FORD MUSTANG SHELBY GT500

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Conduire sur circuit, régulièrement, est l’une des plus grande joies, mais aussi l’une des plus grande frustrations du métier de journaliste automobile. J’ai eu la chance de pouvoir rouler sur une vingtaine de tracés européens, des circuits d’essais de constructeurs aux circuits de F1 les plus mythiques, en passant par les innombrables pistes espagnoles, toujours ensoleillées. Pourtant je ne garde pas un souvenir indélébile de chacune de ces expériences. Pour être exact, j’ai oublié la plupart de ces moments censés être gravés dans ma mémoire d’amoureux des lieux d’histoire(s) automobile.

« Soudainement mon cerveau débloque. D’un coup mon champ de vision se rétrécit et tout l’univers semble trembler autour de la voiture, alors que le dossier de mon siège continue à me propulser toujours plus vite de l’avant. C’est au même terrifiant moment que la piste décide de progressivement obliquer vers la droite et le virage aveugle de Paddock Hill.»

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Estoril ? Un vague souvenir du tire-bouchon, rien de plus. Le Mugello ? Des virages dans tous les sens, je crois. Magny-Cours ? Le paysage est moche. Pourquoi une telle amnésie ? Parce que ces expériences sont trop confuses. Les journalistes automobiles sont une espèce grégaire qui se déplace généralement par meute d’une vingtaine d’individus grincheux qui se caractérisent par une impatience chronique et une propension permanente à la surconduite. Résultat, les sessions sur circuit qu’on leur propose sont réduites au strict minimum, généralement pas plus de 3 à 5 tours.

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De quoi donc est-ce que je me plains ? Certains dépensent des centaines d’Euros pour parcourir 5 boucles des circuits les plus minables de l’hexagone au volant de GT vieillissantes, rincées jusqu’à la moelle. Et ils en ressortent avec le sourire d’une oreille à l’autre, et des souvenirs à raconter jusqu’à leur dernier souffle. Soit. Mais l’expérience est-elle objectivement aussi intéressante que ça ? 5 tours, c’est juste suffisant pour se faire une image mentale d’un circuit, c’est à dire en retenir à peu près l’enchainement des virages. Du moins dans quel sens ils tournent, ne parlons pas à ce stade de repères de freinages – dans le cas où aucune âme charitable ait pensé à disposer quelques cônes à cet effet. Ajoutez à cela que l’on vient de vous installer à bord d’une voiture que vous ne connaissez pas, qu’il faut en appréhender les transferts de masses, réactions au freinage et à la ré-accélération, entre autres paramètres indispensables à une expérience de conduite rapide sur piste. 5 tours ? Si vous vous êtes concentrés sur la mémorisation du tracé, vous retiendrez peut-être avec un peu de chance le bruit du moteur et que la palette pour monter les rapports est à droite du volant. Et le lendemain, vous aurez de toute façon tout oublié.

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