FILS, TU SERAS PILOTE : LA FORMULE 1 EN FAMILLE

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Existe-il un gène du pilotage ? Depuis les années 1990 – et même si le phénomène existait déjà plus discrètement avant – nombreux sont les fils de pilotes de Formule 1 à venir marcher sur les traces de leurs géniteurs. Fils à papa ou talents purs ? Faisons le tri !

GRAHAM & DAMON HILL : LA DYNASTIE

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Ils ont été Champions du Monde de Formule 1 tous les deux, et ce sont bien les seuls.

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Pourtant les Hill n’ont rien de graines de champions : arrivés en F1 sur le tard (à 29 ans pour Graham et 32 pour Hill !) ils doivent leur succès bien plus à leur opiniâtreté qu’à leur talent pur, face à des pilotes bien plus doués (Clark ou Schumacher). Pourtant, ils sont devenus des légendes de leur époque et les passes d’armes entre Damon et Michael Schumacher sont rentrées dans l’histoire des plus grandes rivalités de la Formule 1.

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Graham ne voulait pas que son fils fasse de sport mécanique, et est mort dans un accident d’avion quand Damon avait 15 ans. C’est-à-dire 17 ans avant qu’il ne pose ses fesses dans le baquet d’une Brabham calamiteuse.

LES HÉRITIERS

Leurs parents étaient des cadors, ils ont fait mieux que de les égaler.

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En pôle position pour son tout premier GP, vice-champion du monde au terme de sa première saison et champion l’année suivante : Jacques a hérité du talent pur de son père – et heureusement pas celui de son oncle, Jacques Sr, qui n’a pas réussi à se qualifier aux trois GP auxquels il tenta de participer. Considéré par beaucoup de pilotes comme le dernier des “grands”, Gilles ne sera jamais champion : fauché en pleine gloire, il meurt en qualification du GP de Belgique 1982 – Jacques avait 11 ans.

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Lorsqu’il est mort, je suis devenu l’homme de la famille, c’est ce qui m’a donné cette force qui a fait de moi le pilote que je suis devenu […] c’est triste à dire, mais son décès m’a été bénéfique

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Il n’est pas encore Champion du Monde, et ne le sera peut-être jamais, même s’il est clairement en position de le devenir en ce moment. Quoi qu’il en soit, à ce détail près, Nico a déjà un palmarès bien plus conséquent (et une carrière déjà bien plus longue) que son épicier de paternel, qui remporta le titre 1982 avec une seule victoire devant un Didier Pironi qui faillit se faire amputer des deux jambes dans sa voiture à 5 courses de la fin de la saison.

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Managé par son père jusqu’en 2008, Nico a piloté en Formule BMW Adac et en F1 pour le Team Rosberg, dirigé par papa. “Mon père et mon nom ont rendu les choses un peu plus faciles pour moi“. Tu l’as dit.

LES ENFANTS GATÉS

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Papa était une légende, mais qui se souvient que le fiston pilotait aussi en F1 ?

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Deux pour le prix d’un ! David passera une saison 1990 de non-qualifications et d’abandons dans l’écurie qui portait son nom, alors que Gary se débattait la même saison chez Life, sans jamais réussir à se qualifier. Gary passera à autre chose, et David se retrouvera chez Simtek en 1994, l’année du décès de son coéquipier Roland Ratzenberger. Le troisième frangin, Geoff, ne tâtera jamais de la F1, mais remporta les 24h du Mans sur Peugeot 905 en 1993. Après deux victoires en GT1 sur Aston-Martin, David en fera de même sur 908 en 2009, prouvant que, tout de même, les Brabham n’étaient pas des manches.

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Même si le grand Jack n’avait plus rien à voir avec l’écurie de Formule 1 qui portait son nom, s’appeler Brabham a dû aider David à l’intégrer (Gary était sur le coup également), et les deux frérots sont tout de même passés par la case du Jack Brabham Racing en F3 – cette fois avec papa aux commandes. Un papa qui était actionnaire de Simtek en 1994. Ah oui, tout de même.

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On peut être champion d’Indy Car et ne rien avoir à faire en F1. Le pauvre Michael s’est non seulement retrouvé coéquipier d’Ayrton Senna en 1993, dans une McLaren extrêmement plus complexe que sa monoplace américaine, mais il devait également composer avec la concurrence interne d’un certain Mika Häkkinen. Sa seule performance sera une 3e place… à un tour du leader. Certains ont dit qu’il préférait abandonner les séances d’essai au Finlandais pour s’occuper de sa famille ; son fils, lui, affirme que les ingénieurs de McLaren sabotaient volontairement les réglages de la suspension active en virages pour l’envoyer à la faute, et anticiper ainsi son remplacement par Mika. Ce qui arrivera après 13 courses – une bonne idée.

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C’est avant tout son titre en Indy Car qui lui ouvrit les portes de la F1. Avec 42 victoires, il est l’une des légendes de la franchise américaine, tout comme son père, avec lequel il fit souvent équipe.

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Imposé à l’âge de 34 ans (un record dans la F1 moderne) à Lotus par Honda, “Nakajap” restera comme le premier pilote japonais à participer à une saison complète de Formule 1, et comme le pilote le plus sympa de la discipline. Imposé à Williams par Toyota pour 3 saisons (dont une comme pilote de réserve), son fils ne laissa par contre aucun souvenir.

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En choisissant Toyota plutôt que Honda, Kazuki a clairement fait le choix de voler de ses propres ailes.

LES BONS FISTONS

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Il faut l’avouer, leur papa n’étaient pas des flèches. À eux la lourde tâche de redorer le blason familial.

