PORSCHE 911 TARGA 4S 991

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Suite à sa présentation au salon de Détroit en janvier, nous avions élu la nouvelle 911 Targa comme l’une des voitures les plus excitantes de ce début d’année. Maintenant qu’elle descend dans la rue, il est plus que temps de confirmer volant en mains.

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Qu’est ce que c’est ?

Faut-il vraiment la présenter ? La Targa c’est la version découvrable de la 911 – une appellation utilisée depuis 1966 pour les carrosseries à toit amovible et arceau fixe des Porsche – qui arrive enfin sur la génération 991 de cette dernière, lancée en 2011.

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Quelle histoire raconte t-elle ?

Si cette 991 Targa nous émeut tant c’est qu’elle ressuscite le « vrai » Targa, celui des 911 des années 1970 et 80 : un large arceau métallique poli, une immense bulle arrière et un panneau de toit amovible. Ce faisant, elle tire un trait sur les tristes Targa des décennies suivantes, simples 911 à grand toit ouvrant en verre et arches longitudinales, au profil totalement dénaturé. Grande nouveauté, tout cela est maintenant électrique, avec une bulle motorisée – hallucinant à voir fonctionner.

Pourquoi cette carrosserie ? Son origine remonte à 1966 : Porsche souhaitait commercialiser une version cabriolet de sa 911, mais soucieuse des normes de sécurité américaines alors très strictes – son principal marché – opta pour une version à arceau, avec une demi-capote arrière, tel un landaulet. La bulle en verre fixe fit son apparition en 1968, et il faudra attendre 1983 et l’assouplissement des normes US pour voir l’apparition d’un vrai cabriolet 911, sonnant le déclin progressif des ventes de la Targa.

En arrivant sur le marché la même année que le grand retour de Porsche aux 24h du Mans, cette nouvelle Targa old school prouve que même en construisant la « même » voiture depuis plus de cinquante ans, il n’est pas inutile d’inoculer une franche piqûre de nostalgie à ses clients.

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À quoi ressemble t-elle ?

« Pour celui qui s’est éveillé à l’automobile dans les années 1980, le souvenir de la Porsche 911 réveille une image mentale qui évoque plus une revue pornographique allemande contemporaine qu’autre chose. Couleur criardes, ailes arrières bonnet F, aileron aussi impudique qu’une vulve poilue débordant d’un maillot une pièce trop évasé, et lingerie à soufflets en guise de pare-chocs. Niveau 8 sur l’échelle de Teresa Orlowski. Pas de chance, depuis la 993, la 911 à abandonné la VHS pour le X numérique et l’épilation intégrale. Bref, elle est devenue chiante. En retrouvant un peu de ses glorieux attributs – l’arceau métallisée et l’immense bulle arrière vitrée – la nouvelle Targa me rappelle brutalement qu’une 911 pouvait encore sentir le sexe. C’était avant de découvrir, ébahi, la cinématique de repliage de sa capote. La voiture la plus bandante de ce début d’année. » C’est ce que nous écrivions en janvier, lors de sa présentation, et notre avis n’a pas changé depuis.

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Comment se conduit t-elle ?

La version Targa 4S est, comme son nom l’indique, équipée de la mécanique de la Carrera 4S, soit 4 roues motrices et moteur 6 cylindres à plat 3,8l de 400 ch. En pratique, cela se traduit par un comportement et des performances d’authentique Grand Tourisme : très rapide, sans jamais être extrême. Rapide au point qu’il est rarissime de passer le 3e rapport sur petites routes, et qu’une fois la boite PDK (manuelle robotisée) verrouillée en mode sport, celle-ci refuse obstinément de passer la seconde en ville. Précise comme toute Porsche, virtuellement impossible à faire décrocher, elle ne se montre pourtant jamais inconfortable et rend les voyages au long cours d’autant plus agréables que la luminosité progresse avec la large surface vitrée de la Targa – sans parler du toit amovible qui permet de rouler à vitesse légale sans se décoiffer.

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Est-elle Blenheim ?

En mélangeant un sex-appeal absolu, une nostalgie savamment dosée, un comportement routier pas loin de la perfection et des performances de premier ordre, cette Targa 4S se pose comme l’une des GT les plus intéressantes du moment. Sa carrosserie excitante en diable tranche avec l’ennui absolu que peut représenter une Carrera grise, et la mener à vive allure, toit ouvert, en devient une expérience d’autant plus plaisante que ses limites restent perceptibles – du moins c’est l’impression que l’on en a –, contrairement aux 911 plus puissantes. Pour nous, la meilleure des 911n et peut-être même des Porsche actuelles. Le coup de cœur de 2014.