LE COL DU PETIT ST-BERNARD

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Il y a bien des façons de se rendre en Italie. On peut prendre l’avion, ou le train, certes, mais ce n’est pas ici la question. En voiture, le réflexe le plus usuel et de couper à travers le massif alpin via le tunnel du Frejus ou celui du Mt Blanc… Mais pour plus de romantisme automobile, passer par les cols est sans égal. Comme par exemple par le Petit Saint-Bernard qui permet de relier la Tarentaise à la vallée d’Aoste.

La route

Elle débute à la sortie de Bourg Saint-Maurice, où l’on laissera sur la droite la route qui mène à Val d’Isère et le col de l’Iséran (qui rejoint ensuite le Mont Cenis, une autre façon de relier l’Italie), et il faut avouer que les 20 premiers kilomètres ne sont pas palpitants Il suffit de jeter un œil à la carte Michelin jaune pour voir que ce serpentin dense n’y occupe gère plus de deux centimètres : au programme épingles, épingles et encore épingles. Ad nauseam. Mais si vous aimez cela, la chaussée est large et permet quelques excentricités. Les autres profiteront des spectaculaires vues sur la vallée de l’Isère.

Une fois atteint la station de ski de La Rosière 1850, la route prend une autre physionomie, puisqu’il lui faudra 8 km pour grimper les quelque 200 m d’altitude restant avant le sommet du col. Vous voilà désormais au creux d’une haute vallée où vous serpentez rapidement vers la frontière. Les paysages ? Grandioses. Et le plaisir de conduite est là à son paroxysme alors qu’on attaque à vive allure, d’une corde à l’autre, l’asphalte bosselé.

Le sommet de cette douce montée se dévoile de façon assez théâtrale. C’est d’abord un imposant et austère hospice dédié à St-Bernard, accompagné d’une haute sculpture du bonhomme, qui apparaît. Les chiens du même nom étaient élevés ici, ainsi qu’au Grand St-Bernard, de l’autre côté de la vallée d’Aoste.

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Puis quelques centaines de mètres plus loin c’est le col en lui-même, qui forme a frontière entre la France et l’Italie. Il en reste une adorable petite guérite en pierre au centre de la chaussée, qui ferait un décor parfait pour un film des années 1960. Il y a là bien des souvenirs à acheter pour le gogo de passage, et surtout un bar pour se désaltérer si on n’a que faire de son douteux nom de “Lancebranlette” – c’est celui de la montagne du coin.

Comme souvent, le passage de la frontière s’accompagne d’un brutal changement de la physionomie de la route. Après le col, la chaussée est plus étroite, mais également de meilleure qualité. la D1080 laisse a place à la S26, qui descend en un véritable toboggan d’asphalte sur 23 km jusqu’à Pré St-Didier. Pas très italien ce nom ? C’est la surprise pour celui qui ne le sait pas : la vallée d’Aoste est francophone, et on ne croise que peu de village à la consonance transalpine. Cette redescente vers le plancher des vaches et là encore un vrai plaisir, à condition de se méfier des quelques cyclistes et randonneurs.  Une fois arrivé, vous avez le choix de revenir en France via Courmayeur et le tunnel du Mont-Blanc pour rejoindre Chamonix à 27 km, ou poursuivre en Italie en suivant la vallée vers la jolie ville d’Aoste (à 33 km), d’où vous pourrez rejoindre la Suisse vers un autre col du St-Bernard, le grand cette fois.

https://www.youtube.com/watch?v=ePPRrYbfSmg?start=320

Comment vous y rendre ?

On l’a vu : par Bourg Saint-Maurice pour attaquer le versant français via Lyon, Chambéry et Albertville. Pour commencer par le versant italien, le plus rapide est de rejoindre le tunnel du Mt-Blanc par l’autoroute reliant Genève à Chamonix.

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