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Land Rover Discovery 4 – Blenheim Test

Publié par le 07/10/2009 – 17:075 Commentaires

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Une veste en tweed, un pantalon en velours côtelé, de solides bottes et une casquette à carreaux. Voilà la première image qui vient à l’esprit lorsque l’on vous dit que vous allez essayer un nouveau modèle de Land Rover en Écosse. Le tableau pourrait être agrémenté d’une paire d’épagneuls bretons, si on tenait vraiment à faire dans le cliché aux teintes tirant vers le sépias du gentleman farmer. Non pas que l’on ait quelque chose contre les canidés, mais notre vision de l’automobile est un peu plus kodachrome que celà.

Que savais-je des Land ? Pas grand chose, mis à part une ballade épique dans la jungle urbaine à bord d’un série 1 usé comme un vieux jeans, conduit par un Blenheimer adepte d’objets patinés et de pantalons imprimés tartans. L’engin est rustique, lent, mais si attachant…
Le Discovery premier du nom a, quant à lui, vu le jour en 1989, sous la forme d’un Land-Rover simplifié, visant à concurrencer la déferlante des 4×4 japonais, avec le succès qu’on lui connait. Ses aptitudes au tout-terrain ? Il suffit de revisionner les vidéos des éditions du Camel Trophy des années 90 pour voir qu’elles n’ont rien à envier à son illustre ancêtre. Qu’en est-il de cette quatrième génération ? Je n’allais pas tarder à être fixé…

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Soyons honnêtes, au premier regard, j’ai crié à l’arnaque pure et simple. Quelle quatrième génération ? Ce n’est qu’un Discovery 3 restylé ! Replâtré même, devrait-on dire. La base était, il faut l’avouer terriblement réussie. Ce cube aux surfaces lisses, aux lignes claires, se permettant la dissymétrie en toute élégance était une vraie auto de designer. Avec les attributs outranciers dont elle se pare dorénavant, on la comparerait à une nymphette à peine pubère découvrant goulument la trousse de maquillage de sa grande-soeur. Cela donne dans la plupart des cas, un résultat mitigé, pour ne pas dire vulgaire ou outrancier.

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Interrogé sur le sujet, Sean Henstridge, responsable du design extérieur de l’auto, nous explique ce choix, au détour d’une partie de billard rendue ardue par la quantité de champagne ingurgitée. Si le Disco’3 touchait la corde sensible d’un public urbain européen par son design épuré, il en était tout autre de l’autre côté de l’atlantique, son marché de prédilection. D’autant plus que là bas, il est considéré comme un « petit » S.U.V., malgré son poids dépassant les deux tonnes et demi… Il fallait donc le viriliser et surtout lui donner des gimmicks évidents pour qu’il soit assimilé à un produit haut de gamme. Résultat : une calandre plus grande et bien plus ouvragée, des phares plus travaillés (avec une ridicule guirlande de leds), un bouclier plus large avec une prise d’air béante. Mais le gros du travail a porté sur l’intérieur, revu de fond en comble, abandonnant une simplicité un peu toc pour une débauche de luxe british à base de cuir et de bois, partout. Si l’auto a donc peu changée, sa philosophie a été elle revue de fond en comble, ce qui explique la mise à jour de l’appellation. Pas sur que ces arguments nous touchent, mais s’il faut en passer par là pour exporter ce pur produit anglais, soit.

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Premier constat de visu, notre Discovery à la teinte bronze métallisée, si 70′s, est un bien gros bébé. Et à bord cela ne s’arrange pas. Vue imprenable sur l’immense capot, très horizontal, qui semble remplir toute l’étroitesse des routes du réseau secondaire écossais. Bigre, et il va falloir apprendre à rouler à gauche, ça promet… Faisant fi de mes préjugés exprimés ci-dessus, je dois avouer que l’on se sent diablement bien dans ce Land Rover. Extérieurement, il est certes statutaire, mais sans tomber dans le clinquant de ses congénères allemands, et à bord luxe et espace font terriblement bon ménage. C’est parti ! Bôite auto sur Drive, on entend à peine le 3.0 TDV6. Oui, vous avez bien lu, j’ai pris le volant d’un engin diesel, c’est une première. Pour un camion, cela semblait plutôt logique, non ?

