MARTIN & LANCIA FULVIA 1.3 S

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Les Blenheim Drivers ont tout compris : ils roulent au quotidien dans des voitures qui mélangent style et coolitude totale. Bref, ils ont le Blenheim Factor. Nous les rencontrons pour une interview embarquée à bord de leur bolide.
Driver : Martin Perraud, co-fondateur de Peachr et Directeur associé du studio N____. Voiture : Lancia Fulvia 1.3 S ’72. Lieu : Paris XVIII

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Quelle est l’histoire de ta voiture ?

Je suis tombé nez a nez avec une Lancia Fulvia, une Série 2 identique, bleue nuit dans la rue et je l’ai trouvée sublime. Un vrai coup de foudre. Alors, j’ai commencé à regarder les annonces et réalisé que ce n’était pas si cher. Elle fait partie de ces voitures dont les magazines spécialisés évoquent la fiabilité légendaire, je ne voulais pas d’une voiture qui ne démarre pas le matin, mais de quelque chose d’utilisable au quotidien.
Sur le bon coin je suis tombé sur une 1.3 S Série 2 customisée faussement course, mais il fallait l’emmener sur un plateau. Puis une autre, dans le nord de l’Italie, dans un bleu très 60’s que j’adore. J’étais à deux doigts de la prendre, mais elle avait de la rouille, et puis acheter une voiture en Itailie c’est une galère administrative. On me demandait un certificat prouvant que je résidais dans le pays, alors que je vis à Paris…
Puis un jour, je suis tombé sur l’annonce de cette voiture, très documentée. Elle était à 6500 €. J’appelle le mec, sympa, et je finis par lui dire que je viens le lendemain…. Elle était à Montpezas. Je prends le TGV, essaye la voiture ; elle ne freinait pas, le ralenti ne tenait pas, mais dans l’ensemble ça allait. OK, je la prends.
Direction le Périgord, à son volant, pour aller chez mes parents, qui n’étaient absolument pas au courant, leur faire la surprise. Ils m’ont pris pour un fou. C’était l’été, il faisait chaud. Les freins se bloquaient à cause des pistons qui serraient. C’est arrivé alors que j’étais avec ma mère, en rase campagne. On n’avait pas de portable, et nous étions bloqués, la voiture ne voulait rien savoir. Ma mère a eu un fou rire, puis est allé chercher de l’aide. J’attendais à côté de la Fulvia. Soudain j’entends un bruit métallique, « ping », et je vois la voiture qui commence à descendre la pente… Il a fallu que je courre après et ouvre la porte, pour la récupérer !

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Tu en fais quel usage ?

Je l’utilise tous les week-ends. Le dimanche, parce que le samedi, il y a trop de monde et ça ne m’ammuse pas. Je vais souvent au Touquet avec, l’arrière pays est super beau, c’est très agréable pour conduire. Avec ma femme, on a fait un rallye du club avec…

Avant la Fulvia, qu’avais-tu comme voitures ?

Ma première voiture était une Dyane 6. Un kiff à 700 € pour avoir un truc marrant à la campagne. J’ai eu aussi une Fiat 126 qui ne fonctionnait pas. Je l’ai gardé environ un mois. Elle était super drôle, mais le jour où elle est tombée en panne dans un parking alors que j’étais avec mon bébé a été décisif. Tu comprends que ce n’est pas la voiture qu’il te faut. C’est tout petit, c’est marrant, ça vibre de partout, mais en fait, non.

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Ta prochaine voiture ?

J’aimerai bien avoir une 911. J’économise. Le père d’un ami avait une 356 B, dans un très beau vert. On allait tout le temps à Monthléry aux réunions Porsche. Je me rappelle d’un moment sur circuit en Ruf où j’ai eu la peur de ma vie. Du coup, déjà gosse j’était ultra-porschiste, je les ai toujours aimées, avec une passion particulière pour la 356 – mais ça, c’est pas possible pour le moment.

La voiture de tes rêves ?

Une 356, je pense… Je n’ai pas non plus des rêves inaccessibles !

Ton plus beau souvenir automobile ?

Une 911 Targa des années 1980, pendant les vacances. Je devais avoir 10 ans. Son propriétaire avec un petit côté « loup de Wall Street ». Il m’avait fait faire un tour dans le Luberon. J’avais halluciné. Mon père avait une Lancia Prisma à l’époque – la Maserati Biturbo du pauvre : sans les turbos ! Pour la première fois je réalisais que ça n’avait rien à voir… Une sensation folle.

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Le plus bel endroit pour conduire ?

Chez moi, dans le Perigord. Il y a une route que j’aime bien, un raccourci pour rentrer chez moi, par le lieu dit des Courrichoux. On peut y rouler vite, il y a une belle épingle, et elle longe un champ de tournesols. Juste avant l’été, il y en a des milliers, à perte de vue, c’est super beau. Quand j’arrive là, je sens que je suis en vacances.

Et un endroit où tu rêverais conduire ?

J’aimerai bien aller en Ecosse avec ma femme, avec la Lancia. J’ai toujours eu envie d’y faire un roadtrip. Les paysages ont l’air complêtement dingues, les routes aussi. Et en Islande aussi.

Dernière question : c’est quoi le morceau a écouter dans la Fulvia ?

Nancy Sinatra et Lee Hazlewood, Arkansas Coal. Pas un truc italien, en tout cas !

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Photos : Fabien Breuil
Les photos sont la propriété exclusive de l’auteur Fabien Breuil. En aucun cas elles ne peuvent être utilisées sans la préalable autorisation écrite de l’auteur.