Un samedi après midi de juillet. Encore un week-end qui reprend des habitudes virant au réflexe : de vieux copains, Grenoble et des « histoires de bagnole ». Nous sommes au circuit du Laquais, profitant avec indolence d’un bel après-midi. L’un fait des tours de manège avec l’Elise tandis qu’avec l’autre nous observons ici une Ford Capri très vitaminée, là une Formule Renault qui poursuit le plaisir de la ligne droite jusqu’au fond du bac à graviers. La nuit a été courte, l’ennui est proche et la chaleur est accablante. Il me fait alors remarquer que je n’ai toujours pris le volant de sa fraichement acquise E21. Quelle plus belle porte de sortie ?

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Nous voici donc, un peu plus tard, devant le box qui abritait il y a un an l’intimidante 599. Mêmes néons blafards, même béton défraichi, mêmes portes anonymes, rien n’a changé. Je souris alors en me rappelant comment la BMW est arrivée là. Il y a deux ans au cours de nos éternelles discussions « de bagnoles » je déclarais tout de go à son propriétaire vouloir une E21 : « de toute façon j’en veux une depuis que je suis petit ». Je dis toujours ça pour justifier une nouvelle lubie improbable. Le sharknose, le coup de crayon de Paul Bracq, la filiation directe avec les délirantes Groupe V, il m’en fallait une, tout de suite, c’était évident. Il m’avait alors considéré avec la précaution qui s’impose à chaque nouvelle (mauvaise) idée, et s’était contenté de répondre poliment qu’il avait une Saab 900 en tête. L’année suivante, il me refourguait son ennuyeuse 900, et nous voici, encore un an plus tard, devant l’E21. Amusant retournement de situation.

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Le grincement strident de la porte de garage me tire de cette rêverie. L’obscurité quasi complète ne dévoile que quelques détails mais déjà je distingue les feux avant asymétriques, le bouclier avant Alpina, véritable placard, et la teinte « Zypressengrün metall ». L’auto étant assez menue j’en fais le tour avant même qu’elle n’ait démarré, détaillant les jantes Alpina, la teinte immaculée, l’intérieur impeccable. Le garçon est du genre maniaque, non content d’en avoir acheté une parfaite, il l’a tout même envoyé en carrosserie pour la reprendre de fond en comble. Dans la vie il y a les autos propres, les autos en état concours, et les siennes.

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