ROLLS-ROYCE SILVER CLOUD

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Au BlenheimGang nous aimons bien conduire, c’est un fait. Mais vient un moment où, après avoir passé des heures éreintantes aux mains des sportscar les plus viriles et fougueuses qu’il soit, les héros sont fatigués. C’est alors qu’intervient Jeremy.
Jeremy est un charmant garçon de 53 ans qui a deux grandes passions. La première et plus envahissante consiste a collectionner les portraits de la Reine Elizabeth. Sa chambre vaut le détour, elle en est tapissée. La deuxième plus pratique est de conduire. Jeremy est notre chauffeur attitré.
C’est donc tout naturellement que nous l’appelons pour nous ramener au cottage d’été après une harassante partie de golf en compagnie de deux charmantes auto-stoppeuses croisées sur la route et dont la formation aux rudiments du jeu fut quelque peu mouvementé. N’écoutons que sa passion aveugle Jeremy refusa de se présenter avec la Lagonda Tickford que nous avions désirée, mais avec une bien plus royale Rolls-Royce Silver Cloud, de la première série.

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La Silver Cloud est sans conteste une légende de la marque. Née dans les années 50, elle transporta les plus grand de ce monde jusque dans les années 80, du parolier John Lennon au charismatique négociant de produits exotiques Tony Montana, toutes les personnalités de premier plan l’ont adopté. Pourquoi un si long succès, longtemps après l’arrêt de sa fabrication ? Tout simplement parce qu’il s’agit là de la dernière Rolls-Royce de route à avoir été conçue pour être conduite par un chauffeur. Après elle, et jusqu’à la récente Phantom VII , Rolls-Royce n’a produit que des driver-owner, voitures prolétaires destinées à quelques parvenus snobinards lassés de leur berline teutonne. Et les Phantom V et VI dans tout cela ? Balivernes ! Ces carrosses d’apparat à la grâce lymphatique d’un cachalot obèse échoué sur une plage de Southampton sont tout sauf des automobiles… Mis à part Her Majesty (que Jeremy la protège), quelques roitelets enturbannés, et des garçon dans le vent un brin provocateurs, nul ne souhaiterait se mouvoir dans pareil corbillard avant que le moment ne soit venu.

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De la grâce et de l’élégance, la Silver Cloud en regorge. Sa ligne sculpturale permet de masquer des dimensions proprement hallucinantes. C’est tout simplement la plus grande des « petites » Rolls. Toute la conception hésite entre la tradition ancestrale et la modernité. La carrosserie tout d’abord, avec ce capot interminable, qui parait presque plus long que l’habitacle et qui s’ouvre à l’ancienne, en 2 parties. A l’ancienne pour l’époque il s’entend, c’est a dire comme sur une voiture d’avant guerre. Même archaïsme par en dessous, où se terre un rustique 6 cylindres en ligne au cubage généreux. Encore plus rustique est le châssis cadre sur lequel vient se poser la carrosserie en aluminium. Pour le modernisme la Silver Cloud nous gâte en nous offrant un produit nouveau: une boite automatique, à 4 rapports. Demandez donc à Jeremy ce qu’il en pense, lui qui ne s’est jamais vraiment remis d’avoir agité durant 14 heures sans discontinuer un petit fanion à l’effigie de la Reine lors de son dernier jubilé.

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