TVR Cerbera 4.5 "Red Rose"
     
     
   
  Années : 1996 - ...
Production :
en cours
Moteur :
V8
Cylindrée :
4475 cc
Puissance :
440 ch à 6000 tr/min
Couple :
405 lb/ft à 4500tr/min
Transmission :
BVM 5 - AR

Poids :
1100 kg
V MAX :
305 km/h
0 à 100 km/h:
3,9 s
1000 m d.a. :
-
   
 
     

De longue date, le Blenheim Gang pose un regard bienveillant sur les sportscars arborant la contraction du prénom de Trevor Wilkinson en guise de badge de capot. Les raisons en sont multiples. Un design aventureux réinterprétant habilement certaines références incontournables du passé, des chiffres de performances à faire saturer les glandes des adeptes pré pubères de Gran Turismo, un refus obstiné de se conformer à l’embourgeoisement, sont autant d’éléments qui confèrent au Blackpool Rockets un statut de garants du « British Bulldog Spirit ».

Après avoir soumis le roadster S3C à l’épreuve du Blenheim Test, il est temps d’élargir la perspective sur les mérites des TVR en nous penchant sur le modèle pour l’heure le plus puissant à occuper les lignes de montage Bristol Avenue (sic).

Rompant avec les roadsters qui constituaient l’intégralité de sa gamme depuis le milieu des années 80, TVR lança la Cerbera sur le marché en 1996. Grâce a sa configuration 2 + 2, elle avait pour complexe tâche de séduire les adeptes de la marque ayant délaissé les divers dispositifs de contraception pour s’adonner à la reproduction active. Outre son toit rigide et sa capacité a accueillir un contorsionniste à l’arrière, la Cerbera était munie d’un moteur entièrement nouveau conçu pour la première fois intégralement par TVR, le V8 AJP.

Les spécifications de la Cerbera 4.5 « Red Rose » sont en totale adéquation avec la brutalité exhalée par l’impact visuel de ses lignes. L’option « Red Rose » est un étrange gimmick marketing manifestement destiné à alimenter les conversations de bar des membres du TVR Car Club. Elle a certes la vertu de conférer une vingtaine de brake horsepower supplémentaires au 4.5 de base qui se contente de 420cv, mais il faut sans doute les capacités sensorielles du fils spirituel de Jim Clark et Graham Hill pour s’apercevoir de leur présence sur route ouverte. Fidèle aux préceptes qui régissent la quasi intégralité des productions de Blackpool, la Cerbera laisse reposer sa coque en fibre de verre sur un châssis composé de tubes métalliques au large diamètre. Débarrassée des contingences propre à la conception d’une monocoque métallique, elle n’accuse que 1100kg pour 440cv dans cette exécution « Red Rose ».

L’abord de la Cerbera est des plus ludiques. L’ouverture de la large porte, dépourvue de toute forme de poignée, s’active électriquement au moyen d’un poussoir logé sous le rétroviseur. L’odeur caractéristique de la fibre de verre fraîchement appliquée embaume un habitacle dont l’approche stylistique évoque l’exubérance de HR Gyger tempérée par un craftsman d’Aston Martin, période Newport Pagnell.

Malgré son prix des plus contenus pour ses performances, il est tentant de rapprocher la Cerbera des Grand Tourisme plus conventionnelles d’origines italiennes et allemandes. Après avoir conduit le coupé britannique, la comparaison perd passablement de sons sens.
La direction est très précise mais son extrême rapidité peut s’avérer déconcertante pour qui est habitué aux réactions plus filtrées des GT modernes, la commande de boîte requiert une poigne de fer pour tirer profit de son excellente sélection. Le bruit est quasiment aussi excitant et évocateur que celui d’une Griffith 500, ce qui constitue un achèvement majeur en soi et l’enthousiasme de l’AJP 8 à répondre aux sollicitations est purement dévastateur. Il conviendra toutefois d’élever la voix pour qui voudra disserter clairement avec la Blenheim girl qui ne manquera pas d’occuper le siège de droite. Dans des conditions « normales », il est extrêmement difficile de prendre le châssis en défaut malgré l’absence de dispositifs d’assistance électronique. Le freinage, dépourvu d’ABS, est heureusement à la hauteur des performances. Du moins de celles que l’on peut exploiter... Car la personnalité de la Cerbera est celle d’un « racer » qu’il conviendra de dompter sur circuit pour ne pas sombrer dans une certaine frustration.

Paradoxalement, elle s’avère, d’une certaine manière, plus sauvage et plus « brute » que les roadsters de la marque avec lesquels elle a débuté sa carrière. Ce sentiment subjectif est sans doute dû à la dualité de la Cerbera. Elle est parée d’atours de GT, certes sauvages, son cockpit exhale le raffinement mais elle se comporte avec la férocité d’une track car. Il y a des ambivalences bien plus désagréables toutefois…

Merci à TGE Automobiles pour le prêt de la Cerbera

www.tge.ch
www.tvr.co.uk
www.tvrcc.com

texte et photos : Paul Reynolds pour le blenheimgang.com