Wolfgang Reip est l’étoile montante du sport automobile belge. Inconnu il y a encore un an, il a été révélé par la GT Academy dont il est le vainqueur européen de l’édition 2012. Du virtuel au réel, il nous explique son parcours de pilote.

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Wolfgang, tout d’abord expliquez nous comment s’est déroulée la GT Academy…

C’est quelque chose qui me paraissait inaccessible ; de part le nombre de personnes qui ont participé. J’ai essayé, j’ai testé ma chance, tout simplement. Ça a commencé par une qualification en ligne, qui a duré 2 mois, en mai et juin 2012. Il fallait se qualifier parmi les meilleurs joueurs de Gran Turismo de son pays – en Belgique dans les 8 meilleurs. Sur la dernière épreuve, Motegi, avec la 370Z Tunes j’ai fait le 2e chrono Belge et le 16e mondial sur 1 million de participants, ce qui m’a qualifié pour la finale nationale. Là ça a duré 2 jours, avec des épreuves de médias, des épreuves physiques, des slaloms sur piste et une dernière épreuve sur Gran Turismo. J’ai gagné cette finale, et avec le 2nd et le 3e nous avons remporté notre ticket pour la finale européenne à Silverstone, le « Race Camp ». Les 36 meilleurs joueurs européens. se sont retrouvés là. Nous avons été soumis à une batterie de tests supers intensifs pendant 7 jours – avec des éliminations au fur et à mesure. On a piloté des GT-R et des 370Z un peu modifiées pour la course, des tests physiques (dont 3 beep tests). Les deux derniers jours il ne restait plus que 6 finalistes pour une course sur le grand circuit de Silverstone – j’ai fait la pôle et gagné la course. Ils ont débattu pendant 2h pour savoir qui serait le grand vainqueur de la GT Academy entre moi et Andrea Cosaro. Finalement ça a été moi, et ma vie a été transformée.

Mais vous étiez déjà pilote, ou seulement un simple joueur ?

J’ai commencé le karting à 6 ans jusqu’à mes 10-11 ans en location, puis en compétition en 2-temps, mais rapidement je n’ai plus eu les moyens de continuer et j’ai dû arrêter avant même de commencer un quelconque championnat. Par la suite j’ai toujours fait un peu de karting de location et des track days dès que j’ai eu le permis en poche.

Un simple joueur, sans expérience réelle de la piste aurait-il pu réussir ?

J’ai envie de dire non. Tous les gens qui se sont retrouvés là étaient de relativement bons pilotes. C’est inévitable. Ils le sont très probablement parce-qu’ils ont appris sur Gran Turismo, mais en tant que passionnés d’automobile, ils ont d’office fait des track days, ou même roulé vite avec leur propre voiture ; ils se sont intéressés à des cours de pilotage, regardé sur internet des vidéos… Dans ma finale, tous avaient une expérience du kart, du rallye ou du circuit. Les règles de la GT Academy sont très claires, on ne peut pas avoir de licence nationale A et on ne peut pas avoir fait de compétition automobile pendant deux années complètes. Quelqu’un qui a un peu d’expérience peut par contre prendre part… Mais cela reste basé sur le jeu.

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Sur console, vous arrive t-il de rencontrer des joueurs plus forts que vous ?

Oui ! Comme dans tous les jeux vidéos, quelle que soit la discipline, il y a des « pro gamers » dont certains sont payés rien que pour jouer, et qui passent leur journée à limer le circuit… Ou la mitraillette. J’ai fait le 16e temps mondial, donc il y en avait 15 devant moi…

Vous pensez que le jeu vidéo vous a apporté quelque chose en plus ?

Clairement. C’est bête à dire, mais ça m’a appris la gestion de course. Ça m’a appris les bases, simultanément avec le karting.

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Depuis, quel a été votre parcours en tant que pilote ?

On a eu un programme d’entrainement intensif de 3 mois à Silverstone – j’ai donc quitté la Belgique pour vivre en Angleterre. Pour vous donner une idée, on n’avait qu’un jour de congés par semaine, entre 10 et 15h de sport hebdomadaire et beaucoup de média training pour apprendre à gérer les caméras et les interviews. Beaucoup de roulage aussi, avec une quinzaine de courses régionales en Angleterre pour obtenir notre licence internationale – plus que de week-ends ! La semaine passé on a fait les 24h du Dubaï sur une 370Z GT4 avec Lucas Ordenez où on a fini seconds.

Lucas a fait la pôle, mais on a eu un petit problème au ravitaillement, et quand j’ai pris le volant nous étions redescendu à la 4e position. J’ai récupéré la première place, mais deux tours avant la fin de mon relais une BMW a perdu une roue en pleine ligne droite, à plus de 200 km/h ; je n’ai pas pu l’éviter et ai détruit le système de refroidissement. Réparer à pris 45 minutes, on a perdu 12 tours. Heureusement il y a eu ce qu’on appelle un « code-60 » pendant les réparations : tout le monde devait rouler à 60 km/h, c’est l’équivalent d’un safety car ; donc on n’a pas perdu trop de temps. On a finalement terminé seconds à 6 tours des premiers.

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Quelle était la première voiture que vous avez conduit sur Gran Turismo ?

C’était le premier, j’avais 11 ans… La Mazda Demio A-Spec ! C’était pour la première épreuve de freinage !

Et dans la vrai vie ?

Une Peugeot 106.

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Le plus bel endroit pour rouler, dans Gran Turismo ?

Spa, mais il faut l’acheter en plus, et la Nordschleife, un classique indémodable. Dans la vraie vie, franchement, c’est aussi les deux plus beaux endroits.

Et votre meilleur souvenir ?

Dans Gran Turismo : me qualifier pour la GT Academy, et dans la vraie vie… Remporter la GT Academy ! Entendre l’annonce de mon nom a été le plus beau moment de ma vie ! Devenir pilote avait toujours été un rêve, devoir arrêter quand j’étais petit était une frustration, je filmais tous mes petits track days, j’essayais de contacter les écuries… Depuis, c’est incroyable.

Vous jouez toujours à Gran Turismo ?

Parfois, mais pour être honnête, je n’ai plus beaucoup de temps !

A propos de l'auteur

Yan Alexandre Damasiewicz
Rédacteur en Chef

Après avoir crée le Blenheim Gang en 2003 avec Paul Reynolds, Yan Alexandre est tout naturellement devenu journaliste, spécialisé dans la culture automobile. Enfin, pas si naturellement que ça, puisqu'il a passé quelques années de sa vie à s'occuper de sites internet en agence, avant de changer d'orientation. Aujourd'hui il collabore régulièrement aux magazines GQ, Intersection, Evo & Octane. Ses passe-temps préférés ? Traverser l'Europe au volant de sa BMW 1600ti de 1967 et rêver aux voitures les plus improbables qu'il pourrait acheter...

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