Juste
après la révolution provoquée par le
lancement de la E-type, Jaguar continue d’étonner
7 mois plus tard en présentant la Mark Ten (Mk. X),
une limousine de très haut de gamme.
Visuellement la surprise est de taille, la ligne basse et
aérodynamique est en rupture totale avec celle qu’elle
remplace, la très classique Mk. IX. Si quelques gimmicks
de la marque subsistent, comme l’arrondi des vitres
de custode, la ligne générale est tournée
vers l’avenir. Basse, longue, prête à bondir,
elle annonce la lignée XJ. Autre trait caractéristique
de la marque qui ne changera pour ainsi dire plus : les 4
phares ronds à l’horizontale, encadrant une calandre
de plus en plus basse. Dynamique certes, mais aussi joufflue,
elle a du mal à cacher ses dimensions spectaculaires
destinées a séduire le marché américain
: c’est la plus grande Jaguar jamais produite.
L’intérieur en dit long sur les prétentions
de la voiture. Véritable débauche de cuir et
de bois précieux, il est rivalise aisément avec
celui des Rolls-Royce contemporaines, vendues trois fois plus
cher.
La Mk. X étonne
aussi techniquement. Sa carrosserie autoportante et ses quatre
roues indépendantes en font une voiture extrêmement
moderne. Son train arrière est repris à la E-type.
Il est entièrement démontable d’un bloc,
avec disques de freins in-board, une pièce d’orfèvrerie.
Enfin, il y a le moteur, le 3.8 qui provient lui aussi de
la E-type. Avec ses 265 ch. il participe au caractère
exceptionnel de la voiture. Deux tonnes à 200 km/h,
ce slogan lui va effectivement à merveille. Du fait
de son poids, il est difficile de lui attribuer des prétentions
sportives, mais elle se révèle vive et surtout
incroyablement performante pour l’époque. Le
comportement lui aussi impressionne : stable, équilibrée
et précise, la voiture ne souffre pas des mouvements
de caisse que l’on peut attendre d’une limousine
de son gabarit. Un vrai comportement de Grand Tourisme ! Assurément
la berline de (grande) série la plus superlative de
son époque.
La voiture
évoluera peu dans sa carrière, en 1964 elle
reçoit le moteur 4.2 puis en 1966 un très léger
restylage lui fait changer de nom : elle devient la Jaguar
420G. Seuls changement ; une planche de bord à bourrelet
de sécurité et l’apparition d’un
jonc chromé sur les flancs. Au même moment la
S-Type est restylé avec une face avant rappelant la
Mk. X et devient Jaguar 420. Cette gamme un peu confuse sera
replacée en 1968 par la XJ6 qui les remplacera toutes
deux en se positionnant entre elles. Durant les 9 ans de sa
carrière les Mk. X et 420G , aidées par un prix
extrêmement concurrentiel, seront un réel succès
pour la marque. Jusqu'à elle les Jaguar étaient
déjà luxueuses et sportives, elle apportera
ce trait de crayon tout en finesse qui perdure avec les XJ
actuelles et qui fait d’elle l’ébauche
des Jaguar moderne.
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