HONDA NSX / CARS
1989, salon de Chicago, Honda dévoile celle qui sera sa première supercar : la NSX. A cette époque où les berlines sous stéroïdes commencent tranquillement à concurrencer les grands noms de l’automobile sportive, le pari de Honda n’est sans doute pas le plus évident. Des moyens plus aisés de célébrer le succès de la marque comme motoriste en Formule 1 existaient, mais là n’est pas la question.
Constructeur généraliste de nature, les ambitions de Honda pour cette NSX n’en sont pas moins celles d’un compétiteur sérieux. C’est ainsi qu’en partant d’une plateforme à moteur central initialement destinée à offrir de nouvelles configurations de véhicules urbains, les équipes R&D mettront au point la première monocoque aluminium destinée à la production en série. Plus légère, mais également plus rigide que son équivalent acier, cette structure reçoit une motorisation tout aussi technique : bielles en titane, système de distribution variable… Nous vous épargnons l’inventaire complet, vous avez saisi l’idée.
L’auto ne manque d’ailleurs pas de références pour asseoir sa légitimité technique : Gordon Murray la cite comme étant son mètre étalon lors du développement de la McLaren F1. Et comme il est également de coutume de le rappeler, Honda s’adjoindra les services du célèbre pilote brésilien Ayrton Senna pour les phases de mise au point.
Les illustres clients n’ont en revanche pas tous la même aura que les deux précédents. La NSX séduit les riches geeks de la silicon valley comme Bill Gates, Larry Ellison (Oracle) ou Steve Wozniak (Apple). Certainement très à même d’apprécier le contenu technologique de la NSX, ces conducteurs contribueront à former durablement l’image d’une auto vidéoludique, à la portée du plus chétif et boutonneux d’entre eux. Face aux dernières Countach ou aux Testarossa contemporaines, la caricature est inévitable.
Ainsi, le chef d’oeuvre de Honda marque aujourd’hui l’histoire de l’automobile pour avoir amorcé le virage vers toujours plus de facilité au volant. Une autre lecture est toutefois possible, celle d’une auto efficace – au risque d’être moins démonstrative – qui s’adresse aux conducteurs à la tête froide. C’est le parallèle que propose Quentin Tarantino en l’associant au personnage de Winston Wolf dans Pulp Fiction. Analytique au prix d’une certaine antipathie et alors : « I’m here to solve problems ».
Voila ce que nous retiendrons : la NSX a une manière très unique d’incarner le fantasme du superlatif. Si les 274ch sont à présent bien peu de choses, il n’en sont pas moins déployés dans une sonorité magistrale, et la silhouette, elle, est toujours aussi spectaculaire. Basse, large, rares sont les autos qui depuis donnent autant l’impression de s’étaler sur la route. La preuve s’il en fallait une, que le rayonnement d’une supercar tient autant à la puissance du symbole qu’à la force des chevaux.
Texte : Alasdair, Photos : D.R.























Je regrette fortement la perte des popups et du cockpit noir sur les dernières itérations de ce modèle.
Qu’est ce que je l’aime cette voiture. Plus jeune je me suis rabattu sur la Prelude 3G, tout en rêvant d’un avenir plus glorieux.
Et maintenant, bah très difficile d’en trouver une surtout au Qatar.
Mais un jour elle sera mienne au oui elle sera mienne.
Et oui tomi, les feux pop up est une perte terrible.