RENAULT 5 TURBO

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Qu’est ce qui a bien pu passer par la tête des décideurs de la régie Renault ce jour-là ? S’étaient ils laissées emportés par le délire total que représentait leur nouvelle voiture au point de lâcher totalement prise ? Installer un moteur à la place de la banquette arrière d’une Renault 5 était déjà en soit improbable. Un caprice à mille lieux de ce que l’industrie automobile a pour habitude d’accoucher. Mais ils sont allés plus loin : ce petit moteur était turbocompressé, et la modeste citadine s’offrait une cure de body-building à faire peur à une 911 Turbo Look

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Le prototype du Salon de Paris 1978, reconnaissable à sa carrosserie bicolore.

Le tableau de bord de la R5 n’était ni très beau, ni très sportif. Alors, quitte à tout changer, autant jouer le grand jeu, ont dus se dire ces messieurs de la Régie. Pourtant, lorsque le prototype de la Renault 5 Turbo est apparu au salon de Paris 1978, qui aurait parié que son tableau de bord futuriste dépasserait un jour le stade du concept ?

Renault-5-Gordini

Jusque là, la Renault 5 la plus sportive, la R5 Alpine (et ici sa jumelle anglaise, la R5 Gordini) arborait ce tableau-de bord, dérivé de celui de base.

C’est à Bertone qu’a été confiée la finalisation des lignes de la voiture (initiées par Marc Deschamps, alors chez Renault). À Marcello Gandini, plus précisément, qui ne tardera pas à quitter la maison turinoise. Aussi habile avec les carrosseries qu’avec les planches de bord, celui-ci met un point d’honneur à dessiner celles de ses concept-cars. C’est donc tout naturellement qu’il réalise celle du prototype de 1978… Qui sera déclinée quasiment à l’identique en série. Drôle d’idée vraiment.

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Concept-car de 1978 : rétroviseurs et console centrale non définitifs, et faux boutons sous la planche de bord. Le reste passera tel-quel en série.

Il est vrai que cet habitacle rouge et bleu vif (et inversement, selon la couleur de la voiture) a largement contribué à l’aura de cet OVNI de la route. Si le sièges sont très contemporains, c’est surtout la planche de bord qui surprend. À commencer par un curieux volant asymétrique dont les branches forment un L incliné à 90°. Derrière lui, un bloc rectangulaire massif en plastique gris, cachant une instrumentation très complète dans une série de fûts. Un magnifique exemple de graph design, typique de la fin des années 70 et du début des années 80. Beau comme un RER.

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