PRELUDE

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3h du mat, le réveil sonne après une très courte nuit, j’envoie quelques texto à mon colloc afin qu’il se réveille. Nous avons prévu de nous mettre doucement dans le rythme, roulage de nuit et repos le jour. Les pleins sont fait et la Fiesta est chargée, les longues-portée fonctionnent et nous avons prévu un tube de Guronsan et quelques packs de boissons énergisantes.

Loin d’être des aventuriers dans l’âme, l’autoroute nous semble être une solution de choix : direction Clermont… Je suis anxieux, n’ayant jamais fait autant de route avec la Fiesta, et sachant que le radiateur perd de la flotte. La boite 4 et le 1,1 l posent leur limite de confort à 120 compteur – un compteur optimiste, d’ailleurs.

Le jour est déjà levé depuis quelques heures alors que nous arrivons enfin sur Clermont, sans encombre. Après un substantiel petit déjeuner (à moins que ce soit un diner), nous dégotons une chambre plus ou moins honnête dans le centre de Clermont, histoire d’être frais pour le grand départ, le vrai.

Notre nuit commence vers midi, mais quelques match de Roland-Garros bien nazes et pas vraiment de sommeil, nous décidons d’errer dans Clermont à la recherche d’une terrasse et de bières.

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ETAPE 1

Nous avons rendez-vous à 20h30 sur le circuit de Charade. Sur le trajet pour le rejoindre, nous croisons l’équipage de la Volvo ; salutations respectueuses et échanges de maigres informations concernant une station essence déjà hypothétique, la course n’a pas encore commencée…
20h15, nous arrivons enfin au lieu de rendez-vous. Pas de doute c’est bien là : sont déjà présents quelques concurrents – en bref : Alfa 75, Toyota Celica, CX Leader …

Mon paquet de clopes touche à sa fin… tant pis. Petit à petit tout le monde arrive et sous couvert de franche camaraderie nous somme tous déjà dans la course, à nous jauger, juger nos véhicule, certain arrivant avec déjà quelques centaines de kilomètre dans les roues… Héros inconscients car ce qui va suivre est un voyage au bout d’un l’enfer de départementales, cols de montagne, et une succession de panneaux à photographier pour valider les points de passage à en vomir.

Après un rapide brief, et le tour des véhicules par l’organisation – que je nommerai « Hyundai chilla’ slippa’ Gang », la liste des points de passages nous est remise. La team partant en premier à environ un quart d’heure minutes pour faire son plan de route, la seconde 90 secondes de plus, et ainsi de suite. Je crois que nous partons en 5e position, sans en être vraiment sur. C’est stressés et excités que nous traçons les grandes lignes à suivre sur notre carte. Ian m’annonce « 10 secondes avant le départ ». Top… On esquive le premier challenge qui nous est proposé, une histoire de pierre volcanique à trouver qui nous dépasse. C’est seulement plus tard que nous réaliserons que le Massif Central n’est qu’un gros volcan…

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J’entame donc le premier relais, je pensais rouler de manière assez soutenue, la blague : en moins d’un quart d’heure, au moins trois concurrents nous dépassent en trombe, le ton est donné, il va falloir cravacher sévère…

Minuit est largement passé et nous nous étonnons de notre état de veille, la lecture de la carte et l’orientation nous maintenant tout à fait éveillé, un pauvre iphone tournant à plein régime pour jouer au GPS. Les routes sont belles même de nuit, je bénis les longues-portée, et nous déchirons la nuit noire autant que notre ses de l’orientation et notre monture nous le permettent.

Dès les premiers cols franchis un bruit étrange s’amuse à me sortir d’une léthargie qui ne fait que commencer. Verdict : le roulement arrière droit est un peu lâche. Ça va tenir, c’est sur… S’ensuit des heures de conduite entrecoupées de freinages plus ou moins bien gérés : Photo ! – « Flash » – check photo – let’s go !

Les freins sont un peu justes dans les descentes de cols. La pédale devient rapidement spongieuse, du coup j’use et j’abuse du frein moteur, ça gueule, c’est pas grave.

Arrivé au premier Check Point, avec seulement 2 heures de retard sur le planning. Tout le monde est plus ou moins dans les choux. La BMW a faillit planter son M10 dans le bitume, c’était sans compter sur la débrouillardise et l’abnégation – qui à dit folie ? – de cet équipage : deux supports moteurs HS, mais avec une sangle l’affaire est réglée. C’est moteur harnaché que les mecs nous doublent en trombe et filent à tombeau ouvert à travers la nuit.

L’aube se pointe avec les premiers cachetons de Guronsan avalés. Voila bien plusieurs heures que nous n’avons croisé personne. Ne nous étant pas attardés au premier Check Point se met alors à germer dans nos têtes la folle idée que, peut-être, nous pouvions être plus ou moins leader… Néanmoins je commence sérieusement à en douter quand, le soleil alors déjà bien haut, nous arrivons à Najac.