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Vu comme ça, les stats de Hans-Joachim enterrent celles de son père. C’est oublier un peu vite que celui-ci avait la cinquantaine lors de ses quelques GP disputés entre 1951 et 53, et qu’il était une légende des courses de côte et des Grand Prix d’avant-guerre, où il pilotait les surpuissantes Auto-Union conçues par Ferdinand Porsche. Quant au fiston, s’il était trop grand pour être à l’aise dans une F1, il remportera par deux fois les 24h du Mans, et à trois reprises les 24h du Nürburgring. Des patrons.

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Instructeur sur le Nürburgring après-guerre, Hans apprit les secrets de cette piste à son fils. Ce qui lui fut visiblement utile.

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Non, Christian n’est pas le fils du légendaire Emerson, mais de son grand-frère, Wilson Jr, dont la carrière en Formule 1 n’était pas des plus brillante. Alors, vu sous cet angle, les 12 points qu’il réussit à glaner durant trois saisons chez Minardi prennent une autre saveur. Et il reste le seul pilote à avoir passé une ligne d’arrivée en backflip (San Marin, 1993). Depuis, il a remporté à deux reprises les 24h de Daytona, ainsi que les 24h de Spa.

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Managé par papa depuis 1998.

MAGNUSSEN

Il faut avoir un sacré cran pour arriver en Formule 1 à 22 ans, chez McLaren, après avoir battu le record de victoires en F3 anglaise d’Ayrton Senna. Sauf qu’il ne s’agira que d’une pige pour remplacer un Mika Häkkinen victime d’une appendicite. Après une saison médiocre en CART, celui qu’on présentait encore comme un génie, revient en F1 dans l’écurie qui le fit briller en F3, Stewart Ford. Pour ne marquer qu’un point en une saison et demi, malgré les leçons de pilotages que Jackie Stewart essaya de lui inculquer personnellement. Arrivé en Formule 1 à 21 ans chez McLaren, Kevin commencera sa carrière par un podium  (seconde position), avant de passer le reste de la saison à zigzaguer devant tout le monde. La dernière fois qu’on l’a vu en F1, il remplaçait un Fernando Alonso, victime d’une rondenite.

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On disait que Kevin est le fils de Jan Magnussen, mais désormais, c’est moi qui suis devenu le père de Kevin Magnussen“.

VESRTAPPEN

Arrivé en Formule 1 après des essais fracassants qui en firent un pilote convoité par quasiment toutes les écuries du plateau, Joss “the boss” se retrouva coéquipier de Michael Schumacher chez Benetton en 1994 pour sa première et meilleure saison – qui le vit monter à deux reprises sur la troisième marche du podium, et faire quelques belles bourdes, ou encore transformé en torche humaine par ses mécanos. Le reste de sa carrière est un long calvaire dans toutes les plus mauvaises écuries possibles et imaginables. Plus jeune pilote de l’histoire de la F1 (17 ans et 180 jours), Max est déjà entré à deux reprises dans les points avec sa modeste Toro Rosso, et fait taire par la même occasion les bavardages sur son âge. Le boss, désormais, c’est lui.

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Vous avez déjà vu Max Verstappen sans Jos à moins de 10 mètres ?

LES IDIOTS

Avoir un nom, c’est bien, avoir un cerveau, c’est mieux.

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Tout semblait bien parti pour le fils du Champion du Monde 1979 : il commença par battre tous les records de Mika Häkkinnen, Rubens Barichello et David Coulthard en Formule Opel, avant de réussir à gagner une course dans une saison de Formule Nissan archi-dominée par Fernando Alonso. Quelques années plus tard le voici engagé comme 3e pilote Jaguar en F1, un évènement qu’il pensa sans doute opportun de célébrer avec une prostituée de Milton Keynes. Viré avant même le début de la saison, c’est bien la dernière fois qu’on entendit parler de lui.

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Jody suivait de près les débuts de ses deux fils, Toby et Tomas, dans les années 1990. “Ça été le pire moment. Je me suis retrouvé dans les paddocks à bidouiller des rapports de boîte et à nettoyer des pneus, comme je le faisais 30 ans plus tôt. Quand on pilote, on peut toujours piloter plus agressivement, mais avec Toby et Tomas j’ai toujours su que je ne pourrais rien faire d’utile, bien que j’ai aidé Tomas avec la mécanique“. Il aurait mieux fait de l’aider avec les filles.

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“Durant le GP de Singapour 2008, M. Flavio Briatore, qui est à la fois mon manageur et le directeur de Renault F1 Team, et Pat Symonds, directeur technique de l’écurie, m’ont demandé d’avoir un accident afin de favoriser les performances de F1 Renault. J’ai accepté cette proposition de heurter le mur et d’avoir un accident entre les tours 13 et 14 de la course […] J’étais dans un état d’esprit émotionnellement très fragile, à cause d’un stress intense, car M. Briatore avait refusé de m’informer si mon contrat de pilote serait renouvelé ou non l’année suivante.” Le crash-gate aura ruiné la carrière de Nelson Piquet Jr. en F1 et aurait été révélé par un papa – qui ne traînait jamais bien loin  – qui comptait l’utiliser comme élément de chantage afin de faire continuer la carrière d’un fiston moyennement doué chez Renault. D’après certains témoins, c’est Piquet Jr lui-même qui aurait eu l’idée de percuter le mur. Idiots de père en fils.

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Pour lancer la carrière de son fils, Nelson créa l’écurie de F3 Piquet Sports. Merci qui ?

…ET LES AUTRES

parnell

PILETTE

winkelhock

DE-VILLOTA