LE COL DE SARENNE

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Haut lieu du cyclisme s’il en est, la montée de l’Alpe d’Huez est souvent citée parmi les plus belles routes alpines. Si vous voulez notre avis, cette large route toute en épingles n’a aucun intérêt, à moins d’avoir une passion cachée pour l’art des fans de vélo, à savoir la calligraphie sur bitume. Quoique : une fois arrivé à l’horrible station de ski (pléonasme), s’ouvre à vous l’une des plus belles et plus sauvages route des Alpes : celle du Col de Sarenne.

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La station de l’Alpe d’Huez n’est pas un cul de sac : après elle la route monte encore, mais bien peu le savent… Il faut vous diriger vers l’altiport et continuer tout droit. Oui, ce fin ruban d’asphalte complétement défoncé est bien une route. Une route pastorale pour être précis – ce qui signifie entre autres qu’elle est limitée à 20km/h et que les camping-cars – oh joie – y sont interdits. De toute façon il est fort probable que vous n’y croisiez personne, mis à part quelques marmottes. Blague à part, l’endroit un véritable sanctuaire naturel, et si cela justifie une visite, nous ne pouvons que vous inciter à vous comporter avec le respect qu’il incombe en pareil lieu. Tenez vous bien : pas de bruit, pas de pollution, et pas d’excès de vitesse – les fossés destinés à évacuer l’eau de la fonte des neiges, qui traversent régulièrement la route, comme les pierres qui la constellent, devraient vous en empêcher de toute façon.

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Après quelques pâturages le paysage devient progressivement plus sauvage et les reliefs plus marqués. Tout semble avoir été figé dans le temps et l’impression d’avoir été projeté à une époque précédant l’invasion du béton dans les Alpes est tenace. C’est magnifique, d’autant plus que l’endroit est désert, et qu’un arrêt vous permetra d’expérimenter une sensation rare : celle du silence.

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Après le col, à 1999m d’altitude, c’est la descente. Tortueuse, étroite, bosselée et constellée de pierres. L’endroit est raisonnablement dangereux. Les panoramas sont à couper le souffle. C’est un de mes endroits préféré dans les Alpes.

La route se poursuit jusqu’à la civilisation, que l’on retrouve au Lac de Chambon. Au stop il convient de tourner à droite, pour s’engager sur le barrage.

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L’aventure pourrait s’arrêter là, mais il y a encore tant à découvrir… Au premier village, Le Fresnay d’Oisans, tourner à droite sur la D211A, en direction d’Auris en Oisans. La route prend progressivement de l’altitude et soudan c’est le choc : vous voici en corniche, avec une vue plongeante sur La Romanche, puis Bourg d’Oisans. Impressionnant, terrifiant, superbe.

Après quelques kilomètres à couper le souffle, vois voici revenus sur la grande montée de l’Alpe d’Huez. À vous de choisir : remonter vers la station, ou redescendre dans la vallée et discuter EPO dans un des restaurants grouillants de cyclistes de Bourg d’Oisans. Bonne chance !

Comment vous y rendre ?

Il faut monter d’abord à l’Alpe d’Huez, vous l’aurez compris. Si la route principale vous ennuie, vous pouvez en court-circuiter une bonne moitié en vous rendant d’abord au Lac du Verney puis en vous rendant à Huez en empruntant les D44B et 211B via Villard Reculas.

La voiture parfaite : Tesla Roadster

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Puisque la nature est particulièrement fragile au Col de Sarenne, et que les marmottes ont deja suffisamment de problèmes de reproduction avant même d’être stressées par le bruit des moteurs, nous ne pouvons que vous recommander un véhicule électrique (avec suffisamment d’autonomie pour faire la boucle). Seule possibilité : une Tesla Roadster – en faisant attention de ne pas racler les spoilers sur les innombrables gués de la route.

Attention !

Le Tour de France 2013 passera par là, et il est fort probable que la route soit irrémédiablement défigurée par des travaux de sécurité, et le site massacré par des centaines de milliers de badauds… Plus d’informations ici.