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Il est peut-être 8h ou 10h du mat et nous sommes déglingués, le bide rempli de sucres et de caféine je ne ressens même pas la faim… C’est hagards et l’espoir fuyant que nous filons vers le deuxième Check-Point. De fait, nous somme dans le pelotons de queue, la CX Leader à rencontré un arbre mais le vit bien, la BMW file bon train et la Honda Prelude est en vue de Lourdes.

Les heures défilent plus vite que les kilomètres, les virages se font rares, la route s’accélère, la fatigue pèse définitivement sur nos épaules, nous ne nous arrêtons pluss, si ce n’est pour une clope de temps à autre. La Fiesta roule sans soucis, mais à son rythme. Aux alentours d’Auch, mon colloc, exténué par un long relais, me passe le volant.

Nous avons le dos en miette, les commandes sont déjà moites et collantes, une purge. C’est donc sans remord que je file sur Lourdes, tant pis pour quelques panneaux ratés, les photos se font à la volée, par rafales – plus le temps.

Enfin nous arrivons au gite qui marque la fin de la première étape. Certains dorment déjà, d’autres ont eu le temps de prendre une douche, et une main bénie nous tend deux bières tièdes. L’émulation de groupe nous réveille un peu, chacun se raconte ses anecdotes, son ressenti. Nous avons tous conscience que ce que nous faisons est épique, rien de moins ; de l’aventure automobile cheap pour les braves. Oh certes, nous ne traversons pas les continents, le seul vrais risque étant de passer de sales heures au bord d’une route en attendant une dépanneuse ou un taxi, mais conduire quasiment 16h d’affilée dans une putain de shit box sans freins, sans puissance, sans confort, et sans sommeil, putain, ça se respecte.

Surtout pour repartir quelques heures plus tard.

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ÉTAPE 2

Un resto, un peu de mécanique histoire de remplir ce roulement de graisse, quelques heures de repos (je ne parlerais pas de sommeil), un bout de gras, rendez-vous sur un parking avec une vingtaine de fous, il fait nuit, nos seuls phares pour éclairer la route.

De manière inespérée nous apprenons que occupons la quatrième place au classement général ; mais, sans se le dire, nous savons déjà qu’il nous sera impossible de tenir la cadence. Finir honorablement, prendre du plaisir, voilà désormais notre unique but.

Mes souvenirs sont vagues et confus, le ressenti remplacera les faits, quelques flash de ci de là. La liste des points de passages dans les mains et l’index de la carte sur le capot, la méthode est efficace, notre route est tracé jusqu’à la frontière. C’est à nous : tous feux allumés je fonce sur le giratoire et, seulement 200 mètre après le départ, me plante de route… Marche arrière de gangster, j’espère que personne n’a prêté attention à ce petit incident plutôt ridicule ; nous voilà en route pour de bon.

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Au rythme de la Ford, puisque c’est elle qui fixe les limites, et ce sans aucune prétention. Étonnement nous sommes véritablement éveillés, et notre état d’euphorie nerveuse nous permet de tenir la cadence jusqu’à la frontière. C’est peu avant de l’atteindre que nous nous arrêtons pour faire le point sur la carte espagnole. La route jusqu’au Bardenas semble infiniment longue, à n’en point douter nous aurons encore du retard sur le « planning », mais très franchement après la première étape qui se fout encore des horaires des Check Point ? Nous avons rendez-vous à 8h aux portes du désert : nous y arriverons quatre heures plus tard.

Au sortir de le nuit nous filons bon train sur de minuscules routes espagnoles, les paysages sont magnifiques et le soleil est bien présent. Le corps chargé de caféine, nous n’avons pas fait de pause depuis le check-map de la frontière. Malgré les veaux et divers autres obstacles, la fiesta bouffe le bitume. C’est a bout de nerfs, le jerrican d’essence vide, que nous retrouvons alors la BMW aux alentour des 9h du mat, à coté d’une station essence; son équipage s’attelant au remplacement des pneus en vue du désert. La Volvo doit nous rejoindre d’ici une demi-heure. Je ne sais plus que faire de mon corps, j’essaye en vain de taper quelques jongles, j’ai les jambes en guimauve et l’équilibre précaire, je tente alors la micro sieste, je divague…

La volvo arrive, sereine, malgré un soucis de carburation – réglé au chatterton – qui les aura un peu retardé. S’ensuit alors environs 2h de route à fond de train, la BMW menant la danse, la Volvo semblant sur des rails – ce qui après essai n’est véritablement qu’une impression – tient bon le tempo, et nous derrière, dans notre cube motorisé, pied à fond tous le temps. Je relâche juste les gaz à l’entrée des virages pour re-accélérer au maximum une fois la voiture calée dans sa trajectoire. Les deux autres ouvrant la route, je coupe joyeusement et au possible la moindre courbe. Un vrai plaisir. Je l’admets volontiers, c’est peut-être mon meilleur souvenir de conduite, devant le désert.

