Encore une crossover dans les colonnes du Blenheim Gang ? Oui, car cette si ce nouveau genre automobile n’est en rien conforme à nos dogmes, il n’en demeure pas moins un must du moment et c’est notre devoir que de l’analyser – d’autant plus que le récent essai du Nissan Juke Nismo nous avait agréablement surpris.

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Le Paceman est la septième voiture d’une gamme Mini qui n’en finit pas de cloner ses traits de petite citadine néo-rétro aux carrosseries les plus variées, quitte à cannibaliser ses propres produits dans l’espoir de toucher une clientèle de plus en plus variée. En gonflant de toute part, la Mini était devenue un crossover à 5 portes, le Countryman, qui malgré son design pataud connait un succès réel – ce qui en soit n’est pas vraiment une surprise.

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En passant de 5 à 3 portes, le Countryman devient Paceman ; mais ce n’est pas si simple, surtout pour Mini qui veut absolument éviter la comparaison avec le Range Rover Evoque. Il opte donc pour un look plus sportif, avec un pavillon fuyant, des ailes arrières plus larges et de nouveaux feux arrière horizontaux – finement ouvragés pour attirer tous les regards dessus. Ainsi la propagande de la marque peut fièrement parler de « cross coupé ». Oubliant au passage que le tout chemin urbain 3 portes est un genre vieux comme le Suzuki Vitara…

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Pourtant, avec les promesses du logo Cooper S, ce Paceman devrait bien avoir quelques arguments à nous faire valoir. C’est sur les routes de la Vénétie que nous sommes allés vérifier si la dernière Mini pouvait avoir les faveurs du Blenheim Gang.

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VISUAL ATTRACTION 2 TWIGGS

Las, nous sommes toujours aussi dubitatif quant au design de la seconde génération de new-Mini, qui ferait même désormais passer la première pour classique. Rien à faire, bien des détails sont trop grossier, à des années-lumière de la finesse de la Mini originelle – dont la ligne, rappelons-le, est entièrement dûe au travail de l’ingénieur, et non pas du styliste. La face avant, directement héritée du Contryman est toujours aussi grotesque ; les anglais de Top Gear s’en moquent à la perfection. L’arrière, seul élément nouveau, est plus intéressant, et, à l’image des derniers concept-cars, permet à un peu d’optimisme concernant la 3e génération de New Mini, attendue pour 2014.

À bord, il n’y a encore presque rien à sauver, l’habitacle est tout en plastics noirs et en lignes brouillonnes. C’est incroyable de penser que les équipes de Munich, si précises quand il s’agit de dessiner un intérieur de BMW ou de Rolls-Royce, ont pu se laisser aller à pareille mascarade. Le sempiternel gigantesque compteur de vitesse central à oreilles de Mickey est absolument ridicule, d’autant plus qu’il est illisible et inutile, un rappel digital de la vitesse s’affichant dans le compte-tour, sous les yeux du conducteur. Seul détail qui trouve grâce à mes yeux : les cartes du GPS, au graphisme très soigneux, dont les couleurs vertes et grises sont d’un modernismes rafraichissant dans pareille atmosphère.

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MECHANICAL THRILLS 3 TWIGGS

Il ne se passe tellement rien lorsqu’on appuie sur l’accélérateur qu’après quelques kilomètres je me suis arrêté, suis sorti du Paceman, et en ai fait le tour afin de vérifier sur la malle qu’il s’agissait bien d’une version Cooper S et non pas d’une Cooper SD diesel. Linéaire, aphone, et lent, ce Paceman est à des années lumières de la Cooper S dont il reprend la mécanique. Reste qu’avec 184 ch pour 1370 kg, il est suffisamment véloce sur route et plus qu’à son aise dans son univers de prédilection : la ville.

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HANDLING 2 TWIGGS

Lourd et pataud, il est également inintéressant à conduire sur route, ce qui lui donne presque un point commun avec l’Evoque. Détail parmi tant d’autres : la commande de boite est d’une telle imprécision que mon copilote et moi avons passé une douzaine de fois la marche arrière au lieu de la première en redémarrant à un feu rouge.

Pour tromper l’ennui, nous sommes partis tenter l’aventure dans un champ. Nouvelle désillusion à la première montée : dans une épingle couverte d’herbe humide, le Paceman s’est arrêté net, malgré sa transmission intégrale qui est sensée s’enclencher dès que les roues avant perdent de l’adhérence. Tout ce que j’ai vu ce fut les roues avant tourbillonner dans le vide, alors qu’impassible, celles de l’arrière restaient immobiles. Pendant ce temps là, un vieil homme du cru nous a superbement humilié en Fiat Panda II 4×4. En se marrant, en plus.

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CLASSIC APPEAL 2 TWIGGS

Le doute plane. Que sera Mini dans quelques décennies ? Comment pérenniser sur X générations ce thème néo-rétro qui semble pourtant déjà arriver à l’épuisement. Et si on arrivait, à moyen terme, à la fin d’une vraie bonne idée de marketing ? Seul l’avenir nous le dira, mais je mise un billet sur le fait que cette très complexe seconde génération de New Mini tombera aux oubliettes, éclipsée par la première.

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BLENHEIM GIRL PULLING ABILITY 6 TWIGGS

Bien que virilisé, le Paceman sait rester doux. En bonne Mini, il saura toujours trouver grâce aux yeux d’une clientèle féminine. Sans doute plus qu’auprès de nous, d’ailleurs.

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BLENHEIM FACTOR 1 TWIGG

Non, cette voiture n’est pas pour nous, et ce n’est pas elle qui nous réconciliera avec les Mini actuelles. Je suis pourtant sur qu’il y a dans la gamme quelques véhicules dignes d’intérêt, ce que nous ne manquerons pas de vérifier. À moins que notre Paceman d’essai était un simple Cooper D à deux roues motrices, ce qui expliquerait bien des choses.

MINI PACEMAN COOPER S
Non, cette voiture n’est pas pour nous, et ce n’est pas elle qui nous réconciliera avec les Mini actuelles. Je suis pourtant persuadé qu’il y a dans la gamme quelques véhicules dignes d’intérêt, ce que nous ne manquerons pas de vérifier. À moins que notre Paceman d’essai n'était qu'un simple Cooper D à deux roues motrices, ce qui expliquerait bien des choses.
VISUAL ATTRACTION2
MECHANICAL THRILLS3
HANDLING2
CLASSIC APPEAL2
BLENHEIM GIRL PULLING ABILITY6
BLENHEIM FACTOR1
2.7Note Finale
Note des lecteurs: (2 Votes)
2.3

A propos de l'auteur

Yan Alexandre Damasiewicz
Rédacteur en Chef

Après avoir crée le Blenheim Gang en 2003 avec Paul Reynolds, Yan Alexandre est tout naturellement devenu journaliste, spécialisé dans la culture automobile. Enfin, pas si naturellement que ça, puisqu'il a passé quelques années de sa vie à s'occuper de sites internet en agence, avant de changer d'orientation. Aujourd'hui il collabore régulièrement aux magazines GQ, Intersection, Evo & Octane. Ses passe-temps préférés ? Traverser l'Europe au volant de sa BMW 1600ti de 1967 et rêver aux voitures les plus improbables qu'il pourrait acheter...

Une réponse

  1. Balthazar

    Un moyen d’être certain de la motorisation aurait été d’ouvrir le capot moteur.

    Mais le compte-tour marqué à 8 000 t/min semble indiquer, sauf erreur d’assemblage en usine (ce dont je doute trs fortement), qu’on est clairement sur une version essence.

    Répondre

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