BMW Z3 COUPE 3.0 / BLENHEIM TEST | the Blenheim Gang : essais et culture automobile, youngtimers, formule 1 et musique pop
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BMW Z3 COUPE 3.0 / BLENHEIM TEST

Publié par le 27/12/2011 – 15:085 Commentaires

La silhouette de la Z3 Coupé se dessine en filigrane de nos colonnes depuis bientôt deux ans. Et après tout, c’est bien normal : il s’agit d’ailleurs de l’une de nos modern classics favorites. Mais voilà, notre jugement ne pouvant se fonder uniquement sur nos bonnes dispositions vis-à-vis des breaks de chasse, il devenait grand temps de lui faire passer le Blenheim Test. C’est à présent chose faite.

Mais avant, rappelons que ce petit coupé incarne à lui seul une double résurrection. La première, c’est celle du roadster, dont le retour en grâce est indissociable de la guillerette Mazda MX-5. Porsche, Mercedes et BMW, prenant conscience de l’opportunité qui leur est offerte d’aborder par le haut l’après GTI, y vont chacun de leur découvrable avec un certain succès. La seconde résurrection est orchestrée par Burkhard Göschel, qui profitant de l’euphorie induite par les ventes de la Z3, parvient à convaincre le top management de BMW qu’un shooting brake peut trouver sa place dans la gamme.

Voila un projet dont on ne peut que saluer l’audace, tant la production en série de breaks de chasse relève de l’exception. Ainsi, lors du lancement de la Z3 Coupé en 1998, il n’y a guère d’autre représentant du genre, les Volvo 480 et Honda Accord Aerodeck ayant déjà passablement sombré dans l’indifférence. Stupéfaction donc, car si les traits découverts avec le roadster restent reconnaissables, ce coupé se démarque très nettement de la gamme BMW… Et de tout ce que le marché propose à l’époque, mis à part quelques supercars.

À ce titre, le premier contact visuel avec notre exemplaire de test est édifiant : avec les années la ligne n’a rien perdu de son aura, bien au contraire. Quelques kilomètres parcourus dans les rues parisiennes nous permettent de constater que nous ne sommes pas les seuls que cette incongruité bleue interpelle. Pour une voiture d’occasion – ou presque – c’est assez rare. Bon, ne nous laissons pas distraire, il faut gagner l’autoroute : direction les routes du Vexin.

S’extraire de Paris s’avérera rapidement ne pas être la meilleure manière de s’habituer au maniement de ce coupé. Le train avant, relégué au bout de l’interminable capot, semble trop éloigné du volant pour suivre les mouvements de ce dernier avec la précision nécessaire à une conduite sereine. De même, si le passage des vitesses s’effectue avec une franchise appréciable des commandes, il s’accompagne également de légers bruits et secousses. De quoi rappeler au conducteur que le différentiel se situe à quelques centimètres seulement de son dos.

Les axes rapides qui traversent la banlieue ouest sont l’occasion de nous attarder sur l’habitacle. Pas trop longtemps d’ailleurs, puisqu’un coup d’œil rapide suffit à nous assurer que nous sommes ici en terrain connu. Des commandes de lève-vitres aux grilles de ventilation en passant par le bloc d’instrumentation, tout ou presque provient d’un autre modèle du constructeur, parfois sans que l’on puisse dire lequel. Une infinité de devinettes pour qui voudrait se gâcher un voyage. Aucun doute pourtant, il règne a bord une ambiance très spéciale. L’impression de confinement est omniprésente, accentuée par la position de conduite – entre la portière et le tunnel de transmission il n’y a pas un centimètre de trop – et le champ de vision particulier qu’impose l’étroit pare-brise. Vu du rétroviseur, le paysage qui s’écoule sur les larges ailes pourrait aussi bien être celui des Hunaudières tant l’illusion fonctionne.

Une fois arrivés sur les routes de notre parcours d’évaluation, le ressenti initial se trouve remis en cause. Les portions successives de courbes rapides autour d’Ableiges dévoilent progressivement le caractère de la Z3 Coupé. Une fois la trajectoire définie, plus besoin d’y revenir, la suite se décide avec le pied droit. D’ailleurs, la mécanique – que nous n’avions que peu sollicitée jusqu’à présent – se fait fort de délivrer du couple quelque soit le régime ou le rapport engagé. Inutile de vous angoisser cependant, car si les coupés M ont une réputation sulfureuse, notre 3.0i privilégie à la brutalité une certaine souplesse. Nous voilà en confiance.

Alors que l’itinéraire prend une tournure résolument sinueuse, l’imprécision de la direction ne semble plus qu’un lointain souvenir. Pour peu que le point de freinage soit bien choisi, le léger sous-virage à l’entrée s’efface : une bonne raison pour hausser le rythme. En cas d’excès d’enthousiasme, l’entrée en action du différentiel à glissement limité permet d’appréhender une éventuelle dérobade avec un certain sang froid. Apprenez toutefois à déconnecter l’antipatinage, dont le temps de réponse est digne du plus primitif des turbos, et qui se fera un plaisir de rendre inerte l’accélérateur au moment le moins approprié.

Rendons-nous à l’évidence, ce n’est pas la voiture qui a changé en cours de route. Car une fois nos à-priori vaincus, la Z3 Coupé s’avère rigide, équilibrée et surtout bien plus agile que ses proportions de dragster ne le laissait supposer, C’est tout aussi bien, finalement. Et puisque les autos trouble-free ne sont que rarement originales et amusantes, nous ne pouvons qu’approuver lorsque c’est effectivement le cas.

Sans être la plus belle, au sens académique du terme, cette ligne demeure l’une des plus évocatrices qui soit. Difficile d’en faire plus sans verser dans l’excès.

Le 6 cylindres en ligne, si disponible qu’on peut tout lui demander, c’est un grand classique. Certes, mais ça marche, plutôt pas mal même.

Amusante avec ce qu’il faut de rigueur, la Z3 Coupé tire le meilleur profit de sa greffe de toit même si elle hésite parfois entre sportscar et baby-GT.

On ne vous apprend rien : les Z3 Coupé sont déjà recherchés. Étant donné le faible nombre produit, il n’y a aucune raison que la tendance s’inverse dans les prochaines années.

Essayez d’expliquer que vous avez une Z3, mais pas celle qu’elle croit… Et vous comprendrez vite que vous auriez mieux fait de vous taire et laisser le capital sympathie de l’auto parler à votre place.

Héritière des Reliant Scimitar GTE et des MGB GT, ce shooting-brake est dans l’esprit bien plus britannique qu’allemand. D’autant qu’au volant, la sensation de conduire une auto plus ancienne n’est jamais très loin, avec le bénéfice d’une certaine tranquillité d’esprit. Best of both worlds ? Ça se pourrait bien.

Texte : Alasdair, photos : Yan Alexandre

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