LE CAP NORD EN SUBARU FORESTER #2

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Lors du premier épisode, nous nous sommes arrêtés à Bodø, à une latitude déjà supérieure à celle de l’Islande. Mais le Cap Nord est encore plus haut, à quelque 1 500 km. C’est à partir de ce moment que le temps change du tout au tout, d’une météo extrêmement clémente qui nous avait offert le passage du cercle polaire avec une température de plus de 25°C, elle se transforme pour laisser place à de la pluie et du vent, sans discontinuer, ou presque.

Les Iles Lofoten et Vesterälen

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Pour économiser 700 km de route, nous avons décidé d’emprunter un ferry entre Bodø et Moskenes (pointe Ouest des îles), la traversée dure 4 heures, mais le temps et la visibilité sont tellement mauvais que le capitaine nous offre un petit tour supplémentaire : le bateau a tellement dérivé qu’il a loupé l’entrée du port. Le débarquement se fait à la tombée de la nuit, sous une pluie battante, dans une ambiance de fin du monde.
C’est à partir de là que nous commençons la découverte de l’archipel. Malgré la pluie, les paysages sont fous, et il y a juste la place entre les falaises et la mer pour une route qui zigzague au gré de la roche et de l’eau. Et quand l’espace manque vraiment pour l’asphalte, le génie civil intervient avec grâce. Notre chemin est ponctué de nombreux petits ports de pêche avec leur lot de maisons rouges sur pilotis et de séchoirs à morue, tout cela sur un fond composé de nuages accrochés aux impressionnantes falaises.

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En s’éloignant de la pointe Ouest, les paysages sont de moins en moins durs, et à notre grande surprise, nous découvrons même de nombreuses plages de sable blanc-gris avec des eaux turquoise. À plusieurs occasions, nous suivrons des petites routes de terre ou de roche sur de nombreux kilomètres pour nous perdre au milieu de nulle part afin d’apprécier encore plus les paysages qui nous sont offerts.

De Narvik à Tromsø

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Nous retombons sur une route plus continentale, avec de grandes lignes droites au milieu d’immenses forêts. Souvent, la chaussée suit le lit d’un fleuve ou d’une rivière. Là encore, le génie civil norvégien est très présent ; il y a toujours un fjord à traverser pour diminuer les distances entre les villes.

De Tromsø à Hammerfest, via Alta

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De nouveau au contact de l’eau, la route longe les fjords, la cote est moins déchiquetée et donc la route est beaucoup moins torturée, plus large et plus roulante. Trop ? C’est ici que nous faisons la rencontre avec les forces de l’ordre locales. 21 km/h au-dessus de la vitesse autorisée : la sanction est sans appel et le tarif est exorbitant. Passé Alta, la route s’éloigne de la cote pour cheminer sur des plateaux. Fini les virages, la route est rectiligne à perte de vue, dans ces vastes prairies propices à l’élevage de rennes. La météo n’étant toujours pas très favorable, les kilomètres s’enchaînent et les pauses se font rare.

Dernière ligne droite jusqu’au Cap Nord

Malgré le climat extrême hivernal, le revêtement est bon et la route est agréable, avec des grandes courbes le long de la mer et des passages de cols aux virages plus serrés. Volant en mains, c’est un régal, d’autant plus que la route est déserte. Les paysages sont sublimes, presque lunaires, hormis les herbes basses et la mousse dont les rennes raffolent. Il y a qu’une seule route pour aller au Cap, et tant mieux car c’est un plaisir que de la faire en sens inverse !

Retour par la Suède

Le plus intense est passé, le retour se fera par la Suède, car il est temps de tirer au plus court. Après ce que nous avons vu en Norvège, la route paraît beaucoup moins intéressante, presque lassante. Mais les paysages sont toujours aussi beaux, avec des traversées de forêts d’épicéas et de boulots, des zones de plaine avec des nombreux lacs et la mer n’est jamais loin. Pour casser la monotonie à la hauteur de Sundsvall, nous nous rapprochons de la cote pour faire une cinquantaine de kilomètres de piste, très bon moment que de faire des chemins en graviers avec la Forester. Puis c’est le dur retour à la réalité à l’approche de Stockholm, place aux grandes et larges autoroutes, à la civilisation et aux bouchons…