Sur la route, c’est la force tranquille. Le couple est suffisant pour relancer le Discovery, malgré son poids, à un rythme rapide. Ce qui nous préoccupe surtout est le volume extérieur qui provoque de sérieuses frayeurs à chaque fois que l’on croise une voiture, surtout en courbe… Impossible d’utiliser le capot comme indicateur de gabarit, je roule donc en regardant sans cesse dans mes rétroviseurs pour vérifier à quelle distance je me situe des bas-côtés et de la ligne médiane. Pas idéal, mais je n’ai rien trouvé de mieux. Que dire d’autre ? Elle roule bien, on est bien assis, sans vraiment s’amuser, ce qui au final est ce qu’on lui demande. Ah oui, il y a un volant chauffant, cela détend le bout des doigts. Pendant ce temps là l’Écosse défile, avec son lot de montagnes, de lacs et de moutons égarés.

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Tout à coup, sans que l’on comprenne bien pourquoi, la route bifurque brutalement vers une pente salement boueuse. Bon, la boue, on a compris, il a plu toute la matinée, mais la raison qui nous pousse à s’aventurer par là… Ah c’est la raison d’être d’un Land Rover. Bon, bon, le confort ouaté des dernières heures de route, sans histoires, me l’a fait oublier.
Comme je ne sais absolument pas ce qu’il faut faire dès qu’il y a autre chose que de l’asphalte sous mes roues, et que le but de l’exercice est de démontrer les habilités de l’engin, je suis encadré par l’équipe du « Land Rover Experience ». Comprendre que le parcours off-road où je vais passer les deux prochaines heures est rempli de charmants guides, dont la tâche consiste à analyser le terrain pour moi, me dire quoi faire, et surtout me rassurer. Ce ne sera pas une maigre tâche.

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Le Discovery, comme les autres véhicules Land Rover est équipé d’une molette magique : celle du Terrain Response. Une simple rotation permet d’adapter complétement le comportement du véhicule en fonction du terrain : route, terrain glissant (herbe, gravier, neige…), sable, boue ou franchissement rocher. À cela est associé le HDC, contrôle de vitesse en descente, actionné automatiquement selon le mode choisi ou par un gros bouton jaune. Tout cela freine, accélère chacune des roues, en fonction de ce qui se passe en dessous d’elle, de l’angle du véhicule et de plein d’autres choses, ne me demandez pas le détail.
Concrètement, ce qui se passe c’est que je suis sur une pente boueuse, dont l’angle dépasse les 45°. C’est simple, j’ai l’impression que sans la ceinture de sécurité je vais traverser le pare-brise. J’ai des arbres au ras de chacun des rétroviseurs et mon horizon est constitué d’une marre maronasse, quelques dizaines de mètres plus bas. Un monsieur m’a dit quel réglage adopter, et d’y aller sans toucher les freins. J’ai bien entendu cette consigne, mais mon cerveau n’a pas encore analysé cette dernière information. Ce qui fait que je suis arrêté en haut de la descente, le pied droit crispé sur la pédale de gauche, en train de me demander par quel miracle le véhicule ne glisse pas sous le seul effet de la gravité appliquée à un véhicule de presque 3 tonnes, chaussé de pneus par forcément les plus adaptés à l’exercice, posé sur de l’argile humide. Il doit y avoir une formule mathématique pour calculer la force qui me devrait m’envoyer toute seule dans la gadoue, là, plus bas…

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Je me dis que ce garçon a une certaine expérience de la chose et que le constructeur a souscris à une solide police d’assurance. Je me résous donc à lâcher les freins doucement et à me voir chuter en catastrophe comme dans un mauvais rêve – celui dont on se réveille en criant. Et là, miracle, contre toute attente le pachyderme s’ébroue en douceur, négociant sans à-coups la pente glissante au pas, sans que je n’ai autre chose à faire que de contrôler la trajectoire du bout des doigts. Avant que je ne comprenne ce qui se passe, il se pose au fond de la marre, recouvrant un instant mon capot d’une eau brune, dans le vacarme du liquide déplacé. Passé la première frayeur, je constate que j’ai de l’eau jusqu’au coude… enfin derrière la portière car à l’intérieur il n’y paraît rien. Un coup de gaz et le Discovery se rit de l’énorme flaque, la traversant tel un hippopotame paisible avant de s’en extraire délicatement de l’autre côté, non sans escalader au passage un ravin boueux. Ce qui est incroyable n’est pas tant qu’un Land Rover puisse traverser pareil obstacle, mais plutôt qu’il puisse le faire avec un néophyte de ma trempe au volant.

