’heure.

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On doit vous l’avouer, l’Evora est déjà une vieille connaissance, car nous le Blenheim Gang l’a déjà essayée ce printemps, en même temps que l’Elise. Comme nous sommes fainéants, nous avons un peu tardé à vous faire partager cette expérience. Il est temps maintenant de corriger notre paresse, et de faire d’une pierre deux coups.

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Lorsqu’on la découvre pour la première fois, l’Evora est une révélation ; oubliez toutes les photos, elles ne lui rendent pas justice. Si son avant est assez peu expressif, malgré des angles très agressifs, c’est sa poupe qui fait chavirer tous les amateurs de joli dessin automobile : large, puissante, voluptueuse, elle rend la GT de Lotus terriblement sensuelle. Si la Nissan Cube se revendique officiellement inspirée du fessier rebondi de Jennifer Lopez, l’Evora peut définitivement se targuer de l’héritage callipyge d’Ursula Andress (elle en a d’ailleurs aussi le regard acéré). Il faut en faire le tour, et admirer les jeux de ses formes, comment la lumière rebondit dessus, et comment les angles des vitres et autres ouvrants interagissent ensemble. Aucune image ne rend justice à cette poupe que l’on a presque envie de frôler d’une main coupable, et qui provoque immanquablement une furieuse envie de passer à l’acte.

On en oublierait presque une autre ligne forte de cette carrosserie, ce brutal coup de gouge, qui part du bas de l’aile avant, pour remonter au creux de ses reins avant d’obliquer nettement vers le bas de généreuses hanches. Tel un corset, il compresse le bassin de l’Evora façon taille de guêpe en une ligne que les experts du style automobile qualifieront de « bouteille de Coca-Cola » – et que ne renierait pas Larry Shinoda.

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À bord c’est toujours la même sensualité qui prévaut. La planche de bord ne ressemble à rien de connu, si ce n’est celle de la première Lotus Elite – qui reprenait, elle, le dessin du profil de sa carrosserie, ce qui n’est pas le cas ici. Aluminium, et cuir rouge au programme, loin de la sobriété toute noire d’une Porsche Cayenne/Boxster par exemple… Les compteurs sont tout petits, ce qui n’est pas innocent : leur forme les rend parfaitement visible derrière le volant à peine plus grand. Tout cela est beau, et très personnel, mais les premiers doutes apparaissent : la qualité semble en retrait, et on a l’impression que tout cela ne tiendra pas longtemps en place…

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