Run like hell in Switzerland – Part 1

Tout juste rentré de mon périple estival, je décidai, envers et contre tous de me rendre à Saint Moritz (invité à un mariage) par la route, de surcroît à l’aide de très chère GTV.
Départ vendredi matin à 11.00h de Luxembourg avec pour mission impérative d’arriver au plus tard à 19.00 à Saint Moritz, ceci afin de pouvoir prendre le télésiège sensé nous amener au restaurant de montagne réservé pour l’occasion…
Rien de bien excitant de faire Luxembourg-Coire à FOND DE CINQUIEME SUR AUTOROUTE…la tension monte…16.15 Zürich. Il me reste donc deux heures et demie pour relier Saint Moritz en passant par le fabuleux col du Julier.

18.30.Début du Julierpass.
Langchamps met vraiment la gomme. Il dépasse tout le monde. Il manque d’emboutir trois voitures évoluant par hasard sur les mêmes épingles que lui, ceci dans l’autre sens. Langchamps arrivera à l’heure. Débarquement à l’Hôtel à 19.00h pile. Applaudissements de l’assemblée devant la bête fumante et départ en bus pour le fameux “Sessellift“.
Soirée de folie dans les Alpes Engadinniennes et réveil à 11.00h avec mariage à 12.00h (L.s’est couché à 5.30h…un Gin Tonic de trop).
L. décide de bouder le Bus et de prendre l’engin adoré. Déception. Grosse flaque de Lockheed entre les roues arrière. MXXXX !!!!!!!!! Elle m’a de nouveau lâché!
On verra plus tard, pas le choix, les bus sont déjà loin…
Contact. Vroum vroum. En route, elle freine très bien. Arrivée à l’église San Gian (quinzième siècle) de Célérina, cérémonie et back to the hôtel. On verra plus tard concernant la fuite.
Je la gare et me repose une petite heure au son envoûtant de Valérie Dore et son “the Night” passé en boucle.
Je n’en peux plus, je dois savoir ce qui se passe avec cette fuite. Le temps de trouver un garage ouvert, découvrir que ladite fuite n’est en fait qu’une débile bouteille de Lockheed fuyant dans mon coffre et s’insinuant par la carrosserie pour finir au sol…
Tant mieux, je vais pouvoir féliciter mon Alfa pour son extrême fiabilité et lui offrir LE COL DU BERNINA comme dessert. GO!

Paysage de folie sur fond de lacs de montagne, glaciers, virages et son de double arbre enragé. Quel grand moment.
Je suis en symbiose avec l’engin, je croise une type E Lightweight, une Carrera RS et d’autres engins improbables tout aussi en symbiose avec leurs conducteurs à la recherche de sensations.

Après m’être fait honteusement plaisir, retour à l’hôtel pour le dîner de mariage. Belle soirée passée à discuter avec de bien agréables Américaines.
Me acostaba à 4.00h du matin.
Je quitte l’hôtel à midi trente avec l’objectif de rejoindre Luxembourg en deux jours en passant par de belles routes. Je vous écris mon papier depuis la salle à manger de l’hôtel du Grand Ballon d’Alsace, d’une rusticité à toute épreuve. Love it!
J’ai dîné dans la ferme-auberge du même endroit. Lard fumé, jambon et Munster, le tout accompagné d’un excellent fromage blanc au Kirsch.
Tout ça pour vous signaler que jusque là, tout se passe plutôt bien, enfin presque. Retournons donc quatre heures en arrière, un peu avant Zürich. Langchamps sur l’autoroute. Une Modena le double. Langchamps n’aime pas se faire doubler par une Modena? Langchamps accélère et rattrape la Modena.
Heureux. PLOUF. Pshiiiit. Crac. Fumée dans l’habitacle. Gros bruit d’échappement. Langchamps, tu gardes ton calme, bande d’arrêt d’urgence, une station à 500 mètres, merci Saint Antoine, ou Saint Christophe, peu importe.
Parking, je fais le tour du véhicule, tiens mon échappement est de travers. Tu parles, il est sectionné à la soudure. What am I going to do? Trousse à outils, je désolidarise le silencieux de son support et go en semi échappement libre direction Bâle puis Thann et enfin le Ballon d’Alsace.
Douane de Bâle.La douanière:
D : ça roule encore ça?
L.: oui, la preuve.
D : vous venez d’où ?
L : de Suisse (sic)
D : elle a quel âge?
L : trente ans, un ans de plus que moi!
D : rien à déclarer sinon?
L : non. (j’aurais pu dire “un silencieux d’échappement dans le coffre”, mais je me suis abstenu…)
Je repars sans accélérer of course, le coéquipier douanier ayant déjà l’air assez sceptique en voyant l’engin et son conducteur affublé de lunettes Carrera et d’un vintagesque foulard…
Autobahn jusque Thann, route du Grand Ballon et me voilà ici même à l’Hôtel du Grand Ballon :

Retour en arrière.16.00h. Arrêt à l’hôtel fantôme appelé le Posthotel Löwen. The weirdest place on earth. Je rentre. Personne.
Explication: l’endroit, au pied du Julier, était autrefois un haut lieu des diligences et calèches où les chevaux étaient échangés. D’où le nom Posthotel. Il s’agit d’un endroit absolument improbable. Façade décrépie, lumière toujours allumée. Intérieur art nouveau complètement à l’opposé de l’extérieur.
Images:

L’entrée, au plafond aux peinture dignes de Victor Horta, le tout absolument désert. Ambiance à la “Predators” (Deneuve, Bowie) :

Le premier étage et son vestibule sublime :

Le salon et ses fauteuils fifties, avec en arrière-plan la salle à manger, elle aussi intouchée…

Après, j’ai eu la trouille et je m’en est allé en courant…
texte et photos : JC. Langchamps.











Dans le même esprit je vous recommande le générique de début du film “The Italian Job” (“L’or se barre” en VF) où l’on savoure l’ascension d’un col alpin à bord d’une Miura avec une chanson de Matt Monroe en fond sonore. L’instant parfait en quelque sorte.
Le reste du film n’est pas mal non plus avec force Mini Cooper, Aston Martin DB4 et autre Michael CAINE.
Bien cordialement,