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Inutile de vous raconter l’intégralité du parcours, ça ne serait qu’une suite redondante d’obstacles apparemment infranchissables, de réglages ad’hoc, de franchissements trop faciles et d’étonnements après coups. Par contre je m’attarderai un instant sur les quelques gadgets surprenants de la voiture, concentrés sur l’énorme écran central. D’une on peut y visualiser tous ce qui se passe sur la voiture, le type de rapports engagés, les réglages, quelle roue fait quoi ou bien encore quel arbre travaille. Amusant mais pas indispensable.
Tout les contraire des caméras : il y en a 5, tout autour de la voiture, couvrant quasiment un angle de 360°. Sur l’écran tactile, on peut sélectionner celles que l’on veut utiliser, ou zoomer avec. Bien utile quant le capot vous masque la vue. Sean m’explique qu’il s’agit à la base d’un système de sécurité obligatoire au japon sur les gros véhicules, dont le conducteur ne peut savoir depuis le volant s’il n’est pas en train de rouler sur un enfant…qui se tiendrait debout. Les ingénieurs se sont donc amusés à l’adapter pour le rendre utile dans d’autres contextes. Mentions spéciales pour les caméras placées sous les rétroviseurs, qui filment les roues avant, et celle derrière la calandre qui permet par exemple… de voir où l’on va sous l’eau !

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La question de base est tout de même : un Land Rover Discovery 4 est il une Blenheim Car ? La réponse sera forcement sévère, car la conduite d’un SUV aussi lourd, et mû par un forcément soporifique moteur diesel, quelles que soient ses qualités, ne fait pas parti de nos passes-temps favoris. Surtout quand celui-ci est une version édulcorée d’un dessin auquel nous étions originellement sensibles. Ceci étant dit, le conduire en off-road est tellement bluffant que je dois avouer, un peu honteusement, avoir aimé les moment passés à son volant. Misère, le luxe facile de l’engin m’a corrompu. Avant de me retrouver à enfiler une veste croisée en tweed, il me faut me ressaisir ! Vite, noyons le labrador, et sautons dans le premier Defender venu, ou un de ses illustres ancêtres, pour redécouvrir la vie à la dure !

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texte : Yan Alexandre, les photos ont été prises par Land Rover sur les routes de l’essai et ne sont pas exclusives au BlenheimGang, une fois n’est pas coutume.

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5 Commentaires »

  • ThomasCrown says:

    On eut préféré des photos exclusives. Faute avouée…

  • Ian Alexander says:

    Oui, je doit avouer que moi aussi. Sur ce genre d’événements, avec des plannings souvent très serrés il est assez difficile de faire des photos soit-même… On est donc à la merci de photographes le plus souvent mis à nos dispositions. Parfois ça marche (cf l’Alfa 8C), parfois, comme ici, il ne fais juste pas assez des photos pour faire un sujet cohérent, résultat il faut piocher dans les photos “génériques”.
    Ici, la seule photo prise réellement au moment de l’essai est celle du Disco qui s’apprête à glisser dans l’eau.
    Malheureusement il y a au 700 journalistes en tout conviés à cette présentation, donc les photos vont être vues et re-vues…
    Mais ça serait dommage de vous priver de l’essai à cause des photos non ?

  • [...] Discovery On l’a essayé, on l’a adoré. Pourquoi ? Parce-que cet engin est capable de passer partout, avec une [...]

  • [...] la décision d’achat. Quant à ma voiture de fonction : tant pis pour l’A6, j’ai vu un Discovery 4 hier soir… Tu me le paies, Gonzague ?  Tags: A6, Audi, banc d'essai, Familiale, Routière, [...]

  • [...] le tout les doigts quasiment dans le nez. S’il n’est pas aussi à l’aise que le Discovery 4 dans les situations les plus scabreuses, il passera là ou tous les autres petits crossovers se [...]

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