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D’ailleurs nous y voilà, dans le désert. C’est beau, surprenant et étonnement peuplé. A peine 50 mètres sur les chemins que l’amortisseur droit vient taper en butée comme un sourd… Le ton est donné. Je n’ai qu’une seule roue de secours et le 12 pouce nous limite vraiment.Je dois absolument scruter le moindre écueil, creux, bosse. Les pompes à vélo n’absorbent aucune irrégularité. C’est un supplice pour la bagnole. Je sue.

Nous croisons de gros 4×4 qui s’amusent à traverser un gué de boue, plein gaz. Ça semble amusant et c’est de toute façon l’unique route à suivre. La BMW s’élance dans une magistrale démonstration de ses capacités de franchissement, la Volvo – aka Safari Utility Vehicule – ne se pose pas de questions, elle est faite pour ça. C’est notre tour. Comme à un premier rencard, il y a toujours le moment où il faut y aller, un peu, ne pas se dégonfler. On n’est pas la pour vendre des cravates. C’est donc à fond de seconde que je rentre dans le bain de boue, rapidement ralenti par la masse d’eau boueuse. Quelques appels d’embrayage paniqués suffiront à sortir la Fiesta du bourbier.

Des Bardenas je retiens surtout un état de stress permanent : « pas de casse, pas de casse… ». La journée devait se finir tranquillement : suivre Ian et son Hyundai chilla’ slippa’ Gang sur l’autoroute direction St-Jean-Pied-de-Port. Malheureusement quelques kilomètre de voies rapides vont vite nous rappeler la réalité de notre monture. Cette daube infâme n’a rien dans le sac, à 120km/h la boite 4 fait hurler le moulin à café et, surtout, elle chauffe… Mon copilote envoie quelques messages « ne nous attendez pas on se démerde ». C’est donc chauffage ouvert et ventilateur en marche forcée que nous effectuons encore quelques kilomètres avant de prendre la première sortie pour des routes secondaires, et surtout s’arrêter…

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C’est sur le bas coté d’une route plus calme que je stoppe la Fiesta, ouvre le capot, et essaye alors de faire chuter la pressions dans le circuit. Les durites sont dures comme du bois, remplies d’air. C’est donc avec toutes les précautions du monde que je commence à dévisser le bouchons du radiateur dépourvu de vase d’expansion… Un bruit de cocote minute se fait entendre, suivi d’un glougloutement qui laisse une émulsion de boue liquide et d’air s’échapper du radiateur. Le niveau est bas, très bas : ce radiateur fuit bel et bien, et il est rempli de boue – merci le bloc fonte.

Comme un petit miracle, en contrebas de la route, à une vingtaine de mètres, un robinet déverse un mince filet d’eau fraiche qui remplis un abreuvoir pour bêtes à viande. Nous avons tout ce qu’il faut pour la voiture, mais cette eau fraiche sur nos visages poussiéreux est un véritable coup de fouet qui va enfin nous sortir de la torpeur qui s’est abattue sur nous depuis bien des heures, aidée par le temps lourd et le vent chaud du sud.

Nos corps nous réclamaient simplement de l’eau, fini le Guronsan et autres boissons énergisantes.
A notre rythme nous passons les derniers cols de ce BCRR 2013. La Fiesta ne donne aucuns signe de chauffe. Nous arrivons au gite, j’essaye de refourguer nos kro, je deviens sensible, et le tintement des bouteilles au moindre chaos de la route me rend dingue. Ce soir là, je pense que sans alcool ni douche j’eus été apte à tuer. Mais pour la première fois depuis ces dernier jours je tombe comme une masse sur le matelas, mon team-mate ronfle un peu… Je dors déjà.

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ÉTAPE 3

Vers 21h nous nous retrouvons autour d’une bonne table, une véritable soupe de légume ou plutôt une soupe de véritables légumes, absolument fantastique après des kilos de cookies et gâteau infâme. Un bon plat de viande en sauce accompagné de ses pâtes trop cuites, comme à la maison. Un vrais repas de famille en somme.

