Pour celui que ne s’y attardera pas trop,  le tableau de bord de l’Alfa 90 est d’une affligeante banalité. À l’image de la carrosserie plutôt banale de l’éphémère berline italienne (1984-87), pourtant signée par Bertone. Et pourtant ! C’est sans doute l’une des autos les plus attachantes de cette époque. Explication, dans les détail.

Si le design de l’ensemble est d’une tristesse géométrique qui ne plaira qu’aux hardcore 80′s lovers (que certains d’entre nous sont), les teintes gris-bleus des plastiques et des sièges ne font aucun doute sur la provenance transalpine de l’auto. C’est le bloc compteur qui interpelle en premier : abandonnant tout indicateur à aiguille il se contente de Leds disposées en diagonale pour afficher vitesse et régime moteur, sur un fond très graphique en petits carreaux. L’ensemble rappelle furieusement l’equalizer graphique d’une chaine hi-fi contemporaine. Sans doute celle qui trônait dans les bureaux du Centro di Style maison. Au cas-où ces « barres » ne soient pas suffisamment lisible, le compteur de vitesse est doublé par un afficheur alpha-numérique à bâtonnets, comme sur votre radio-réveil. Plus 80′s qu’un disque de Duran Duran.

Mais le détail absolument culte de cette blanche de bord est à chercher ailleurs : il est en face du passager. Il s’agit de la boîte à gants, ou plutôt de la mallette à gants. Celle-ci est en effet un véritable attaché-case amovible, qui se glisse dans la planche de bord et se verrouille à l’aide d’une clé. Si on a trouvé plus pratique pour ranger ses cartes routières, une fois sorti de l’auto cette valisette, au design solide emprunt d’une virilité non feinte, sera l’accessoire parfait de l’homme d’affaire moderne, qui pourra alors fièrement exhiber son appartenance à la caste des décideurs roulants en Alfa Romeo 90. Il aura sans doute les mains bien pleine, car il ne devra pas oublier l’autre accessoire indispensable de la réussite : l’autoradio extractible. Cela en faisait des choses à poser négligemment sur la table du café.

Last, but not least, à la manière d’un McDonnel Douglas MD-80 d’Alitalia, l’Alfa Romeo 90 est dotée d’une véritable console aérienne regroupant tellement de commandes, qu’il faut sans doute passer une certification de pilotage avant d’en prendre le manche à balais – enfin, le volant. Sans cela, impossible de deviner que ce sont les commandes des lèves-vitres électriques qui sont implantées sous le plafond. À l’arrière, les passagers pourront profiter des mêmes-liseuses qu’à leur habitude en classe affaire. Ne manque à l’appel que le bouton pour appeler l’hôtesse.

Sachez que la 90 est également doté d’un autre équipement de haute technicité : un spoiler dynamique, qui s’abaisse à haute vitesse pour laisser entrer plus d’air dans le compartiment moteur. Et cette fois le génie de l’électronique italienne n’y est pour rien : c’est le vent, et un petit ressort, qui commande le tout. Mais ça, l’homme d’affaire milanais ne vous le dira jamais.

A propos de l'auteur

Yan Alexandre Damasiewicz
Rédacteur en Chef

Après avoir crée le Blenheim Gang en 2003 avec Paul Reynolds, Yan Alexandre est tout naturellement devenu journaliste, spécialisé dans la culture automobile. Enfin, pas si naturellement que ça, puisqu'il a passé quelques années de sa vie à s'occuper de sites internet en agence, avant de changer d'orientation. Aujourd'hui il collabore régulièrement aux magazines GQ, Intersection, Evo & Octane. Ses passe-temps préférés ? Traverser l'Europe au volant de sa BMW 1600ti de 1967 et rêver aux voitures les plus improbables qu'il pourrait acheter...

6 Réponses

  1. Sebastien T.

    Dans la série « on se permettait certaines fantaisies, avant » il y aurait pas mal à dire du tableau de bord des toutes premières lancia beta…

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  2. Yan Alexandre Damasiewicz
    Ian Alexander

    Ne pensez vous pas plutôt à celle de la Série 3, commun à la Trevi ? Il est l’œuvre de Mario Bellini, dont on a évoqué la semaine dernière la Kar-a-sutra et la Divisumma 18.

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  3. Vertigo

    J’adore l’idée de la mallette boite à gants…

    Et le système de spoiler dynamique (dont j’ignorais la provenance) a été repris par Ferrari sur sa 458, comme quoi…

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  4. Sebastien T.

    Oui, c’est exactement celui là ! Si chaque fonction a une présentation des plus standard (de mémoire), leur agencement et l’allure générale donne à l’ensemble une identité forte qui fait regretter la consensualité actuelle (et la sacrosainte « germanitude », graal que chaque constructeur semble vouloir atteindre). Pour continuer à apporter de l’eau à votre moulin, il y a aussi la douce désuétude de la planche de bord de l’Aston Martin Lagonda …

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  5. Auto-Voiture » Alfa Romeo 90

    [...] Blenheim Dashboards : Alfa Romeo 90 | the Blenheim Gang : essais …21 août 2010 … Last, but not least, à la manière d'un McDonnel Douglas MD-80 d'Alitalia, l'Alfa Romeo 90 est dotée d'une véritable console aérienne … [...]

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  6. Muhchaina

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