LAMBORGHINI URRACO : LA VIE EN JAUNE

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Notre correspondant milanais s’offre un 5 à 7 avec une italienne torride.

Produite entre le 1970 et 1979, la Lamborghini Urraco a pendant des années été injustement sous-évaluée. Son coût modeste – en comparaison aux autres modèles de la gamme qu’étaient la Countach ou la Miura – lui donna le surnom Outre-Atlantique de « workingman Lambo ».

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La petite Urraco était propulsée par un V8 2 463 cm³ à 4 carburateurs Webers double-corps et ses concurrentes étaient la Ferrari Dino 308 GT4 ou la Maserati Merak. Elle avait d’ailleurs beaucoup en commun avec la Ferrari, à commencer par un design signé Gandini dans les deux cas (les deux voitures sont issues du même prototype Bertone), ainsi que la configuration 2+2, l’architecture à moteur central, et un châssis en treillis avec suspension indépendante à double triangulation. L’exemplaire dans lequel je suis sur le point de monter appartient à un collectionneur milanais, qui en est le 3e propriétaire. Cette Urraco de 1971 est dans un état impeccable. « Elle m’a trouvée, témoigne-t-il pendant qu’il retire le tissu qui la protège, j’aime la ligne, et le charme de son époque ». Wow, mais qu’est-ce qu’elle est jaune !

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Au total, Laborghini a produit 520 exemplaire de l’Urraco 250. La version 300, avec un V8 de 2 996 cm³ est plus rare – 205 exemplaires. Encore plus rare, mais bien moins recherchée, l’Urraco P200 se contentait, à des fins fiscales, d’un moteur de seulement 1 994 cm³ ; il n’en fut produit que 66 exemplaires.

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« L’Urraco et la Dino sont les petites sœurs des modèles V12 que les constructeurs italiens produisaient à l’époque, mais leur rage et leur style ne sont pas au rabais » explique la propriétaire pendant que nous montons à bord. Le V8 rugit à quelques centimètres derrière ma tête, séparé par une simple vitre et éclairé par une petite lampe. L’instrumentation Jaeger est illuminée d’un vert diabolique. Ce n’est pas encore l’aube, et les rues de Milan sont désertes. Nous filons à vive allure. Le bruit métallique du moteur à bas régime se transforme en un entêtant hurlement dans les tours. Les changements de rapports demandent de la poigne. C’est une machine d’homme qui ne se laisse mener qu’avec force.

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« C’est une voiture très précise, et équilibrée à l’accélération, me confie son propriétaire, mais elle souffre de sous-virage. Elle danse un peu sur son essieu avant, sans doute à cause de la répartition des masses sur l’arrière. » Dans une courbe en S prise à haute vitesse, je prend pleinement conscience de ce problème. Un sentiment pas exactement rassurant ; mais la vie en jaune mérite d’être vécue.

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