Après le repas, Ian nous fournit la liste des points de passage. Rendez-vous est donné au bac qui traverse la Gironde pour Royan. Chacun s’affaire à préparer son véhicule, vers 23h les premiers moteurs démarrent, le départ est libre. Nous nous élançons en premier, avec un bon repas dans le bide et un peu de sommeil. J’attaque le dernier col le mors aux dents. Un épais brouillard m’oblige à ralentir, peut-être plus que de raison : la BX arrive en trombe par derrière, je ne peux rien faire, je suis déjà à fond… Clignotant, je me sers le long de la paroi, ça passe près, très près, mais ça passe. Tout feux allumés, la BX déchire l’épais coton dans un bruit de fureur et de folie. S’en-suit la Fuego, puis la BMW et la Volvo. J’essaye de m’accrocher derrière elle. Nous sortons enfin des montagnes et du brouillard, nous jardinons un peu après avoir perdu le convois. Alors que la Fuego a un problème de cardan et que la Volvo leur tiens compagnie, nous effectuons plusieurs allers-retours entre deux patelins, sans résultat. C’est avec quelques remords que nous décidons de reprendre notre marche en avant.

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Nous croisons le Hyundai chilla’ slippa’ Gang proche d’une pompe à essence, : dedans tout le monde dort… Le plein fait, nous filons droit à travers les Landes. Difficile de faire autrement d’ailleurs. Les lignes droites sont foutrement soporifique, et au alentour de 5h du mat nous décidons de faire une pause d’une heure. Je me gare donc à l’ombre d’une église. Le réveil est incroyablement difficile, je sort de notre boite de conserve, je titube un peu, essaye de m’étirer. Il pleut et il fait un peu froid, nous n’avons plus rien à manger, si ce n’est les conserves de survie qui resteront closes…

Nous n’avons aucune idée du classement. C’est hagards que nous reprenons le volant, sous la pluie.
Le jour se pointe doucement au travers des nuages gris, les Landes sont interminables… Au détour d’une boulangerie je demande deux pain au chocolat et deux croissants : terrible erreur, ici on parle de chocolatine, et oui tu me mets ça dans une poche…

Alors que nous roulons depuis des heures seuls et sans repères, nous croisons la Celica et apercevons la CX re-carrossée. Pied au plancher je trace, sur de mon copil’. Peut-être une heure plus tard nous tombons sur les Volvo, Fuego et BMW. À peu près tous le monde à fait la même pause sans le savoir.

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Nous filons sur Lacanau boire un café et retrouvons Ian et Pierre² à 10h du matin. La suite est une formalité, et nous arrivons au bac au alentour de 13h. En attendant le prochaine traversée, une session échange de clefs et de bolide s’effectue. L’Alfa 75 remporte un vif succès. La Volvo m’impressionne : un camion dans un corps de voiture, un sentiment d’indestructibilité. La Fiesta en prend plein la gueule, Nous finissons les dernières Kro, le bac est là.

Nous embarquons, la course est finie.

La suite est un échange de politesses, de verres, de passion automobile, par de véritables érudits de la chose. Tous les équipages ont rallié l’arrivée, ce qui n’était pas écrit à l’avance, et tous ont eu leurs lots d’aventures et de détails et de souvenirs à raconter.

Merci à Ian et au Hyundai Chilla’ Slippa’ Gang de la part du DoubleDouble South Rally Crew,Bitch.

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La Ford Fiesta de l’équipe « DoubleDouble South Rally Crew,Bitch » a terminé le Blenheim Carburetor Rehab Run à la septième position.

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5 Réponses

  1. Desert Shit Crew

    On en réfléchit pas, on soude.

    Les mauvais jours, on sangle…

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  2. Adrien

    Superbe road trip et les images sont grandiose, merci à vous d’avoir partagé ce moment avec nous.

    Répondre
  3. LE BCRR 2013 EN BMW 316 E30 | the Blenheim Gang : essais et culture automobile, youngtimers, formule 1 et musique pop

    […] Une (mal)saine émulation s’installe, on se marre comme des gosses qui sauteraient à pieds joints dans toutes les flaques. La Fiesta compense sa taille ridicule par une témérité sans faille, alors que l’échappement de la Volvo se libère un peu plus à chaque gué franchi. Rapidement, nous rejoignons le Hyundaï d’organisation, c’est la séquence vidéo. Chacun présente son profil photogénique, puis s’en est déjà fini : le désert est terminé. Enfin l’heure de dîner et de prendre une douche. Alors que je demande à Pierre à quelle distance est le gite, il éclate de rire en me répondant « à 3 heures de route ! ». Je ris aussi. Jusqu’à ce que je découvre que ça n’est pas une blague. Qu’à cela ne tienne, nous prenons un bout d’autoroute et c’est parti, Alasdair récupérant la fatigue accumulée pendant la matinée que j’ai passée à regarder mes pompes pour ne pas vomir. La Volvo suit mais plus la Fiesta. Je ralentis, 110, 100, 90, 80 km/h, toujours pas de Fiesta… Où sont ils ? La réponse ici… […]

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